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Réforme territoriale: et si les Ariégeois n'en voulaient pas ?

© midinews 2014 - Connel

Toute à sa mobilisation contre la réforme de l’organisation territoriale telle que le projet de loi l’envisage aujourd’hui, l’Assemblée des Départements de France, association des présidents de conseils généraux, a commandé un sondage national auprès de l'institut CSA dont les résultats viennent d’être publiés.

Ils ne manqueront pas d’intéresser les conseillers généraux ariégeois engagés également dans une volonté d’accompagner la réforme, tout en préservant le principe « d’une collectivité intermédiaire entre des régions plus grandes et les intercommunalités » selon le principe expliqué par Augustin Bonrepaux, président de l’exécutif ariégeois lundi dernier, en séance.

« Dans un sondage réalisé par l'institut CSA du 4 au 10 juin, l’ADF a souhaité recueillir l’avis des Français sur la réforme territoriale engagée par le gouvernement. Partageant le sentiment d’une majorité d’élus locaux et de l’ADF, la réforme aujourd’hui proposée ne semble pas répondre aux attentes des citoyens » indique ainsi l’Assemblée des Départements de France.

Elle base son analyse sur deux données chiffrées issues de cette consultation : 66 % des Français sont pour une réforme territoriale; mais 84 % des sondés ne pensent pas que la suppression des Départements soit une priorité.

Autre chiffre intéressant, celui des 75 % de Français estimant nécessaire la prise en compte de la diversité des territoires.

Pour l’ADF, une conclusion s’impose : « Au-delà de la question des compétences et de leur partage, la réforme doit imposer une réflexion sur le maillage géographique et fixer comme objectif la lutte contre la montée des inégalités territoriales, notamment entre espaces urbains et ruraux.

La décentralisation au XXIe siècle s’articulera autour d’une administration différenciée. Nous invitons tous les acteurs des territoires à réfléchir une nouvelle organisation territoriale et appelons le gouvernement à écouter les Français et tous ceux qui souhaitent une organisation moderne pour le pays
»
C’est la rupture du lien entre le décisionnaire du service public rendu et l’usager qui inquiète le plusUn discours qui, on s’en doute, entre en résonance avec les récentes prises de position des élus du Conseil général de l’Ariège, toutes tendances confondues (lire notre article du 23/06/2014)

D’après un conseiller général de la majorité au Conseil général de l’Ariège, joint jeudi matin, une déclinaison du sondage national a d’ailleurs été réalisée à l’échelle ariégeoise, qui livre des conclusions similaires. Nous n’avons pu nous procurer le détail de cette enquête ariégeoise, mais l’élu a accepté d’en commenter les grandes lignes… sous couvert d’anonymat.

« Les Ariégeois aussi sont attachés à la collectivité départementale. Ils sont plus de 80 % à l’indiquer très clairement dans leurs réponses », affirme le conseiller général discret, car soucieux de ne pas ajouter « au brouillage des messages et aux clivages »…

Alors, les Ariégeois veulent-ils conserver le Conseil général ou le département ? « Bien sûr que le chauvinisme ariégeois existe, mais dans le cas qui nous occupe, c’est bien la rupture du lien entre le décisionnaire du service public rendu et l’usager qui les inquiète le plus, poursuit le conseiller général. Près des deux tiers estiment que la disparition du Département aurait un impact négatif sur les services publics de proximité »

Une pierre de plus dans le jardin de François Hollande.

CP | 26/06/2014 - 18:47 | Lu: 28007 fois