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Élections municipales 2014 à Tarascon-sur-Ariège: le «discours de la méthode» selon Alain Sutra

Alain Sutra est un redoutable adversaire.

Un bretteur qui maîtrise aussi bien l’esquive que l’attaque. Raymond Dedieu a pris position sur la piste depuis quelques mois déjà et a déjà éprouvé la technique du combattant en place.

Quelques jours après la présentation des grandes lignes du programme de son contradicteur, Alain Sutra reprend l’initiative. A sa façon.

A quelques jours du premier tour, quel regard portez-vous sur cette campagne?

«C’est une campagne un peu particulière. Déjà parce que c’est ma dernière mais aussi parce que les choses ne sont pas claires. Une campagne électorale devrait être un moment de débat, d’échange d’idées, de présentation de projets… Là, ce n’est pas le cas. Nous avons face à nous une équipe qui se contente d’attaquer et de dénigrer. Nous, nous proposons un avenir pour notre ville. Eux, utilisent la calomnie, l’intolérance, voire la diffamation et le mensonge. C’est intolérable!»

Vous avez parfois eu des mots durs également…

«Oui, c’est parfois nécessaire mais ce qui fait notre force, c’est ce que j’appellerais la méthode Sutra. Déjà, c’est se positionner sur des valeurs. Avec mes colistiers, nous nous retrouvons autour de la défense de Tarascon. C’est aussi la proximité que nous devons à nos concitoyens. Une proximité qui se vit au quotidien. Je reçois dix à vingt personnes par semaine. Nous ne découvrons pas le marché ou le stade de rugby depuis quelques jours…»

La liste qui vous accompagne est-elle parfaitement en phase avec vous cette fois-ci?

«J’ai une équipe construite dans la volonté de ne pas renouveler les erreurs de casting que j’avoue avoir commises par le passé. Cette liste est composée de gens qui vivent dans Tarascon. Ils représentent une diversité qui ressemble aux Tarasconnais. Même si le PRG nous soutient, cette liste n’est pas unicolore; elle est multiple»
Notre programme s’appuie sur les réussites de ces dernières annéesVous revendiquez néanmoins la continuité de votre action?

«Bien sûr! Depuis treize ans nous avons écrit une nouvelle page de l’histoire de Tarascon. Dans notre programme, nous avons décidé de nous appuyer sur les réussites de ces dernières années, les réussites économiques mais aussi associatives de toutes celles et tous ceux qui n’ont pas baissé les bras malgré les épreuves vécues par notre ville, malgré la crise qui nous frappe tous»

Vous affichez le développement économique comme un sujet prioritaire. Mais la mairie n’a pas la compétence économique…

«C’est effectivement la Communauté de communes qui a cette compétence, mais nous pouvons agir en facilitant la vie de nos entreprises, pour favoriser l’emploi. Hier encore, nous avons travaillé à modifier le permis de construire pour permettre aux Forges de Niaux de s’installer à Prat-Long. C’est aussi ça, le travail d’une municipalité.

Et je n’oublie pas le tourisme, un pan important du développement à venir. Le positionnement de Tarascon est exceptionnel, entouré de véritables richesses. Notre objectif est de transformer l’essai: Tarascon commune touristique doit devenir Tarascon station touristique. Ce serait aussi une récompense méritée pour les chefs d’entreprise qui investissent et s’investissent depuis des années, comme le camping par exemple
»

Le Schéma de cohérence territorial occupe une large place dans l’actualité. Quel est votre positionnement sur ce sujet?

«Le SCOT est un outil important pour le devenir de la vallée de l’Ariège, pas que pour Tarascon. Localement cependant, il nous incite notamment à nous réapproprier les parties centrales des bourgs. C’est intéressant car c’est la zone la plus riche et la plus vivante pour le développement touristique de la ville. C’est une des raisons pour laquelle j’ai tenu à rester un mandat supplémentaire car ce projet est fondamental»
Je ne lève pas le matin en me rêvant président de la Communauté de communesEt la communauté d’agglomération?

«Là encore, le SCOT nous oblige à réfléchir à l’avenir de l’intercommunalité. Si l’on veut jouer dans la cour des grands, nous devons réfléchir au principe de la communauté d’agglomération pour être plus forts»

Vous évoquiez l’intercommunalité… L’annonce de Jean-Pierre Bel de ne pas se représenter aux Sénatoriales pourrait changer la donne avec la possible candidature d’Alain Duran. Briguerez-vous la présidence de la Communauté de communes?

«Je ne me lève pas le matin en me rêvant président de la Communauté de communes! Si une opportunité se présente, pourquoi pas, mais nous le déciderons ensemble, avec Alain Duran notamment. Aujourd’hui, Alain Sutra ne revendique rien. Sa vie politique est plutôt derrière lui… je crois qu’il faut réfléchir davantage au niveau des enjeux que des personnes. Un des principaux enjeux, c’est l’emploi sur nos territoires.

Vous savez, avec Alain Duran, il n’y avait pas l’épaisseur d’un papier à cigarette entre nous lorsque nous avons bataillé ensemble pour faire en sorte que l’on n’oppose pas le nord et le sud dans les travaux préparatoires du SCOT. Il faut savoir être à la hauteur des enjeux
»

Dans vos écrits, vous évoquez souvent la section locale du Parti Socialiste, beaucoup moins la fédération départementale du PS?

«En fait, je n’ai pas de rapport particulier avec la fédération départementale. Cela tient surtout au fait que j’occupe des responsabilités nationales au sein du PRG. Je n’ai donc pas l’occasion de rencontrer Jean-Christophe*. Si, demain, j’ai des responsabilités départementales, je le verrais plus souvent.

Avec les membres de la section locale c’est plus difficile. Je n’arrive pas à les comprendre… Je suis un homme de valeurs. Je porte en moi les valeurs de la gauche. D’ailleurs, je reste un socialiste dans les tripes. Je ne peux pas admettre l’intolérance… Ici, ils ont une manière de faire de la politique que je ne comprends pas
»

*Jean-Christophe Bonrepaux est le Secrétaire départemental du Parti Socialiste.

CP | 19/03/2014 - 19:03 | Lu: 18523 fois