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Les leçons des municipales en Ariège: le renouvellement, c'est maintenant!

© midinews 2014

Que retenir de ce scrutin municipal en Ariège?

De nombreux observateurs se posent aujourd’hui la question, au sein des instances partisanes, dans les mairies, au Conseil général, au zinc du Café du Commerce… Un peu partout en somme.

Cette simple question appelle, c’est certain, plusieurs constats et analyses.

Déjà, un chiffre interpelle: 69,29%, celui de la participation des électeurs ariégeois à ce second tour des élections municipales. Traditionnellement bons élèves, les Ariégeois ont cette fois boudé en plus grand nombre les isoloirs avec près de 3% de votants en moins. C’est mieux que la moyenne nationale (62%) mais cela n’augure rien de bien pour les échéances européennes du mois de mai, généralement peu mobilisatrices.

Ensuite, à l’aune de la déconvenue nationale enregistrée par le parti majoritaire, le PS ariégeois peut s’estimer (presque) chanceux. Si ce n’était la défaite surprise du premier secrétaire fédéral, Jean-Christophe Bonrepaux, à Saint-Paul de Jarrat, et les deux coups de canon d’Auzat et Castillon ayant fait pour principales victimes Bernard Piquemal et Robert Zonch, le parti «à la rose» pourrait se targuer d’avoir plutôt bien résisté sur ses terres.

Il conserve ainsi ses places fortes dans les principales villes du département de Foix à Saint-Girons, en passant par Mirepoix, Ax-les-Thermes, Varilhes ou encore La Bastide-de-Sérou et Le Mas d’Azil, ces cinq communes dès le premier tour. Restent également à gauche, Lavelanet et Tarascon.

Certes, Pamiers et Saverdun ne sont pas «tombées», encore moins Mazères, mais est-ce vraiment surprenant au regard de l’implantation locale des trois maires sortants, surtout dans le contexte national ambiant?
Jean-Christophe Bonrepaux, Bernard Piquemal, Robert Zonch, victimes du «système»?Il serait néanmoins hasardeux d’identifier cette zone de turbulence traversée par le Parti Socialiste et sa majorité plurielle comme la principale raison des échecs rencontrés par les candidats ariégeois. Il convient plus vraisemblablement d’y lire la volonté des électeurs de changer les personnes en place.

C’est sans doute le cas pour les deux vice-présidents du Conseil général, Bernard Piquemal et Robert Zonch, par ailleurs maires et présidents de leur Communauté de communes respectives. Deux hommes qui payent-là aussi leur long bail dans ces différentes responsabilités.

Dans les deux vallées, la campagne électorale s’est déroulée dans une ambiance électrique, voire très tendue. Les tracts répondant aux attaques, elles-mêmes consécutives aux communiqués de presse qui étaient rédigés au lendemain de réunions publiques… Les adversaires usant des mêmes rhétoriques: besoin de changement, manque de transparence, autoritarisme, etc.

Dans cette logique, Jean-Christophe Bonrepaux, ci-devant «patron» du PS ariégeois, fait les frais d’un parti qualifié bien souvent d’hégémonique voire d’omnipotent… mais aussi peut-être d’un nom que d’aucuns aiment à stigmatiser comme responsable de tous leurs maux, électoraux et autres.

En Haute comme en Basse Ariège, il est de bon ton de vouer le président du Conseil général aux gémonies. Les accusations de «système», dont il ne nous appartient pas ici de juger de la pertinence, qui ont été reprises, opportunément et avec une visible jubilation par certains médias nationaux aux premières heures de la campagne, n’ont pas dû arranger les affaires des élus précités.
Les cinq premiers élus Front National en AriègeA Pamiers, l’échec de la prise de l’hôtel de ville par la gauche découle d’une situation différente davantage liée au double effet André Trigano / Michel Teychenné. N’en déplaise à Alain Fauré, ce sont bien eux qui ont toujours détenu, à leur façon, les clés de cette élection municipale. Nous y reviendrons plus en détails dans notre prochaine édition.

Au lendemain du scrutin, l’Appaméen restera surtout comme le théâtre de l’émergence du Front National à l’échelle municipale. Après les trois élus FN enregistrés à La Tour du Crieu dès le 23 mars, deux autres l’ont été à Pamiers ce dimanche soir. Les deux têtes de liste Gérard Prieto et Aimé Deléglise, malgré une perte de voix entre les deux tours, ont remporté leur pari!
Les regards se tournent déjà vers 2015Dans les petites communes, la situation est différente. Les candidats aux sièges de conseillers municipaux ont pris pour habitude de remiser leurs drapeaux et de s’afficher «sans étiquette»

Même si cela peut parfois prêter à sourire, comme dans les cas de Philippe Calléja, président départemental de l’UMP, à Saverdun; de Jean Saint-Martin, secrétaire départemental de l’UMP, à Mirepoix; ou encore de Claude Doussiet, président départemental de l’UDI, au Mas d’Azil, tous en appellent à l’intérêt supérieur de leur commune et de leurs concitoyens.

Aux conséquences directes qui se sont concrétisées dès les séances d’installation des conseils municipaux et la désignation des maires et adjoints, suivront très prochainement les effets induits, tout particulièrement le renouvellement des présidents d’intercommunalité. Ce sera le cas à Auzat-Vicdessos et Castillon, mais aussi dans les Vallées d’Ax, où Christian Loubet a annoncé qu’il ne briguerait pas le poste, voire à Lavelanet où la nouvelle donne municipale peut mettre en péril la présidence de Marc Sanchez.

Nombreux sont ceux également qui se projettent déjà vers 2015 et l’échéance de l’élection cantonale. Le redécoupage territorial et l’obligation d’un ticket homme-femme d’une part, les annonces de certains conseillers généraux de ne pas briguer de nouveau mandat (Augustin Bonrepaux, Henri Nayrou, Christian Loubet, Pierre Saboy, etc.) d’autre part, et les résultats de ces municipales bien sûr, incitent les responsables des partis politiques à jeter un regard nouveau sur le scrutin à venir.

Pour éviter le désaveu sorti des urnes, souvent violent, les états-majors n’ont plus le choix. Le renouvellement, c’est maintenant!

PB | 31/03/2014 - 18:51 | Lu: 54881 fois