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Présidence de la Communauté de communes, Gérald Sgobbo: «Marc Sanchez n'a plus les moyens d'être l'élu rassembleur dont le Pays d'Olmes a besoin»

Gérald Sgobbo est bien candidat à la présidence de la Communauté de communes du Pays d’Olmes.

Le maire confortablement réélu de Villeneuve d’Olmes* avait déjà laissé poindre son souhait de briguer le poste occupé depuis deux mandats par Marc Sanchez. C’est désormais officiel.

L’ancien militant UMP (il a quitté le parti présidé localement par Philippe Calléja en 2010, NDLR), se veut aujourd’hui le rassembleur dont le Pays d’Olmes a besoin «pour ne plus laisser passer les trains à notre porte» Fort d’une réputation d’homme de dossiers (notamment les affaires financières) et pragmatique, Gérald Sgobbo connaît parfaitement les rouages de la machine communautaire.

Il sait aussi que celui qu’il appelle «Marc» devra faire face à une opposition d’un genre nouveau au sein même de son conseil municipal (Xavier Pinho-Teixeira dispose de 5 sièges à Lavelanet, et 1 à la CCPO) et que les deux années de bisbilles politiciennes et d’affaires judiciaires, ont fragilisé ses capacités à fédérer.

Marc Sanchez a également fait part de sa volonté de conserver la présidence. L’affrontement aura bien lieu. Prêt à croiser le fer, Gérald Sgobbo accepte la confrontation, et n’élude aucune question.

Pourquoi déclarez votre candidature maintenant?

«Parce que les élections municipales sont passées et que nous devons aujourd’hui penser au conseil communautaire. Parce qu’il y aura un problème de fonctionnement dans notre Communauté de communes si Marc en est le président. Parce qu’il faut un changement d’homme pour enclencher la nouvelle organisation dont la CCPO a besoin.

Six ans de plus, cela fera dix-neuf ans de présidence pour Marc. Il faut passer à autre chose. Je m’y collerai. Je siège depuis treize ans à la CCPO. J’ai donc autant d’ancienneté que Marc. Sauf qu’il avait les commandes. Pendant ce temps, j’ai travaillé et j’ai pu me faire une idée précise de la façon dont on peut dynamiser le Pays d’Olmes
»
Je ne cherche le soutien d’aucun partiJustement, vous connaissez bien Marc Sanchez, lui en avez-vous parlé?

«Non, je n’ai eu aucun contact avec lui pour l’instant. Il n’y a pas d’animosité de personne entre nous. Je me suis d’ailleurs bien gardé de me mêler de ses mésaventures. Il y a juste une forme de suspicion l’un envers l’autre mais je ne veux pas faire monter la pression car quelque chose de trop violent nous desservira tous»

Pensez-vous que la Communauté de communes soit prête à basculer à droite?

«Ce n’est pas du tout la question! Inévitablement, on va placer ma candidature face à celle de Marc, pour nous entraîner sur un terrain politique. On sait le rôle joué par le PS il y a deux ans. Je veux que l’on parle de la différence entre un Gérald Sgobbo président et un Marc Sanchez président. C’est tout.

Moi, je ne cherche le soutien d’aucun parti. Je n’attends que le soutien des élus, au-delà de leur parti ou de leurs idées politiques. Avant d’être des politiques, nous sommes des élus locaux avec des responsabilités par rapport aux électeurs
»
Je ne ferai pas de clientélisme en distribuant des postes de vice-présidentComment appréhendez-vous ce scrutin?

«Je pense que cela sera très équilibré. Nous aurons un discours vis à vis des délégués communautaires qui sera différent. Le mien portera sur les objectifs mais aussi sur l’organisation que je compte mettre en place. Je ne ferai pas de clientélisme en distribuant des récompenses comme des postes de vice-président. C’est un système qui a vécu. Il faut que les vingt-trois communes puissent s’exprimer, sans qu’un mini-bureau parle pour elles»

Avez-vous déjà reçu des assurances de la part de certains maires?

«Oui, des maires et des délégués communautaires m’ont assuré de leur soutien. Ils savent que je suis sur le même discours depuis 2008, et que les faits m’ont donné de la crédibilité. Je crois que Marc n’est pas fermé à un certain changement, mais je ne suis pas certain qu’il puisse le mettre en œuvre. Il n’a plus les moyens d’être l’élu rassembleur dont la Communauté de communes a besoin»

*Seule en lice, la liste «Villeneuve Tous Ensemble» de Gérald Sgobbo a attiré 85,79% des suffrages exprimés. A noter néanmoins une abstention importante de près de 34% des électeurs inscrits.


Marc Sanchez: «C’est une élection politique»

Pour le maire de Lavelanet et actuel président de la CCPO, la déclaration de candidature de son voisin de Villeneuve-d’Olmes est tout sauf une surprise. «C’est une élection politique. C’est la suite logique de trois années de discriminations, de diffamations, d’attaques personnelles contre un homme qui a pourtant des résultats et un projet»

«Je pense qu’il aura effectivement le soutien du Parti Socialiste après l’avoir tant combattu, poursuit Marc Sanchez. Mais je m’y attendais un petit peu. Je sais que tout est fait pour que le maire de Lavelanet perde la présidence. Cela se dessine depuis quelques temps. Je ne suis par exemple pas surpris que Dominique Déom le soutienne…»

«C’est la démocratie. Il faut l’accepter, glisse-t-il également. Chacun aura des arguments à présenter. Il a des compétences, j’ai les miennes. Moi, mon objectif c’est l’emploi, c’est recréer des conditions de vie décentes sur ce territoire. J’irai présenter mon bilan dans les communes, même là où on n’a jamais voulu que je vienne»

Rappelons que Marc Sanchez, membre du Parti Socialiste, a brigué et remporté un second mandat de maire de Lavelanet sans avoir demandé l’investiture de la Fédération départementale du PS.

Dominique Déom (PS): «Je fais équipe avec Gérald Sgobbo»

A quelques kilomètres de-là, Dominique Déom, maire de Roquefort-les-Cascades et militant socialiste, affiche sans ambages le choix qu’il exprimera au moment du vote.

Même s’il y apporte une petite nuance: «Je ne soutiens pas, je fais équipe avec Gérald Sgobbo. Autant lui que moi sommes désireux de bâtir une équipe dans une démarche bien précise pour renouveler le fonctionnement et le projet de la Communauté de communes. Je sais également pour en avoir parlé avec eux, que deux autres maires encartés sont d’accord sur ce principe de renouvellement»

Pour Dominique Déom, «il y a un vrai problème de gouvernance à la Communauté de communes. Force est de constater que beaucoup de projets n’ont pas été votés parce qu’ils ont été mal construits, mal portés. Je connais beaucoup de collègues qui ont fini par se désintéresser de la Communauté de communes, alors que c’est un outil formidable quand il est à l’écoute de toutes les communes»

D’un même élan, l’élu de Roquefort réfute toute accusation de trahison partisane: «On ne parle pas de partis parce qu’une Communauté de communes c’est, comme son nom l’indique, un ensemble de communes. On n’y fait pas de politique.

Le fait de travailler avec quelqu’un qui est présenté comme de droite ne me pose pas de problème si on peut et si on veut faire des choses ensemble pour notre population. C’est un des messages que l’on doit savoir entendre au lendemain de ces élections municipales
»

«En pays d’Olmes, on n’a pas besoin de se compter mais plutôt d’aller vers les autres, de les écouter et de faire en sorte que l’on travaille. C’est ma conception de la politique», conclut-il.
CP | 01/04/2014 - 18:50 | Lu: 38198 fois