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Bilan des municipales: pour Philippe Calléja (UMP), «le système ariégeois est encore en place mais des brèches s'ouvrent»

Au lendemain du scrutin municipal, difficile d’ignorer la vague bleue qui a déferlé sur la France, bleu UMP mais aussi bleue Marine.

En Ariège, si certains résultats laissent présager de lendemains moins sereins pour la majorité socialiste, aucun raz-de-marée n’est venu perturber l’échiquier politique.

Dans les principales communes, les équilibres ont été respectés. A Saverdun, Philippe Calléja, Président départemental de l’UMP, a été réélu sans surprise dès le premier tour (53,78%). A Foix, la liste de la Droite et du Centre droit emmenée par Jean Cholin s’offre un quasi inespéré 23%* et prend la seconde place derrière la liste socialiste. Deuxième position également pour les têtes de liste présentées à Saint-Girons, Mirepoix ou encore Ax-les-Thermes.

Bien sûr, reste l’exemple de Pamiers avec la victoire d’André Trigano, qui se revendique sans étiquette, et l’arrivée du Front National au sein du conseil municipal. Comme chez les voisins de La Tour du Crieu d’ailleurs.

Philippe Calléja perçoit néanmoins dans ces résultats municipaux les prémices d’un changement qu’il juge «bon pour la démocratie»

Quel regard portez-vous sur ces élections municipales en Ariège?

«Je dis toujours qu’une municipale est avant tout une élection locale. Nous avons bien sûr eu l’impact de cette vague bleue nationale mais il se fait davantage ressentir d’une manière en ville, moins en zone rurale. Là, des hommes et des femmes se sont levés et ont été élus. Une nouvelle génération est en marche, sans être forcément encartée ou dans un parti.

Ce message des
«sans étiquette» doit être entendu. Ils ont été élus pour faire entendre leur voix, leur lutte contre le système. Quand un système est trop verrouillé, il génère sa propre destruction. Bien sûr le système ariégeois est encore en place mais des brèches s’ouvrent. C’est bon pour la démocratie et l’avenir de notre territoire»
Je regrette que l’élection cantonale soit d’ores et déjà pipée!Quels enseignements en tirez-vous pour les élections cantonales et régionales de l’année prochaine?

«Ces élections seront un temps fort de la vie politique et en particulier de la vie locale. Je regrette cependant que la cantonale soit d’ores et déjà une élection pipée par les redécoupages illégitimes qui ont été réalisés par ce gouvernement. On a eu, partout en France, des découpages au scalpel comme à la période noire de la politique. C’est scandaleux. Chez nous, cette stratégie a pour but de créer une majorité socialiste totale»

Vous présenterez quand même des candidats…

«Oui, bien sûr, il y aura des candidats UMP partout où cela sera possible! Mais il y aura aussi des candidats UDI et sans doute de la société civile. Je l’appelle de mes vœux. Déjà, deux ténors du PS ont été battus lors de ces municipales (Robert Zonch à Castillon et Bernard Piquemal à Auzat). C’est un signe, une occasion offerte aux citoyens de prendre en main l’avenir de l’Ariège»

Au-delà du redécoupage territorial, les élections cantonales instaurent le principe d’un binôme homme-femme. Qu’en pensez-vous?

«La parité, c’est normal. Il faut forcer le système politique à évoluer en ce sens. Il est parfaitement légitime de donner la place aux femmes. Je regrette simplement que l’on n’ait pas profité de l’occasion pour aller plus loin dans la réforme en créant le conseil territorial, en rapprochant le Département de la Région. Aujourd’hui, la Région prend le leadership, notamment sur l’économie, le développement, l’agriculture. Il est essentiel de se tourner vers l’avenir et de rapprocher les deux collectivités»

Quelles sont les ambitions de Philippe Calléja à l’orée de ces échéances électorales, mais aussi des Européennes et des Sénatoriales?

«On va bien voir ce qui va se passer au niveau des Européennes. Au plan politique, les candidatures vont être annoncées dans les semaines qui viennent. J’espère que la tendance «bleu clair» va se confirmer. Il serait dramatique de dire non à l’Europe. Il faut que les électeurs envoient un signal fort au gouvernement mais ne nous trompons pas de cible»
De nouvelles personnalités émergent. Regardons-les avec attentionEt en ce qui vous concerne?

«Je suis conseiller régional et la Région me passionne, je ne le cache pas. Pour le Conseil départemental, l’actuel conseiller général (Louis Marette, maire de Mazères) avait indiqué qu’il ne se représenterait pas… Mais pour l’instant rien n’est décidé. Chaque chose en son temps.

C’est pareil pour les Sénatoriales. Pour savoir qui sera candidat, il faut d’abord que l’on se concerte, que l’on échange. M. Bel a décidé de se retirer, de nouveaux candidats vont donc émerger à gauche. Nous devons réfléchir aussi.

Pour l’instant, laissons s’installer les conseils municipaux, les conseils intercommunaux. De nouvelles personnalités émergent. Regardons-les avec attention. Il y aura, là aussi, des hommes forts qui pourront peser sur l’avenir de l’Ariège
»

Revenons au niveau municipal donc. Selon vous, à quoi s’est jouée votre réélection?

«C’est une affaire d’hommes mais aussi de projets. Les nôtres étaient différents. Un projet avait pour but de tout ramener au centre du village et de verrouiller. C’était un retour vers le passé… Mais on est au XXIème siècle! Saverdun a changé, a grandi, avec des nouveaux arrivants et donc des enjeux nouveaux. Je constate simplement que notre projet a retenu l’attention de Saverdunois»

Comment appréhendez-vous cette nouvelle mandature?

«J’espère surtout que nous pourrons travailler ensemble, que nous partagerons nos idées. Certaines de leurs propositions me paraissent intéressantes et positives. Il faut savoir retenir ces choses positives et nous tourner vers l’avenir.

Je crois sincèrement que Saverdun est un poumon pour l’avenir de l’Ariège. Je proposerai un rapprochement avec Pamiers par exemple, c’est logique. Nous avons des enjeux communs, des projets de vie communs.

Regardons ce qui fonctionne sur le territoire: André Trigano à Pamiers, Louis Marette à Mazères. Oui, nous sommes allés de l’avant, eux aussi. Nous devons continuer à mettre nos moyens communs pour développer l’économie. L’emploi, l’emploi, l’emploi! C’est mon obsession
»

CP | 02/04/2014 - 18:58 | Lu: 23507 fois