Bilan des municipales en Ariège: pour Jean-Christophe Bonrepaux (PS) «Il faut savoir entendre le message des électeurs»
Pas facile pour le capitaine de maintenir le cap au cœur de la tempête.
Percuté par les déferlantes marines au niveau national, le navire PS a aussi essuyé un sérieux grain en Ariège.
Des vagues plus fortes que les autres ont frappé de plein fouet la coque de l’embarcation fédérale. On décompte au moins trois victimes: Bernard Piquemal à Auzat, Robert Zonch à Castillon-en-Couserans et Jean-Christophe Bonrepaux. Ce dernier, à la barre du PS ariégeois depuis 2012, en a fait l’amère expérience dans sa commune de Saint-Paul de Jarrat.
S’il se veut lucide sur sa défaite, il l’est également sur la situation ariégeoise. Il n’oublie pas que d’importants rendez-vous électoraux se profilent déjà à l’horizon.
En tant que Secrétaire fédéral, quel bilan dressez-vous de ces élections municipales en Ariège?
«Je distingue bien le national du local. Au niveau national, on ne peut que reconnaître une large défaite du Parti Socialiste. C’est indéniable. En Ariège par contre, les équilibres ont été très peu modifiés. J’en déduis que ces élus sont confortés dans leur bilan.
Il y a néanmoins trois défaites symboliques, à Auzat, à Castillon et, je ne le nie pas, à Saint-Paul de Jarrat. Il faut savoir entendre le message des électeurs»
En ce qui vous concerne, pensez-vous que votre investissement au sein de la fédération départementale, voire même votre nom de famille, ont pu vous desservir?
«Il y a vraiment plusieurs paramètres mais, je le redis, le contexte national est très présent et je suis un représentant visible du parti socialiste. Au niveau local, les citoyens ont peut-être pensé que je m’investissais trop à la Communauté de communes ou au sein du PS, et pas assez à Saint-Paul…
C’est douloureux pour moi parce que je ne suis pas sûr que les Saint-Paulois aient bien mesuré tout le travail accompli pour la commune avec toute mon équipe. Ceci étant, je le répète, j’entends le message»
Qu’allez-vous faire personnellement maintenant face aux échéances électorales?
«A court terme, mon avenir personnel consiste à prendre un peu de recul, à profiter du temps qui m’est offert pour réfléchir à tout cela. Je sais aussi qu’il n’y a pas que la politique dans la vie. Mais, je suis également conseiller municipal de Saint-Paul et je vais assumer cette fonction»
On ne se rend pas compte de l’importance du scrutin européenQue fera le secrétaire fédéral du PS?
«Je vais me consacrer à la préparation des échéances électorales qui arrivent très vite, particulièrement les Européennes. On ne se rend pas toujours compte de l’importance de ce scrutin. Les Députés européens auront désormais plus de pouvoir. Il est donc important de donner une majorité à la gauche pour permettre à l’Europe d’influer positivement sur notre quotidien»
L’élection de cinq conseillers FN est l’un des faits marquants de ces municipales en Ariège. Cela vous interpelle-t-il?
«Bien sûr que ça m’interpelle! Mais cela va au-delà des élus qui sont la traduction de l’état de l’opinion aujourd’hui. Il y a un vote FN en Ariège depuis un moment. Il faut le combattre en écoutant la détresse des citoyens qui ne savent plus vers quel parti politique se tourner.
A nous de les entendre, de leur apporter des réponses et de leur montrer un chemin. J’ai envie de me battre pour redonner de la conscience aux citoyens. J’en ai assez de tous ceux qui se disent apolitiques et qui, en fait, font de la politique en tirant les citoyens vers le bas, avec démagogie et populisme»
Nous avons la responsabilité de proposer un réel projet de sociétéDans un an, ce sont les élections cantonales. Deux vice-présidents du Conseil général ont été battus. Qu’en pensez-vous?
«Là encore, il y a un message à entendre. Nous devons travailler sur un projet qui pourra mobiliser les Ariégeois, dans la continuité de ce que fait le Département actuellement mais pour être au plus prêt des attentes des gens»
Le Président du Conseil général, votre père, a annoncé qu’il ne se représenterait pas. Comment préparez vous la transition?
«En tant que secrétaire fédéral, je vais faire en sorte que cette transition se passe de la façon la plus sereine possible. Pour cela, nous travaillerons au rassemblement des socialistes mais aussi des forces de gauche. Nous avons cette responsabilité de proposer un réel projet de société. Je sais que les socialistes y seront sensibles. Je suis confiant pour cela»
On se souvient de 2001 au moment de la succession de Robert Naudi. Cela avait été pour le moins tendu…
«Oui, c’est vrai. Mais aujourd’hui, nous sommes bien tous sur cette longueur d’ondes. Il y a bien sûr du débat en interne, notamment par rapport aux enjeux nationaux, mais nous sommes tous dans une volonté de cohésion quand il s’agit des enjeux locaux»
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