Bilan des municipales en Ariège: pour Arno Coustié (Parti de Gauche), «la grande gagnante de ces élections est l'abstention»
Membre du Front de Gauche, le Parti de Gauche peine parfois à exister aux côtés du «grand frère» Parti Communiste. Au cours de la campagne électorale pour les Municipales, des tensions ont même vu le jour dans certaines communes autour de la constitution des listes ou du soutien de tel ou tel.
Une semaine après le second tour, Arno Coustié, cosecrétaire départemental du «PG» tire néanmoins des enseignements positifs de ce scrutin municipal en Ariège.
Quel bilan dressez-vous de ces élections municipales en Ariège?
«Dans l’ensemble, c’est plutôt positif. On est très content du score réalisé à Foix par Vraiment à Gauche même si nous n’y avons pas participé directement, mais nous soutenions la liste et le programme. L’autre bonne nouvelle est venue de Saint-Girons où la liste a été portée par une véritable union à gauche.
Je pense aussi aux élections de membres du Parti de Gauche comme Denis Puech à Allières ou encore à Paul Suanez réélu avec Alain Sutra à Tarascon»
Cela ne fait que quelques élus…
«N’oublions pas que nous sommes un petit parti, nous ne sommes nés qu’en 2008! C’était donc nos premières municipales.
Moi, je retiens qu’on s’est battu partout pour avoir des listes autonomes et conquérantes. C’est vrai que l’on était plutôt content qu’à Pamiers une liste se monte mais on a été déçu quand elle s’est associée avec Michel Teychenné. Nous ne l’avons donc pas soutenue. Clairement, elle a fait perdre la gauche. Et il y a Saint-Girons, je le répète, où nous avons eu une belle surprise avec un très bon programme»
Quel regard portez-vous sur l’élection de cinq conseillers municipaux du Front National?
«Je tiens avant tout à préciser que la grande gagnante de cette élection, c’est l’abstention. Quand autant de gens ne se déplacent plus pour une élection municipale c’est un échec cuisant. En plus, je trouve que la campagne au niveau national a été faite pour favoriser la montée du FN. Il n’a presque plus à parler, on lui déroule le tapis rouge. Je suis même surpris qu’il n’ait pas pris plus de communes ou de sièges que cela, même en Ariège»
En Ariège, ce sont surtout des personnalités qui s’essoufflentComment envisagez-vous de «combattre» les idées du Front National?
«C’est très difficile parce que nous sommes porteurs d’un message intellectuellement plus complexe et élaboré que celui du FN, qui est très simple. Il flatte surtout les ego des gens mais ne propose rien de plus. Le nôtre est sans doute plus difficile à faire partager à un très grand nombre de gens. Ils nécessitent plus d’explication et de temps»
D’autres campagnes se profilent pour cela. Comment le Parti de Gauche appréhende-t-il les prochaines échéances électorales?
«Certains sont allés jusqu’à dire que le pouvoir socialiste en Ariège s’essouffle. Je crois surtout que ce sont des personnalités qui s’essoufflent. A Auzat, c’est aussi un règne qui se termine. Après cela fait bouger les choses. Ce qui s’est passé à Auzat ou à Saint-Paul de Jarrat, va rendre les prochaines élections territoriales très intéressantes.
Quoi qu’il en soit notre objectif est d’être présent à toutes les prochaines élections, aux Territoriales bien sûr, aux Régionales c’est une évidence, aux Européennes c’est dans les tuyaux.
Mais il faut être réalistes: on ne dispose pas de l’éclairage des médias qui préfèrent braquer les projecteurs sur le FN. A nous de repartir, de mener des luttes importantes. Je pense que le 12 avril et la manifestation à Paris démontreront que nous sommes bien là»
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