Bilan des municipales en Ariège pour Jean-Pierre Icre (PCF), «une brèche est ouverte dans la forteresse socialiste»
Après le Parti Socialiste, l’UMP, le FN ou encore l’UDI, rencontre avec Jean-Pierre Icre, secrétaire départemental du Parti communiste français. Elu comme conseiller municipal d’opposition à Foix, il dresse «un bilan satisfaisant» du scrutin municipal ariégeois.
S’il regrette le positionnement des différents partis de gauche, il se projette d’ores et déjà vers les prochaines échéances, au premier rang desquelles les élections européennes du dimanche 25 mai.
Quel bilan dressez-vous des municipales en Ariège?
«On peut tirer un bilan positif de ces élections municipales au plan départemental. Je pense particulièrement à nos élus qui ont été confirmés dans leurs fonctions.
Après, nous avons quelques regrets. A Foix par exemple, la constitution de la liste de droite nous a porté préjudice, notamment dans la nature de sa construction et dans le fait qu’elle s’est lancée à quelques jours du scrutin… Sans elle, nous aurions pu avoir plus de postes.
L’autre problème se situe à Pamiers où nous pensions que la gauche pouvait arriver en tête. C’est regrettable»
La désunion vous a-t-elle réellement porté préjudice?
«Oui, et même au-delà de Pamiers. Nous aurions pu avoir des places d’élus en certains endroits voire d’adjoints. Nous avons choisi de ne pas nous unir parce que nous perdions notre liberté de parole»
Que pensez-vous de l’arrivée d’élus du Front National dans deux conseils municipaux ariégeois?
«Cela me fait froid dans le dos mais c’est la loi électorale qui a permis ce genre de choses! Je crois aussi que la majorité gouvernementale en place porte cette responsabilité. De renoncements en renoncements, elle a conduit à cette émergence du Front National»
Vous évoquez le Parti Socialiste, quel regard portez-vous sur les défaites des élus PS d’Auzat et de Saint-Paul de Jarrat?
«Il me semble qu’elles sont significatives d’un malaise au niveau de la majorité socialiste départementale. C’est une brèche ouverte dans la forteresse... Mais aujourd’hui, j’ai surtout le sentiment que le PS n’en tire pas les vraies conséquences. C’est regrettable»
Comment appréhendez-vous les prochaines échéances électorales?
«Dans son discours de politique générale, Manuel Valls change la donne pour les prochaines élections locales avec la suppression annoncée des Départements. Le PS, en Ariège tout particulièrement, s’est longtemps battu pour le maintien de l’organisation territoriale actuelle avec les Régions, les Départements, les Communes… Je crois surtout que cela va poser un problème de cohérence pour les Socialistes dans les mois à venir»
Sur un plan plus politicien, adopterez une stratégie d’union avec le Parti de gauche?
«Oui, nous aurons des stratégies dans le cadre du Front de Gauche*. Vous avez vu qu’un accord a été conclu pour que nous partions ensemble, sous la même bannière, aux élections européennes. Nous sommes arrivés à un accord qui devrait être validé lors du prochain congrès national du Parti communiste»
Et pour les Régionales et les Cantonales?
«Nous souhaitons, et cela me semble cohérent, que cet accord soit appliqué dans la même logique au niveau des élections locales à venir»
* Le Front de Gauche est une coalition de partis politiques. En Ariège il regroupe le Parti de Gauche, le Parti Communiste et la Gauche anticapitaliste.
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