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Alain Sutra reprend la main sur les Radicaux de gauche ariégeois

© midinews 2014

Alain Sutra nouveau président de la fédération départementale du PRG. Vendredi soir, le maire de Tarascon a repris «son bien» Au sortir d’un scrutin municipal victorieux, l’ancien instituteur est bel et bien (re)devenu l’homme fort du parti.

Il faut se souvenir des luttes internes qui ont émaillé les derniers mois de la campagne électorale, entre le président exécutif, Gérard Gonzalez, et son prédécesseur devenu président d’honneur, Alain Sutra.

Le paroxysme a été atteint lorsque, dans la course à l’hôtel de ville de Tarascon, le premier a apporté son soutien à la liste d’opposition au second… qui recevait, lui, l’investiture du comité directeur national!

Le ridicule ne tue pas mais suscite parfois des réactions aux lourdes conséquences. Au lendemain de l’officialisation de son positionnement anti-Sutra, le PRG ariégeois a été placé sous tutelle des instances nationales du parti. Et les trublions (le président et le trésorier) de la fédération ariégeoise exclus!

Fin du psychodrame samedi matin, au sortir d’une réélection facile. Alain Sutra pouvait accueillir les journalistes avec un large sourire, «soutenu» par Paul Dailhe, délégué général chargé de l’organisation territoriale et président de la commission de conciliation du PRG. Comme un quitus pour préparer sereinement l’avenir…

La fédération départementale du PRG n’est plus sous tutelle et vous êtes réélu à la présidence…

«Oui. Nous avons récupéré les clés du local vendredi soir! Nous avions été mis sous tutelle après les incidents que l’on sait. Le parti n’a pas eu de vie militante depuis un an. L’objectif est donc de le faire revivre.

Nous allons déjà travailler avec les cercles. Nous en avions trois qui vivaient bien, à Saint-Girons, à Pamiers et à Tarascon. Les deux derniers vivent bien, on l’a vu lors des récentes élections, le premier doit être relancé.

Quand un parti n’est plus animé, il n’attire pas de nouveaux adhérents et peine à garder les autres. Aujourd’hui, les choses bougent. Les gens ont peut-être du mal à entrer dans un parti comme avant. Il faut donc expliquer, faire de la pédagogie, rappeler l’importance du travail militant, du débat
»
Il m’a semblé naturel de reprendre du serviceTrois membres ont été exclus pour ne pas avoir respecté la décision des instances nationales de vous investir. Pourquoi Malika Kourdoughli ne l’a-t-elle pas été également?

«Malika Kourdoughli ne s’est pas présentée à Tarascon, donc ne pouvait pas être considérée comme opposante. Elle n’a certes pas fait ma campagne, n’a pas mis beaucoup d’enthousiasme mais elle reste conseillère régionale sous les couleurs du PRG»

Votre reprise de la présidence du PRG en Ariège est-elle un message politique pour le PS ariégeois en vue des échéances à venir?

«En me présentant à la présidence vendredi, je ne cherchais pas à envoyer un message à quiconque. Je suis membre du bureau national du PRG, je suis un proche de Jean-Michel Baylet. Au lendemain de ce que nous avons vécu au sein de la fédération, il m’a donc semblé naturel de reprendre du service, de postuler à nouveau à la présidence.

Mon objectif est de redonner du sens au PRG en Ariège. Ce n’est pas négocier tel ou tel poste avec le PS. Je veux m’adresser au peuple de gauche du département et leur proposer autre chose. Les discussions pour les prochaines échéances viendront en leur temps
»

Justement, comment vous positionnez-vous par rapport à la Communauté de communes par exemple, avec le départ possible d’Alain Duran?

«Pour ma part, je n’ai pas entendu dire que la place était vacante. Le président de la Communauté de communes a été élu la semaine dernière, et bien élu si je ne m’abuse. Je sais juste qu’Alain Duran est candidat à la candidature pour les élections sénatoriales. Moi, j’en suis là.

Je suis un des vice-présidents d’Alain Duran à la Communauté de communes. Nous travaillons en bonne intelligence car les dossiers ne manquent pas. Notre objectif aujourd’hui est de permettre à la Communauté de communes de répondre aux besoins de nos concitoyens, et de préparer un budget à l’équilibre. La priorité est là
»
Présidence de la Communauté de communes: «si Alain Duran s’en va, bien sûr que je serais intéressé»Vous n’êtes pas intéressé?

«Si Alain Duran s’en va, bien sûr que le maire de Tarascon sera intéressé. Je n’ai jamais caché que si j’avais un jour cette possibilité, je ne m’en priverais pas. Ce serait une forme de reconnaissance de l’action du bourg-centre»

Qu’en est-il des échéances régionales et départementales?

«Je ne serai pas candidat aux élections régionales ou aux départementales. Je ferai bien sûr en sorte qu’il y ait des candidats Radicaux, mais ce ne sera pas moi. Nous discuterons aussi avec Martin Malvy en vue des régionales. Beaucoup de questions se posent encore, qui pour conduire la liste? Une femme sera-t-elle choisie? Etc

Nouveauté des prochaines élections cantonales, la création d’un binôme de candidats homme/femme. Comment ferez-vous si Malika Kourdoughli se présente en binôme avec un candidat socialiste et si, en face, votre ami Benoît Alvarez (DVG) se présente également?

«Pourquoi imaginer cette double candidature? Pourquoi Benoît Alvarez, qui est effectivement un ami, ne pourrait-il pas être le candidat de la gauche? Ne pouvons-nous tirer des leçons de ce qui s’est passé ici et ailleurs? Regardez la situation à Lavelanet où on a préféré faire gagner la droite plutôt que de voter pour Marc Sanchez… Tout ça est assez détestable!

Je crois que la gauche n’a plus les moyens de se comporter de la sorte. La pensée unique nous conduit dans le mur. N’oublions pas que l’on a pris une raclée, notamment dans ce département! On a tous une responsabilité.

Est-ce que l’on est prêt à travailler ensemble, à construire ensemble pour le bien de nos concitoyens? L’important, ce n’est pas Alain Sutra, Alain Duran ou je ne sais qui… L’important c’est de s’investir pour les populations qui vivent ici
»

Vous parlez de changement…

«Oui, bien sûr. Mais le changement a déjà commencé. Cela peut aussi être des gens qui ne sont pas encartés. Cette gauche a besoin de ces gens, de ces nouveaux élus que l’on a vu arriver au mois de mars. Une gauche républicaine, plus que partisane.

Même au PS le changement est en marche. J’ai cru comprendre que le Président du Conseil général ne se représenterait pas. Il a également pris du recul à la mairie d’Ax. Les élections ont également frappé un grand coup sur certains ténors socialistes. Nous avons des leçons à tirer de tout cela
…»
Europe: «Les partis populistes peuvent dire tout et n’importe quoi, et ils sont écoutés»Le PRG peut-il accompagner ce changement?

«Vous savez que nous ne sommes pas très nombreux en France même si nous comptons beaucoup d’élus, nous sommes un parti d’élus. Nous ne sommes pas un parti godillot. Nous sommes influents.

Nous le montrerons cette semaine au moment du vote de la confiance au gouvernement. On peut être d’accord sur les principes, mais être très vigilants sur le choix des actions et sur leur mise en œuvre.

Je pense notamment à ce qui se prépare pour les collectivités. Aujourd’hui, ce qui nous menace c’est de ne plus être en mesure d’investir. Qui va en pâtir? Les artisans locaux, les populations. Si on pénalise les collectivités, cela aura une conséquence pour l’emploi
»

Que dire des élections européennes dans ce contexte?

«On a trop souvent utilisé l’Europe comme le bouc-émissaire des mauvaises nouvelles. Aujourd’hui, on le paie cash car nos concitoyens estiment que l’Europe est responsable de tous nos maux. Je dis moi que nous avons l’Europe que nous méritons.

Les partis populistes peuvent dire tout ou n’importe quoi, et ils sont écoutés, alors que c’est l’inverse qu’il faut expliquer. Ce travail de pédagogie est difficile à faire passer en ces périodes où les gens souffrent, connaissent des difficultés quotidiennes
»

CP | 29/04/2014 - 18:37 | Lu: 15534 fois