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Redécoupage cantonal: les contrepropositions des conseillers généraux UMP de l'Ariège

© midinews (archives)

A quelques jours de la tenue d’une séance exceptionnelle du Conseil général de l’Ariège, convoquée par le Président Augustin Bonrepaux suite aux annonces gouvernementales sur la réforme de l’organisation territoriale*, deux conseillers généraux UMP brandissent leur projet de redécoupage cantonal.

Pierre Auriac-Meilleur et Alain Bari ont en effet déposé un recours gracieux auprès du Premier Ministre pour dire leur opposition au projet de réorganisation des frontières cantonales présenté par la préfecture de l’Ariège.

En octobre 2013, Nathalie Marthien, à peine ses valises posées en ses nouveaux appartements préfectoraux, s’était présentée face à l’assemblée départementale pour expliciter le redécoupage. Début novembre, les élus émettaient un avis positif, à l’exception des conseillers généraux d’opposition qui s’élevaient contre** (lire notre article du 04/11/2013).

En suivant, les deux conseillers généraux des cantons de Massat et de Sainte-Croix Volvestre se sont donc attachés à préparer un recours contre ce projet et émettre des contrepropositions.

«Notre projet alternatif est à la fois soucieux de respecter les critères retenus, et de mieux garantir la cohérence entre les limites géographiques des nouveaux cantons, et les réalités de ces territoires, exprimées à travers des solidarités géographiques, humaines, économiques, intercommunales, sociales et culturelles», précisent d’emblée les deux élus dans un courrier adressée à la Préfète de l’Ariège.

Sur les modifications des limites cantonales proposées par l’Etat, ils proposent ainsi de «rattacher les communes de Bonnac et Villeneuve du Paréage au canton de Pamiers 2» De «re-rattacher» auraient-ils pu écrire puisque les deux communes appartenaient précédemment au canton de Pamiers-Est.

Ils réfutent donc leur rattachement au canton de Saverdun qui, selon eux, peut conserver «sa configuration actuelle» qui «répond aux exigences de la loi» (démographie, continuité géographique, etc.)
Au chevet des communes de la Barguillère et des autresAutre terrain d’opposition, les communes baignées par l’Arget, telles que Bénac, Brassac, Le Bosc, Serres sur Arget «menacées» de partir vers Varilhes.

«Les communes de la vallée de la Barguillère sont géographiquement et historiquement rattachées à Foix. Elles font partie de la Communauté de communes du Pays de Foix. Enfin, elles font partie du bassin de vie de Foix, tel que défini par l’INSEE. Ces communes, à travers leurs élus, ont par ailleurs manifesté le souhait de maintenir leur appartenance au canton de Foix.

Ce rattachement est démographiquement possible au regard des critères de la loi dès lors que Montgaillard est reversée dans le canton de Tarascon, dans le prolongement des choix opérés dans le projet initial, à savoir le rattachement de Prayols, Montoulieu et Saint-Paul de Jarrat à Tarascon
»

Et de proposer, d’une même logique, le reversement de Cos dans le canton de Varilhes «pour la continuité géographique dès lors que Saint-Martin de Caralp et Vernajoul le sont elles-mêmes dans le projet initial de redécoupage» Idem pour Celles vers Lavelanet, dans le prolongement de Soula et de Freychenet.

S’il ne nous est pas possible, ici, de détailler l’intégralité des propositions de Pierre Auriac-Meilleur et Alain Bari, précisons que les communes de Cadarcet, Aigues-Juntes, Eycheil ou encore Ussat et Ornolac-les-Bains ont également fait l’objet de leurs attentions.
Le nom des cantons et le choix des chefs-lieux, pierres d’achoppementLors de la séance du Conseil général du 4 novembre, la dénomination des nouveaux cantons avait également suscité de vifs échanges. Ils n’ont pas été oubliés à l’heure de prendre la plume pour écrire à la Préfecture et à Matignon.

«Les cantons actuels portent le nom du chef-lieu de canton, rappellent les deux conseillers généraux UMP. Le projet de décret conserve pour l’essentiel cette règle, ou la règle attribuant le nom du canton à la commune la plus peuplée, à l’exception de trois cantons, Haute-Ariège, Couserans et Haut-Salat, qui sont, eux, le produit de la fusion de plusieurs cantons actuels.

Nous proposons que les cantons de Foix, Lavelanet, Mirepoix, Pamiers
(ouest et est), Tarascon, Varilhes conservent leur nom actuel, et que dans un souci de représentation des principales communes du département, le canton n°11 soit dénommé canton de Saverdun-Mazères.

Les cantons nouveaux, issus de la fusion d’anciens cantons, doivent avoir une dénomination qui permet, soit de dégager un dénominateur commun, soit de permettre la valorisation des différentes identités géographiques, historiques ou culturelles: Haute-Ariège, Arize et Lèze, Saint-Lizier et Volvestre, Haut-Salat et Séronais.

La dénomination
«Couserans» dans le projet proposé par la Préfecture, pour le canton 2 est plus problématique dès lors que cette identité «Couserans» est partagée avec les communes de l’arrondissement de Saint-Girons composant les cantons de Saint-Lizier et du Haut-Salat. Il est donc proposé de dénommer ce canton, canton de Saint-Girons.

En outre, il serait injuste et préjudiciable à la capitale du Couserans, par ailleurs chef-lieu d’arrondissement, d’être la seule commune de taille importante du département à ne plus figurer dans la dénomination des cantons
»

Ultime pierre d’achoppement: la détermination des chefs-lieux de canton. Point qui avait été soulevé, là aussi, en séance, Louis Marette agitant le spectre des conséquences financières pour les communes qui risquent de perdre leur titre de «chef-lieu»

«La perte du statut de chef-lieu de canton peut avoir des conséquences financières pour ces communes liées à la perte de subventions antérieurement attribuées (DSR, dotation élus ruraux)», insistent Pierre Auriac-Meilleur et Alain Bari.

De perte, il peut aussi être question pour les élus signataires. Si Pierre Auriac-Meilleur a laissé entendre qu’il ne briguerait pas de nouveau mandat, «son» canton de Massat fusionnera avec ses voisins d’Oust et de La Bastide-de-Sérou, laissant peu de chance aux candidats qui porteront les couleurs de l’opposition face au binôme socialiste pressenti Christine Téqui/André Rouch***.

Du côté de Sainte-Croix Volvestre, Alain Bari sait aussi qu’il aura fort à faire lors d’un scrutin organisé sur le nouveau territoire du canton ariégeois n°9, le mariant avec Saint-Lizier, secteur sur lequel son collègue Raymond Coumes jouit d’élections relativement confortables…

Même s’il ne s’est pas associé au courrier de ses collègues, et qu’il a annoncé ne pas se représenter, Louis Marette n’ignore pas non plus que le redécoupage du canton de Saverdun privilégie à priori la gauche à sa propre famille politique, n’en déplaise au maire de l’actuel chef-lieu.

Tous trois ne nourrissent sans doute que peu d’espoir de voir ce recours aboutir. Encore que dans l’incertitude actuelle sur le devenir de l’organisation administrative territoriale, et notamment sur celui des Départements, des surprises sont toujours possibles. N’est-ce pas Manuel?

*Lundi 5 mai, à 15 heures, à l’Hôtel du Département.
**Les trois élus UMP, Pierre Auriac-Meilleur et Alain Bari donc, ainsi que Louis Marette, et le Divers Gauche, Benoît Alvarez.
***Christine Téqui est vice-présidente du Conseil général, André Rouch, président de la commission Economie, et président du Parc naturel régional des Pyrénées Ariégeoises.

CP | 02/05/2014 - 17:08 | Lu: 31493 fois