Les Européennes, ces mal-aimées des citoyens français, et des politiques
© AFP/Archives - Philippe Huguen
Abstention record, recyclage d'hommes politiques qui n'ont plus de mandat, visibilité médiatique réduite... Les élections européennes suscitent le désintérêt des Français et plus étonnant de nombreux hommes politiques.
Le constat est sévère: "l'Europe n'est pas un bon sujet électoral", analysait récemment le professeur de droit constitutionnel Didier Maus auprès de l'AFP. "C'est terrible, mais c'est comme ça".
Selon un sondage Harris Interactive pour LCP et Le Parisien publié mardi, près de la moitié des Français (49%) admettent même ignorer quelle est l'orientation politique majoritaire du Parlement européen (de droite).
L'interview de François Hollande mardi n'a laissé elle aucune place à l'Europe: aucune question ne lui a été posée sur ce thème, ce que n'ont pas manqué de relever plusieurs responsables comme Marielle de Sarnez, tête de liste centriste en Ile-de-France.
En début de semaine, Alain Lamassoure, tête de liste UMP en Ile-de-France et européen convaincu, a poussé un coup de gueule.
- "Désinformation" sur l'Europe -"Il n'y a aucune campagne d'information civique organisée par le gouvernement. C'est scandaleux", a-t-il protesté, fustigeant une "incroyable désinformation" des Français sur l'Europe, et rejoignant les centristes -- européens de coeur -- qui essaient par tous les côtés de faire parler de ce scrutin, mal aimé des Français.
"Les grands partis méprisent le Parlement et l'utilisent comme variable d'ajustement", se désole la députée européenne centriste Sophie Auconie, interrogée par l'AFP. Les yeux braqués sur certain(e)s, comme Michèle Alliot-Marie ou Nadine Morano à l'UMP par exemple, accusés d'être des "recyclés" de la politique. "Une salle d'attente chauffée et confortable...", ironise Robert Rochefort (MoDem).
Et Sylvie Goulard (MoDem) rapporte la phrase glissée par un conseiller ministériel en 2004: "les européennes pour les partis, faut pas se faire d'illusions, ce sera la poubelle des régionales...".
- Circonscriptions hors-sol -De fait, les députés européens sortants qui sont réputés assidus et travailleurs, sont souvent inconnus du grand public. Qui connait Philippe Juvin, Pervenche Bérès, Isabelle Thomas? Les plus connus sur le plan national - Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, Rachida Dati, Harlem Désir - ne sont pas les meilleurs connaisseurs du Parlement européen.
A trois semaines du scrutin, rares sont les électeurs qui sont au fait de cette élection. "C'est quand le deuxième tour?", peut-on ainsi entendre alors qu'un seul tour est prévu.
"En France, cette élection est devenue totalement incompréhensible depuis la suppression de la circonscription unique nationale en 2004 au profit d'inter-régions ne correspondant à rien", accuse de son côté le président du MRC, Jean-Luc Laurent.
De toute façon, "ce ne sont pas les élections européennes qui structurent le paysage politique français", reconnaissait récemment un député PS.
Ce désintérêt global des partis et des citoyens, dont on ne sait lequel nourrit l'autre, fait aussi que ces élections font peu recette auprès des médias.
Le débat entre les prétendants à la présidence de la commission, un poste pour lequel les députés européens auront pour la première fois leur mot à dire, a du mal à trouver preneur sur les grandes chaînes de télévision.
La ministre de la Culture Aurélie Filippetti a même fait appel au Conseil supérieur de l'audiovisuel pour que "les débats sur le futur président de la Commission européenne soient largement partagés à la TV".
Un désintérêt médiatique qui inspire "un mélange de tristesse et de colère" à Alain Lamassoure.
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