Elections européennes 2014: «pour construire l'avenir, nous devons changer d'Europe» (Martine Billard - Front de Gauche)
C’est au cours d’une réunion publique organisée mardi soir à Tarascon-sur-Ariège que Martine Billard a lancé la campagne électorale ariégeoise du Parti de Gauche en vue des échéances européennes. Pour l’occasion, elle était entourée des deux chefs de file ariégeois du parti, Michel Larive et Arno Coustié.
Martine Billard, qui co-préside le mouvement aux côtés de Jean-Luc Mélenchon, a fait la déplacement pour insister sur la nécessité «de voter le 25 mai en utilisant le bulletin du Front de gauche» pour dire «non à l’Europe ultra-libérale qui impose l’austérité»
A quelques minutes de prendre la parole devant les militants ariégeois, Martine Billard est venue à la rencontre des journalistes. Extraits.
Absence de débat.
«Ce qui est important c’est que l’on a une élection à un seul tour et nous n’avons quasiment aucun débat public. Le seul débat qui sera organisé le sera à l’Union européenne mais qui ne sera retransmis par aucune chaîne. C’est un très mauvais début pour donner envie aux Français d’aller voter.
Les seuls débats qui sont organisés sont malheureusement très sélectifs dans leurs participants. Des médias ont décidé que tels partis avaient le droit de s’exprimer et pas d’autres»
Constat d’un rejet.
«On constate qu’il y a un rejet massif de l’Europe. On constate que la majorité de nos concitoyens ne font pas confiance à l’Europe. Donc que cela ne vaut pas le coup d’y aller d’autant que le dernier vote, le referendum, n’avait pas été suivi»
Importance d’aller voter.
«Il faut aller voter et utiliser le bulletin de vote Front de Gauche pour voter pour d’autres forces que celle de Mme Le Pen. Il ne faut pas lui laisser la place, ni même le champs à ceux qui imposent l’austérité ou encore la privatisation systématique des services publics.
Il faut aller voter pour mettre un coup d’arrêt au projet de traité de coopération économique avec les Etats-Unis basé sur la suppression des normes juridiques, sociales, sanitaires ou environnementales. On serait donc obligé d’accepter l’importation de bœuf aux hormones, de poulet au chlore, des OGM, etc.
Dans les textes en négociation, de façon totalement cachée, il est bien spécifié qu’il faut en finir avec les monopoles du service public ainsi qu’avec les obligations locales… Bref, c’est une remise en cause fondamentale de notre agriculture, du développement des circuits courts, de la sécurité alimentaire.
Nos élus à l’Assemblée nationale vont défendre une résolution pour demander la publicité du texte soumis à la négociation et l’arrêt de ces négociations. Pour nous, c’est très important que les électeurs s’emparent du bulletin Front de Gauche pour dire leur refus de cette logique ultra-libérale»
Notre première décision sera de reprendre la main sur la Banque Centrale EuropéenneL’exemple Alstom.
«L’Europe ne porte plus aucune politique de protection de nos secteurs de pointe ou de développement. On le voit aujourd’hui avec Alstom, une entreprise fondamentale pour toute orientation écologique de notre pays sur le plan énergétique par exemple, mais qui va être bradée. Alstom va subir ce qu’a vécu Pechiney il y a quelques années, démantelée, dénaturée. C’est le cas pour toutes les entreprises rachetées un jour par les Etats-Unis qui ne s’intéressent qu’aux brevets»
L’enjeu de la BCE.
«Nous reprenons la main sur la Banque Centrale Européenne et autorisons la BCE à prêter aux Etats. Aujourd’hui, elle ne peut le faire. Elle prête aux banques qui prêtent ensuite aux Etats, en empochant de confortables marges au passage. Ce sera l’une de nos premières décisions pour remettre les Etats en capacité d’investir et d’intervenir rapidement.
Nous voulons construire l’avenir. Pour cela, il faut pouvoir investir, construire des logements, prévoir les équipements, les services. Mais pour tout ça, il faut l’argent. En fait, pour construire l’avenir, il faut changer d’Europe!»
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