Elections européennes 2014: pour Jean-Christophe Bonrepaux (PS), «notre responsabilité est d'élever le débat»
La page «élections municipales» tournée, le secrétaire fédéral du Parti Socialiste de l’Ariège se projette désormais vers les échéances européennes avec, en ligne de mire, le rendez-vous du dimanche 25 mai.
Mais pour Jean-Christophe Bonrepaux, victime lui-même de la volonté de changement des électeurs, les leçons du récent scrutin doivent être tirées à l’heure d’appréhender cette nouvelle campagne.
«Un message a été envoyé. Il faut savoir l’entendre et proposer des réponses dès ces élections européennes», affirme-t-il ainsi lors de l’entretien qu’il nous a accordé à quelques jours d’engager la campagne en vue des élections pour les eurodéputés.
Comment comptez-vous intéresser les électeurs au scrutin du 25 mai?
«Il faut déjà rappeler que les députés européens vont avoir plus de poids qu’avant. Le 25 mai, chaque électeur pourra faire basculer le vote au niveau de la circonscription régionale avec un député de plus ou de moins, avec donc la possibilité de faire basculer la majorité au parlement. Il y a réellement un enjeu citoyen fort pour ces Européennes»
Ce message est-il audible?
«C’est compliqué… Je regrette déjà que ces élections soient aussi proches des municipales car les électeurs sont passés à autre chose, et que nous n’avons pas le temps de faire campagne. C’est dommage car c’est important pour l’avenir de notre pays. Aujourd’hui, l’Europe est à droite, ne l’oublions pas»
Ne laissons pas certains jouer sur les peursLa droite, la gauche, est-ce la clé de ces élections et, au-delà, de la vie politique?
«Oui, car les valeurs sont fondamentalement différentes! Je suis frappé par l’affaiblissement de la conscience politique, et pas qu’en Ariège. Mais ne nous voilons pas la face: notre responsabilité est d’élever le débat, de ne pas laisser certains jouer sur les peurs.
Les citoyens ont tout à gagner à avoir une gauche forte. Et dans cette gauche forte le Parti Socialiste a un rôle fondamental.
Les partis comme le PS doivent travailler à éveiller les citoyens à la chose politique. Quitte à ce qu’ils se réveillent un matin en nous disant qu’ils n’ont pas les mêmes idées que les nôtres. Voilà notre rôle dans notre démocratie»
Pour cela, il faut que les gens vous écoutent et aujourd’hui, les sondages ne sont pas tendres avec les politiques…
«C’est vrai… A nous de trouver les formules et les moyens pour renouer le contact. Il faut libérer la parole et casser l’image du parti politique pour montrer que nous avons des convictions mais que nous sommes à l’écoute.
Ce travail est à engager envers les citoyens mais aussi envers nos militants. Nous allons essayer de leur parler d’une façon différente mais l’objectif est aussi de les faire parler, de les faire travailler sur le projet que nous devrons porter. Il nous faut réussir à les mobiliser sur cet avenir»
A nous de montrer que l’Europe a un rôle à jouerAvec les récentes décisions du Chef de l’Etat et de son gouvernement quelle stratégie comptez-vous mettre en œuvre?
«Nous devons rebâtir depuis le local et ne pas mélanger les choses. En Ariège, le Parti Socialiste tient bien ses bases. Ne nous trompons pas d’analyse du fait de défaites symboliques…
Il y a effectivement des déceptions au niveau des décisions prises à Paris. Concrètement, nos concitoyens veulent de l’emploi, du pouvoir d’achat, du social. Voilà à quoi il nous faut répondre. Et, j’y reviens, cela passe par la campagne pour les élections européennes. A nous de montrer que cette Europe a un rôle à jouer dans l’amélioration de notre quotidien»
Sur le plan local, de nouvelles échéances vont très vite arriver, celles des élections départementales en mars 2015. Comment les appréhendez-vous?
«Je veux être très pragmatique. Avant de parler des hommes, nous devons préparer un projet. Nous y associerons les militants mais aussi tous les citoyens qui souhaitent s’investir pour le préparer»
Que dire de la réforme territoriale relancée par Manuel Valls, et de la suppression annoncée des Départements?
«Suppression proposée, pas annoncée… Ce n’est pas la même chose. Je suis content que le Premier Ministre ait ouvert le débat. J’espère qu’il n’a pas encore arrêté la réponse et que nous pourrons réellement débattre de cet avenir. Il a ouvert la voie. Travaillons maintenant sur les propositions.
Car il y a, là aussi, un véritable enjeu de débat avec les citoyens. Il faut qu’ils s’en saisissent. La société a évolué depuis la création des Départements. Je crois qu’il y a effectivement des économies à réaliser en organisant différemment.
Mais la bonne question à se poser c’est: quels seront les besoins des populations en matière de service de proximité, en matière de justice sociale, en matière de culture? Et quelles structures pour porter la réponse à ces besoins?
En milieu urbain, les métropoles ou communautés urbaines peuvent répondre à ces problématiques mais qu’en est-il en zone rurale? Que pèsent nos petites intercommunalités? Il faut travailler sur le principe de Communautés de communes plus importantes. Les élus doivent s’en saisir avant que la loi ne nous l’impose.
Mais je crois qu’à l’échelle de l’Ariège, il manquera un maillon qu’est le Département. Transférer le centre de décision à la région éloigne les élus du terrain et des populations. Le conseil général a aujourd’hui cette cohérence territoriale»
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