Foix: le député socialiste Eric Andrieu en missionnaire de la cause européenne
A un mois du premier tour des élections municipales, le Parti Socialiste n’en oublie pas pour autant de se projeter vers une autre échéance, celle du scrutin des Européennes, le dimanche 25 mai 2014.
Une élection qui, si elle ne fait traditionnellement pas recette chez les électeurs, est prise très au sérieux par les états-majors politiques.
Il y a quelques semaines, la fédération départementale du PS avait convié le député socialiste européen Eric Andrieu, à Foix, pour expliquer aux militants ariégeois l’utilité de l’Union européenne et, surtout, «la nécessité de bien voter le 25 mai pour préparer l’avenir»
Elu des Corbières, Eric Andrieu est en deuxième position sur la liste «Sud Ouest» présentée dans le cadre d’une union PS-PRG, derrière la Radicale Virginie Rozières. Le Lavelanétien Kamel Chibli (PS) figure sur cette liste, mais sa sixième position ne lui laisse que peu de chance d’être élu*.
Pour Eric Andrieu, le propos est pourtant bien là: assurer le maximum d’élus des listes sociale-démocrates pour espérer faire basculer la majorité au sein de l’instance européenne.
«Si l’élection municipale est un rendez-vous essentiel de notre vie quotidienne, modifier la donne en profondeur passe obligatoirement par une réorientation des politiques conduites au niveau européen», assure le député européen.
«Le 25 mai, soit nous sommes au rendez-vous d’une nouvelle majorité sociale-démocrate qui aura donc des incidences importantes au niveau de la politique mise en œuvre, soit nous continuons sur la voie où nous ont conduits les conservateurs et les libéraux. Les électeurs disposent de ce pouvoir réel»
«La France ne pourra rien imaginer comme inflexion de sa trajectoire s’il n’y a pas une inflexion donnée au niveau communautaire», prévient-il.La force de la pédagogie par l’exempleEric Andrieu n’est pourtant pas dupe. Il sait combien ses propos convaincus peinent à mobiliser les citoyens, en Ariège comme ailleurs. C’est pourquoi il souhaite placer la campagne des Européennes sur le plan de la pédagogie, avec la force de l’exemple.
La pédagogie d’abord. «La campagne ne passera que par une démarche de grande proximité, d’explication, de conviction. Cela passera aussi que par un travail de précision parce que nous ne disposons que d’un temps de campagne électoral très court: tout le monde à la tête aux municipales actuellement.
Et au lendemain du 30 mars, les conseils municipaux devront être installés. En clair, la vraie campagne ne pourra débuter qu’aux alentours du 14 avril. Nous n’aurons plus qu’un gros mois pour convaincre»
L’exemple ensuite. «Au sein du Groupe de l'Alliance Progressiste des Socialistes et Démocrates, nous croyons à la relance par l’investissement. Notre position est d’encourager l’économie réelle, l’inverse de ce que font les banques qui, aujourd’hui, ne prêtent pas aux Etats.
Il faut que la Banque Centrale Européenne prête aux états membres pour éviter que ces Etats empruntent sur les marchés. Bien sûr, cela veut dire qu’il nous faut travailler dans le même temps à une harmonisation sociale, mais aussi à une harmonisation fiscale»L’Europe existe mais l’Union européenne, instance démocratique, est à construireLe député européen en campagne fait également part de sa crainte d’une forte abstention, un danger récurrent au fil des scrutins.
«Nous savons que l’abstention nous guette, c’est pourquoi le nombre de députés élus va vraiment compter. La majorité n’a jamais été aussi proche de basculer. Cela se jouera à quelques voix.
Tout notre travail est bien de montrer que l’acte de vote du 25 mai est fondamental. L’Europe existe mais l’Union européenne, instance démocratique, est à construire»
En 2009, lors des dernières élections européennes, seuls 47,9% des Ariégeois inscrits sur les listes électorales avaient glissé un bulletin dans l’urne. Un résultat qui plaçait pourtant l’Ariège parmi les bons élèves de la classe française, dont la moyenne s’établissait à 40,6 % de participation.
La question de savoir si les électeurs préfèreront l’isoloir aux berges des rivières n’est pas la seule incertitude du moment. Un autre épouvantail est agité, par voie de sondage celui-là: le résultat final du Front National.
«Les sondages actuels m’inquiètent au plus haut point, au plan national comme au plan local. Lire le FN à 23%, l’UMP à 21, le PS à 18… C’est grave!»
La solution? Encore et toujours la pédagogie. «La posture du Front National se construit sur des éléments de démagogie qui ne tiennent pas la route. Il nous appartient de démontrer que ce qui est dit est infondé. Imaginer que l’avenir de la France se situe dans le repli sur soi est ridicule. Quelqu’un de sérieux peut-il réellement croire qu’en recentrant le marché au cœur de son Etat on peut sauver les filières aujourd’hui en difficulté?»
Réponse le 25 mai.
*En France, le mode de scrutin européen s’organise au sein de huit circonscriptions interrégionales et non plus au sein d’une seule circonscription nationale. Les sièges à pourvoir sont répartis entre les circonscriptions proportionnellement à leur population. Les députés français sont élus au scrutin de liste à la représentation proportionnelle à un tour. Les électeurs choisissent donc une liste sur laquelle ils ne peuvent rayer aucun nom, ni changer l’ordre. Les listes ayant recueilli moins de 5% des voix ne sont pas admises à la répartition des sièges.
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