Elections européennes 2014: pour Catherine Grèze (EELV), «nous sommes pour l'Europe mais pour une autre Europe»
Dans deux petites semaines, à l’instar des quelque 500 millions de citoyens européens, les Ariégeois retrouveront le chemin des urnes. Au moins ceux qui estiment utile d’aller voter dans le cadre de ce scrutin méconnu et/ou mal-aimé.
Justement, le défilé des candidats se poursuit, pour tenter de rallier un maximum de suffrages à la chose européenne et aux causes partisanes. Après les réunions des Front de Gauche, UMP, Front National et autres Nouvelle Donne et Parti Socialiste, Europe Ecologie les Verts était cette fois en campagne dans le département.
Catherine Grèze, eurodéputée en exercice et première colistière de José Bové sur la circonscription Grand Sud Ouest, a par exemple visité l’unité de méthanisation du site de traitement des déchets de Berbiac à Manses, rencontré des apiculteurs ou encore participé à un débat sur le projet de traité transatlantique.
Et au cœur de ce périple, une petite halte avec la presse «pour expliquer, expliquer, expliquer»
Avec près de 25 listes par circonscription, comment parvenez-vous à rendre votre message audible?
«Ce n’est pas facile, surtout après les municipales qui ont beaucoup occupé les médias et les populations. Nous ne disposons finalement que d’une campagne de quinze jours dans laquelle les messages simplistes sont durs à contrer.
A Europe Ecologie les Verts, nous avons choisi une campagne de proximité car il y a ce bruit de fond persistant qui prône le repli sur soi, le rejet de l’Europe, qui mélange l’idée même de l’Europe et les politiques européennes.
Moi, il me semble important de réaffirmer que l’Europe c’est aussi du positif, du concret très proche des gens. L’Europe c’est chez vous! Regardez cette unité de méthanisation que nous venons de voir, elle a été cofinancée par l’Europe. Rien qu’en Midi-Pyrénées, il y a 120.000 projets soutenus comme cela. C’est bien la preuve que l’Europe est proche des citoyens»
Vous portez donc un discours résolument pro-européen?
«Oui, un discours pro-européen sur le principe même de l’Europe mais un discours très critique sur les politiques menées par l’Europe. En clair, nous sommes pour l’Europe mais pour une autre Europe»
C'est-à-dire?
«Nous sommes pro-européens pour ce qu’apporte l’Europe mais nous sommes contre certaines politiques mises en œuvre. Aujourd’hui, on a juste construit un marché, une entité économique. On n’a pas construit une Europe politique avec des institutions différentes, dans une logique fédéraliste, avec plus de pouvoirs aux parlementaires qui sont les gens démocratiquement élus»
On voit bien que la politique de l’austérité, et son corollaire la croissance, ne marche pasQuelle politique proposez-vous donc aux électeurs?
«On voit bien que la politique de l’austérité, et son corollaire la croissance, ne marche pas. Nous avons aujourd’hui des états qui sont massivement endettés. Pourtant, cela fait vingt ans que l’on entend, croissance, croissance, croissance…
Nous croyons qu’il faut commencer à réfléchir autrement, avoir un autre discours, mais toujours avec l’emploi en finalité. Notre idée est simple qui répond à trois problématiques : l’urgence du réchauffement climatique, l’urgence de la ressource énergétique, l’urgence sociale de l’emploi. Notre réponse à ces urgences, c’est la transition écologique.
Prenez l’exemple du bâtiment, en souffrance aujourd’hui. Lancer des programmes d’amélioration de l’isolation, cela veut dire des créations massives d’emploi avec du savoir-faire, des emplois non délocalisables et des entreprises locales relancées. On répond ainsi à la crise énergétique et à la crise sociale»
Vous avez fait de la lutte contre le projet de traité transatlantique l’un de vos chevaux de bataille. Que lui reprochez-vous?
«Je vais être très claire: ce traité prévoit concrètement une uniformisation de la réglementation avec les Etats-Unis. Les Américains consomment du bœuf aux hormones, nous en mangerons aussi; du poulet javellisé, nous aussi. Et le gaz de schiste, pareil!
Sans parler de la remise en cause totale de nos assemblées communales ou régionales qui n’auront plus de pouvoir de décision sous peine d’être attaquées par les grosses multinationales sous le couvert de ce traité.
Oui, ce traité est réellement extrêmement dangereux. Et là aussi, vous verrez que cette décision prise au niveau européen vous impacte bien dans votre quotidien!»
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