Pamiers: Françoise Castex livre les clés de la Nouvelle Donne
Candidate à l’investiture socialiste pour conduire la liste PS-PRG sur la circonscription du Sud-Ouest aux élections européennes, la gersoise Françoise Castex n’a pas digéré la désignation de la Radicale Virginie Rozière.
Députée européenne réélue en 2009 en deuxième position sur la liste emmenée par Kader Arif, aujourd’hui ministre, Françoise Castex a décidé de «reprendra sa liberté de parole» et de quitter le PS. Elle l’a d’ailleurs écrit dans une longue lettre adressée aux militants de sa fédération, et rendue publique dans la foulée.
En suivant, elle a annoncé apporter désormais sa contribution au mouvement Nouvelle Donne, créé par l’économiste de gauche Pierre Larrouturou. Il y a quelques semaines, la dissidente du Parti Socialiste, proche d’Henri Emmanuelli, était à Pamiers pour défendre cette nouvelle voie… et par la-même la crédibilité de son engagement comme eurodéputée.
Pourquoi avez-vous rallier les rangs de Nouvelle Donne?
«Le mouvement Nouvelle Donne a été créé en novembre 2013. Il est issu d’un collectif de réflexion, Roosevelt 2012, qui prône une relance sur la base de méthode de Roosevelt, sur le principe de l’offre et de l’injection de liquidités dans l’économie pour sortir de la crise.
A l’image de Pierre Larrouturou, socialiste également, nous sommes partis du constat que le PS était bloqué sur une vision économique d’austérité, conforme à ce que défend l’Union Européenne, et que dans ces conditions la réorientation de l’UE n’était pas possible. Lors de mon mandat, je me suis d’ailleurs opposée à la ligne officielle du Parti Socialiste sur ce point. Mon rapprochement avec Nouvelle Donne s’est fait presque naturellement»
Comment vous positionnerez-vous par rapport à la constitution des groupes au sein du Parlement nouvellement élu? Rejoindrez-vous les Socialistes?
«Après les élections du 25 mai, c’est sûr, il va y avoir des négociations, des rapprochements entre les Socialistes européens et d’autres formations. Ils essaieront de constituer une majorité, au mieux avec les libéraux, au pire avec le PPE (Parti Populaire Européen, rassemblement de partis du centre-droit, NDLR).
Il y aura une distribution de postes de cette façon-là. En ce qui me concerne, il ne sera pas question de siéger s’il y a une coalition droite-gauche»
Alors?
«Nous verrons… Mais dans tous les cas, nous rejoindrons un groupe politique, qui peut être les Verts. C’est trop tôt pour le dire»
Il faut désormais compter avec la Nouvelle Donne!Votre mouvement n’est pas encore très connu du grand public…
«Non, car il est très jeune! Mais nous serons néanmoins en capacité de présenter des candidats sur l’ensemble des circonscriptions françaises. Je vous le dis: il faut désormais compter avec la Nouvelle Donne!»
Quel message teniez-vous à faire passer lors de la réunion publique de Pamiers?
«Le message que nous avons réussi en quelques mois à créer des comités locaux dans tous les départements. Le rythme des adhésions est exponentiel.
Les adhérents sont de deux types: soit, ils viennent d’autres partis tels que le PS ou les Verts, et quelques-uns du Front de Gauche ou du Modem, ils sont à peu près 50%. L’autre moitié est constitué de personnes qui n’ont jamais adhéré à un quelconque parti mais pour certaines qui se sont déjà investies dans des mouvements citoyens. Ces adhérents sont demandeurs d’une autre conception de la politique. Ils ont conscience que l’abstention massive est due à une suspicion qui pèse aujourd’hui sur les partis politiques»
Comment les convaincre du contraire?
«Déjà, en rappelant que le rôle des partis politiques est d’organiser la démocratie et la vie publique. S’ils manquent à leur rôle, qu’ils deviennent de simples appareils électoraux, si certains leur confisquent ce rôle, nous sombrons dans une démocratie d’opinion qui fonctionne l’œil fixé sur les sondages. Alors, les citoyens rejettent les politiques. La confiance est brisée.
Au sein de Nouvelle Donne, nous faisons le pari que nous pouvons avoir un autre fonctionnement politique, et que nous pouvons reintéresser les habitants au débat politique»
Il faut qu’un lobby citoyen s’organiseLes élections européennes mobilisent traditionnellement peu les électeurs. Ils doutent de leur pouvoir d’influer sur les décisions. Que répondez-vous à cette inquiétude?
«Je sais que le débat oublie d’insister sur le pouvoir acquis par le Parlement européen. Il a acquis le pouvoir de codécision. Les décisions ne sont pas prises que par la Commission Européen. Le Parlement a donc bien un rôle à jouer dans les lois qui sont décidées au niveau européen»
Parleriez-vous de rééquilibrage?
«Oui, aujourd’hui il y a effectivement un rééquilibrage car les citoyens peuvent intervenir directement dans le débat. Le Parlement est capable de réécrire complètement une directive ou de changer de point de vue sur un traité, si des citoyens s’emparent d’un débat.
On l’a vu dans le cadre du projet de traité ACTA (autrement appelé traité anticontrefaçon, NDLR), les mobilisations aux Pays-Bas ou encore en Italie et en Pologne ont fait évoluer le point de vue des parlementaires. Le traité ACTA a fini par être rejeté grâce à ces mouvements populaires qui ont interpellé, puis convaincu les parlementaires.
Il faut qu’un lobby citoyen s’organise pour contrer les lobbies très puissants des industriels et autres groupes de pression. On a déjà créé des groupes de réflexion, des mouvements qui participent à des réunions, des débats pour faire avancer les dossiers. Je réfute l’idée que tout est déjà écrit!»
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