Mécontentement chez les postiers ariégeois: pour la CGT «rien ne va plus»

Quelques jours après le congrès CGT-FAPT (fédération de La Poste et des télécommunications) de l’Ariège et avant les élections professionnelles du mois de novembre, les postiers de la centrale ariégeoise appellent à la mobilisation.
Ils pointent du doigt les dysfonctionnements liés à la réorganisation du courrier à la plateforme de distribution de Saint Jean de Verges.
Pas de mouvement de grève, mais un appel à la mobilisation lundi après-midi où ils invitent la population, les élus, la presse à une rencontre sur site pour faire part de leur inquiétude. Ils comptent également interpeler la direction régionale et les services de la Préfecture.
En février 2010 la Poste française a changé de statut pour se préparer à la concurrence européenne, elle est devenue une société anonyme à capitaux publics, l’une des dernières à franchir ce cap en Europe.
Un nouveau statut pour répondre notamment aux enjeux d’avenir (virage numérique) tout en gardant ses missions de service public parmi lesquels le service universel postal qui oblige l’établissement à assurer la qualité de service, la collecte et distribution du courrier, des tarifs abordables et l’accessibilité aux services postaux sur l’ensemble du territoire.
Une réorganisation mal vécue
Or la CGT dénonce une évolution vers la productivité et la rentabilité au mépris des conditions de travail des agents et du service des usagers.
«La poste transforme ses missions de service public en offre de service public» martèle le syndicat pointant du doigt cette réorganisation: «à la PPDC de St Jean de Verges, les agents font systématiquement des heures supplémentaires, ils sont obligés de ramener du courrier et de commencer le lendemain à l’endroit où ils ont interrompu leur tournée de la veille… la qualité du service n’est plus assurée et les agents en surcharge de travail craquent».
Autre exemple parlant, celui des agents qui le matin assurent l’ouverture des bureaux de poste avant de repartir à la distribution du courrier l’après-midi.
Parmi les nombreux exemples faisant état de ces difficultés, les pérégrinations de deux usagers obligés cet été à faire 50km pour poster un paquet, faute de trouver un bureau de poste ouvert (les textes stipulent qu’il faut un bureau de poste à 10min à pieds).
«En 10 ans, ce sont 90 000 positions de travail qui ont été supprimées et depuis le début de l’année 7 532 de plus», dénonce la CGT qui dit «stop à la casse de l’emploi et du service public».
Selon les témoignages de cet agent en Haute-Ariège, les restructurations n’ont encore rien d’officiel (rien n’est encore gravé dans le marbre), mais ce sont des pratiques au quotidien visant à ne pas remplacer les agents manquants: «l’organisation est tellement tendue que nous n’avons plus le temps de faire nos tournées dans de bonnes conditions.
On demande aux personnes en fin de carrière de réorganiser les tournées de leur bureau ou de faire un remplacement physique sur le terrain (…) À la Poste les réorganisations sont fréquentes, il y en a tous les deux ans, mais à présent nous sommes écartés des négociations et des décisions… on nous consulte après quand tout est calé!»
Les élus de la montagne de l’ANEM en congrès annuel au Puy-en-Velay les 15 et 16 octobre ont été sensibilisés par ces problèmes. Ils ont promis d'interpeler les responsables de la Poste.
La direction veut éviter les licenciements
De son côté le service de la Poste se défend de tout licenciement malgré une baisse vertigineuse du courrier, un changement de pratique et une concurrence forcenée dans la distribution des paquets.
«Pour le seul centre de tri de St Jean de Verges, entre 2013 et 2015, on enregistre -13,60% du volume de distribution.»
Supprimer une tournée ne signifie pas que l’on supprime un poste de travail, précise-t-on à la Poste qui respecte les 35h. Mais en fonction du régime de travail du facteur, il peut travailler 35h en assurant une tournée 6jours/7 ou 37h sur la semaine en bénéficiant d’un jour de repos au bout de tant de jours.
«On compare des choses non comparables, poursuit la chargée de communication de la Poste. Il faut bien avoir en tête que le métier du courrier enregistre à grande vitesse des baisses de volumes importantes.
Parmi les raisons: la dématérialisation des documents, on ne consomme plus de la même manière (l’internet) et la poste est concurrencée en matière de livraison des colis… on est obligé de changer nos manières de travailler et malgré la baisse de la fréquentation physique dans les bureaux de poste, nous avons la nécessité d’assurer ses missions de service public.»
Quant aux facteurs-guichetiers, c’est une solution permettant de mutualiser les activités. Il s’agit d’un appel à candidature sous la forme du volontariat. Les candidats sont sélectionnés par un jury et suivent ensuite un parcours de formation en interne qui leur donne accès à une promotion.
À ce jour la direction n’a pas enregistré de préavis de grève. Le débat reste ouvert.
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