Intercommunalité: la carte de la préfète de l'Ariège ne fait pas l'unanimité

De gauche à droite: Marie Lajus, Préfète de l'Ariège, Ronan Boillot, secrétaire général de la préfecture de l'Ariège
© midinews 2015

Vendredi après-midi, la Préfète de l’Ariège a présenté «son» schéma départemental de l’intercommunalité, marqué par un ambitieux passage de vingt à cinq communautés de communes (lire notre article du 09/10/15).

Dans les faits, la carte proposée par Marie Lajus prévoit une communauté d’agglomération sur l’axe de la vallée de l’Ariège, regroupant du nord au sud les communautés de communes de Saverdun, Pamiers, Varilhes, Foix et Tarascon.

Cette «agglo» voisinerait avec les quatre EPCI de l’Arize-Lèze, des Pays de Mirepoix et Pays d’Olmes, de la Haute Ariège, du Vicdessos et du Quérigut, puis du Couserans.

Du côté des élus responsables des conseils communautaires désignés au sortir des élections municipales de 2014, les réactions n’ont pas manqué, avec des avis très partagés. Extraits.
François Murillo: une proposition cohérente
François Murillo, président de la Communauté de communes de Saint-Girons.

«Pour le Couserans, la préfète a proposé de regrouper l’ensemble des huit intercommunalités en une seule. Cette proposition est cohérente, car elle correspond au bassin de vie du Couserans.

Je suis favorable à ce périmètre en sachant qu’il faut réellement travailler ensemble sur un projet de développement territorial.

De toute façon, je pense qu’il serait mauvais qu’une de nos intercommunalités reste de côté. Il faut profiter de cette dynamique pour qu’un projet se porte sur l’ensemble de ce territoire. Vendredi en tous les cas, aucun président d’une autre intercommunalité n’a exprimé d’opposition lors de la présentation de la préfète
».
Philippe Calléja: l’État n’écoute plus les élus du peuple
Philippe Calléja, président de la Communauté de communes du Pays de Saverdun.

«Cette proposition ne correspond en rien aux délibérations des assemblées délibérantes, notamment celles des communautés de communes du pays de Saverdun et de Pamiers, ni même celles de Foix et Varilhes. Je constate que l’État n’écoute pas les collectivités territoriales et les élus du peuple.

Mais cela correspond bien à l’esprit scandaleux de la loi NOTRe, qui prévoit le principe liberticide du «passer outre». En clair, la préfecture peut imposer sa vision sans tenir compte de l’avis des territoires concernés. Bref, le sens du message de l’État est bien que nous ne pouvons plus décider de notre avenir.

Quoi qu’il en soit, nous ferons tout pour mener à bien le projet sur lequel nous travaillons depuis des mois, celui de créer un territoire cohérent en Basse Ariège, nous qui avons toujours eu l’ambition de mettre l’économie au cœur de nos préoccupations. Nous continuerons dans ce sens-là.

Nous allons donc présenter notre projet à la préfète pour remplacer le sien, pour permettre à la démocratie d’être enfin reconnue. Et surtout pour que l’on arrête de nous imposer des décisions d’en-haut, d’une structure qui ne connaît pas le territoire
».
Gérald Sgobbo: c’est un schéma très ambitieux
Gérald Sgobbo, Président de la Communauté de communes du Pays d’Olmes.

«Dans ce plan, il y a très clairement une volonté de regroupement global, qui va même au-delà du cadre imposé par la loi. C’est donc un schéma très ambitieux. La difficulté est maintenant de faire en sorte que cette ambition se transforme en réalisation. Et ça, c’est moins évident.

Ce qui m’inquiète, c’est la manière avec laquelle le projet est amené. Nous allons avoir des réactions épidermiques. Sur le fond bien sûr, mais aussi sur les difficultés que nous allons rencontrer. On va devoir par exemple travailler sur un PLU intercommunal ou sur la fusion des offices de tourisme. Et aujourd’hui, nous avons ni la capacité ni le temps de le faire d’une manière cohérente.

Avec le Pays de Mirepoix, nous demandions du temps. Là, on sent qu’il y a une volonté d’accélérer les choses. Cela apporte de l’eau au moulin de ceux qui sont très opposés à l’État actuellement. Cela fait beaucoup, après la loi ALLUR ou les baisses des dotations.

Sans oublier que sur nos deux communautés de communes nous avons également des différences importantes en termes de compétences. Nous avons par exemple la station des Monts d’Olmes. Je ne suis pas sûr que la charge de cette station intéresse Mirepoix…
»

PH | 12/10/2015 - 19:16 | Lu: 9761 fois

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