Communauté d'agglo: Philippe Calléja et Louis Marette dénoncent le fond et la forme du schéma intercommunal

De gauche à droite: Philippe Calleja, président de la communauté de communes du canton de Saverdun, Louis Marette, vice-président de la communauté de communes du canton de Saverdun
© midinews 2015

Philippe Calléja et Louis Marette sont en colère.

Les maires de Saverdun et de Mazères, et président de la communauté de communes pour le premier, n’ont pas digéré l’annonce de la préfète de l’Ariège, vendredi, relative au projet de nouvelle carte de la coopération intercommunale sur laquelle elle base les discussions à venir.

Et ce que les deux élus du nord n’apprécient pas concerne à la fois le fond et la forme. Ils l’ont fait savoir mardi à l’occasion d’une conférence de presse organisée à Saverdun.

Sur le fond, le principe même de la constitution d’une communauté d’agglomération les incommode. Faire cause commune avec les «interco» de Varilhes, Foix et Tarascon est impensable. Un choix exprimé lors d’une séance du conseil communautaire du canton de Saverdun jeudi soir.

«Réunis la veille de l’annonce, nous avons délibéré au terme d’un débat très riche. Il y a eu un vote sans ambigüité: 23 délégués ont voté pour le principe d’une communauté de communes de la Basse Ariège, 6 pour la communauté d’agglo, 2 se sont abstenus. Ce vote a du sens et doit être entendu», relate Philippe Calléja.

«Ce choix est cohérent», estime pour sa part Louis Marette.

«Ici, nous avons un bassin de vie. Les gens de Mazères ou de Saverdun vont au marché à Pamiers, ils ne vont pas à Varilhes ou à Foix. C’est notre identité, celle des habitants de notre territoire dont la capitale est Pamiers».
Philippe Calléja: pour nous, l’emploi est la priorité des priorités
Cette sociologie, le maire de Mazères la distingue également dans les affaires publiques, sur le thème de l’emploi notamment.

«Nous n’avons pas la même économie que le piémont ou la montagne. C’est un fait. L’économie de montagne est une économie touristique, été comme hiver. Ici, nous sommes davantage dans une économie de proximité avec la capitale régionale.

Chez nous, les entreprises toulousaines trouvent de l’espace; elles ne le trouveront pas en montagne où ils ne parviennent même pas à trouver un terrain pour aménager un terrain de foot!
»

Philippe Calléja va plus loin, opposant jusqu’aux priorités exprimées par les différents exécutifs locaux: «Pour nous, l’emploi est la priorité des priorités. Nous voulons garder ce principe, ce leitmotiv permanent pour nos concitoyens. Nous sommes davantage tournés vers les entreprises. Nous sommes des libéraux».
Louis Marette: Gaston Defferre doit se retourner dans sa tombe
Seconde pierre d’achoppement pour les deux élus, la méthode employée. Sur la forme, ils affirment «ne pas en vouloir personnellement à la préfète», qui «fait son travail», mais ils regrettent qu’elle ait «basé sa réflexion sur la base du SCOT qui n’a strictement rien à voir» et qu’elle applique «les principes d’une loi scélérate».

«Lorsque l’on nous présente cette loi comme une loi d’organisation territoriale, c’est faux! C’est une loi jacobine, une loi qui redonne le pouvoir à l’État, dit encore Louis Marette.

Si j’étais socialiste, je m’interrogerais: cette loi signe l’arrêt de mort de la décentralisation qu’ils ont pourtant fait naître. Gaston Defferre doit se retourner dans sa tombe!
»

«C’est une loi scélérate qui programme la mort de la ruralité», embraye Philippe Calléja. «Le vote que nous avons exprimé, comme d’autres d’ailleurs, est l’expression de la démocratie. La loi NOTRe va à l’encontre du principe fondamental de la libre administration des collectivités. Je ne comprends pas comment le Conseil Constitutionnel a pu laisser passer cela… C’est un scandale».

«Aujourd’hui, il est indéniable que le Parti Socialiste a abandonné la ruralité. Il fait tout pour la faire disparaître», affirme Philippe Calléja.

Un propos que ne renierait pas un candidat en campagne.

PH | 13/10/2015 - 19:08 | Lu: 7646 fois

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