Sécurité, économie, intercommunalité: le grand oral de la préfète de l'Ariège

La préfète de l'Ariège, Marie Lajus, présente le rapport annuel des services de l'État au Conseillers départementaux de l'Ariège
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Sécurité, solidarité, aménagement du territoire, autant de domaines d’intervention placés sous le principe de la coopération entre les services de l’État, bien sûr, mais aussi avec le Conseil Départemental, ses élus comme ses services.

Tel est en substance le message que Marie Lajus, Préfète de l’Ariège, a livré à l’occasion de la traditionnelle présentation du rapport d’activité des services de l’État en Ariège aux élus du Conseil Départemental.

Cette longue (très longue) présentation s’est déroulée en préambule de la séance plénière de l’assemblée ariégeoise lundi (lire par ailleurs). Mais que retenir de ce bilan d’activité exhaustif de l’exercice 2014?

En terme de sécurité et de protection des personnes d’abord, puisque Marie Lajus a attaqué sa présentation par ce thème, citons par exemple les quelque 9 300 interventions réalisées par les sapeurs-pompiers du SDIS sur l’ensemble du territoire, la mise en œuvre des plans communaux de sauvegarde sur près de 60% des 135 communes ariégeoises concernées ou encore les 408 contrôles sanitaires assurés auprès des établissements de restauration.

Dans ce cadre, la représentante de l’État n’a pas manqué de revenir sur le drame qui s’est joué à Ascou-Pailhères dans une colonie de vacances, avec le décès d’un jeune garçon. Même si l’enquête et les analyses ont démontré que l’eau n’était pas à l’origine du décès, ce drame aura éveillé les consciences, souligne Marie Lajus.
Chômage: un frémissement positif
Autre thème, le développement économique et l’emploi. «Nous sommes toujours le département qui connaît le plus fort taux de chômage de Midi-Pyrénées», souligne la Préfète qui indique néanmoins «sentir un frémissement positif. Les données négatives sont moins négatives et on sent, notamment chez les jeunes, une situation qui tend à s’améliorer».

Insertion par l’activité économique, contrats aidés (plus de 1 150), contrats en alternance (apprentissage, contrats de professionnalisation) sont les marqueurs «d’une politique sociale qui évite à des personnes de rester dans des situations qui les empêcheraient de retrouver un jour un emploi».

Plus que des objectifs chiffrés, Marie Lajus insiste sur sa volonté d’orienter les actions à destination des publics bénéficiaires du RSA, l’une des principales préoccupations du Conseil Départemental. «Nous souhaiterions signer au moins 200 contrats aidés avec des personnes actuellement au RSA. Nous devons faire un effort en ce sens», exhorte la Préfète dans un discours soudain très politique.

Objectif: «permettre au plus grand nombre de sortir de la trappe de la précarité et de la pauvreté».

Mise en place du CICE, réforme du Service public de l’emploi, mise en œuvre de réunions territorialisées sous la conduite des sous-préfets d’arrondissement ont également permis de «concentrer les moyens dans une logique d’efficacité accrue». Là encore, la coopération est au cœur de l’action avec les services de la DIRRECTE et de Pôle Emploi notamment.
Solidarité: décloisonner les interventions
Autre thème de l’exposé de Marie Lajus, la cohésion sociale et la solidarité, sujets de circonstances dans l’hémicycle de l’hôtel du Département dont la première des compétences porte justement sur les questions de solidarité.

Lutte contre l’habitat indigne, accompagnement des personnes vulnérables, promotion de l’égalité des chances… autant d’actions déclinées à l’échelle de l’Ariège, en lien les services départementaux et les associations concernées dans «une logique à 360°, dans une volonté de décloisonner les interventions des uns et des autres», assure Marie Lajus.
Intercommunalité: être capable de voir large
Mais c’est bien, et on s’en doutait, sur le sujet de la coopération intercommunale que la Préfète de l’Ariège a conclu son propos avec l’évocation du schéma de réorganisation des syndicats intercommunaux qu’elle avait eu l’occasion de présenter au début du mois aux élus des «com com» concernées (lire notre article du 12/10/2015).

«J’ai fait des propositions qui vont dans le sens de l’histoire et l’intérêt du département dans une logique de cohérence, au cœur d’une très grande région constituée de très grandes intercommunalités. Ces grosses entités sont capables de regrouper leur ingénierie, leur fonctionnement.

Je pense qu’il faut une certaine masse critique pour être compétitif demain, pour être en capacité de porter des projets dans une logique de co-construction avec le conseil régional de demain, avec l’Europe»
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Si Marie Lajus reconnaît que le débat n’est pas clos, elle invite chacun de ses interlocuteurs à «être capable de voir large». Ils apprécieront…

PH | 26/10/2015 - 19:35 | Lu: 7375 fois