Henri Nayrou Président du Conseil Départemental de l'Ariège: «nous nous concentrons sur les solidarités humaines et territoriales»

Les conseillers départementaux de l'Ariège réunis en séance plénière le 26 octobre 2015
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Séance plénière du Conseil Départemental ce lundi 26 octobre, avec un ordre du jour traditionnel en cette période de l’année: l’évocation de la deuxième décision modificative de l’exercice budgétaire, «une DM2 que je qualifierais d’ajustement», précise Henri Nayrou, président de l’assemblée départementale.

«Cette décision modificative porte sur une augmentation de 800 000€ en fonctionnement et une baisse de 700 000€ en investissement, qui pèsent relativement peu sur un budget global de 200 millions d’euros. Cela démontre que le budget primitif était cohérent et cela fait la preuve d’une gestion précise et pertinente», estime Henri Nayrou.

Le président explique l’augmentation des dépenses de fonctionnement par le poids croissant de l’aide sociale, tout particulièrement le RSA et ses 400 000€ supplémentaires que la collectivité devra verser aux bénéficiaires ariégeois d’ici à la fin de l’année.

À l’inverse, la baisse au chapitre de l’investissement est due majoritairement à des reports d’investissements, avec des communes qui n’ont pas sollicité les subventions qui étaient prévues initialement au budget primitif.

«Il faut souligner, très clairement, que les Ariégeois perçoivent l’intégralité des moyens que nous recevons, reprend Henri Nayrou. Nous ne sommes pas dans une gestion de bon père de famille, mais bien dans une gestion responsable. Le Conseil Départemental de l’Ariège n’a pas de bas de laine. Ce n’est pas sa vocation».
La solidarité a un
coût

Pour autant, le chef de l’exécutif départemental se garde de tout triomphalisme. Au contraire, il place d’emblée le débat dans le contexte national de la loi portant sur la Nouvelle organisation territoriale de la République (NOTRE) et sur les difficultés financières rencontrées par un certain nombre de départements.

«La loi NOTRE nous conduit aujourd’hui à nous concentrer sur nos compétences, les solidarités humaines et territoriales, c’est un fait. Mais la solidarité a un coût», dit-il.

«Aujourd’hui, une dizaine de départements sont confrontés à d’importantes difficultés, pour faire face aux dépenses du RSA notamment. Ce n’est pas encore notre cas, du fait du legs de la gestion Bonrepaux, mais, comme les autres, nous nous approchons du mur.

La différence est que pour l’instant, nous y allons moins vite que les autres
», glisse Henri Nayrou en référence à l’exposé présenté aux élus au printemps dernier par Michel Klopfer, spécialiste des finances publiques.

Et de rappeler que les dépenses nationales pour le RSA ont augmenté de 20% en 2014 et de 8% en 2015. «Bien sûr l’ADF et sa majorité de droite pousse des cris d’orfraie, mais c’est oublier un peu vite les effets de la suppression de TP et la baisse des compensations de l’État que nous subissons depuis 2010», politise le président du Conseil Départemental.
400 000€ pour aider les communes à accueillir des migrants
Lors de cette séance plénière, les exemples de solidarité se sont formalisés par exemple avec l’adoption du schéma départemental à l’autonomie 2016-2020 ou encore par le projet de fusion des collèges de Tarascon et Vicdessos.

«Je dis bien fusion et pas absorption, souligne Henri Nayrou, dans une logique de solidarité envers les habitants et les enfants de ces vallées».

La solidarité des conseillers départementaux s’exprime également à destination des réfugiés, avec une enveloppe de 400 000€ prévus sur deux années, à destination des communes désireuses d’accueillir des migrants.

«À notre niveau, c’est une façon de participer à cette action de solidarité et une façon d’inciter les communes à remettre à niveau des logements insalubres. À terme, ces aménagements ne peuvent qu’être utiles au département dans son ensemble et à sa capacité d’accueil au sens large», dit Henri Nayrou.

En ce qui concerne les migrants, si le Conseil Départemental n’a pas encore reçu de sollicitation en ce sens de la part de commune, gageons que cela ne saurait tarder.

PH | 26/10/2015 - 19:35 | Lu: 6160 fois