Il est des personnages typiques dans chaque ville et villages qui sont racontés toujours par les anciens parce qu’ils faisaient partie de l’histoire de leur quotidien.
Pamiers avait les siens. Ils étaient respectés dans leur particularité.
Les Appaméens pouvaient s’inquiéter lorsque l’on ne les voyait pas en ville comme à l’accoutumée et s’en réjouissait lorsqu’ils reparaissaient.
Au début du 20ème siècle, sur la Place du Camp, adossé à l’église, c’est «la Tito que bendio un sou de tout» qui n’avait pas son pareil pour vendre ses marchandises.
Rue des Carmes, Paulette Roques tenait son magasin de charcuterie traditionnelle et de salaisons ainsi que des produits alimentaires de première nécessité.
Héritage de sa mère. Son magasin restait ouvert toute l’année, tôt le matin et tard le soir, 365 jours par an…
Non loin, Madame Prat surnommée «la Bertomèche» ouvrait quotidiennement son bistrot aux ouvriers de l’usine.
Côté quartier du Pont neuf, demeuraient «Pépé, le tueur de cochons» et son frère Sisko réputés pour tuer le cochon.
C'était tout un rituel, ils commençaient à museler le groin de la pauvre bête avec un lasso, puis à le renverser sur ses pattes pour enfin finir leur besogne, aidés de leurs innombrables couteaux.
Rue du Pont neuf, un autre personnage avait pignon sur rue, c’était Adrien le forgeron.
Il s’affairait à forger des pièces de fer et d’acier, tantôt taillandier, tantôt maréchal-ferrant.
Dans son atelier, les enfants avaient l'habitude de le regarder travailler devant son un grand soufflet.
Il ferrait les chevaux et les bœufs de labour. Il y avait aussi le «peyarot», il passait dans la rue et venait chercher les peaux de lapins que les gens conservaient pour lui, le rémouleur qui affûtait les couteaux, le vitrier avec sa petite remorque, le tambour major et son «Avis à la population»
A Loumet, le plus connu se faisait appeler «Jean-Marie de Loumet» Villeroux, avec une moustache à la Charlot.
Il se baladait sur son drôle de vélo qui avait une grande roue devant.
C'était lui le roi des barriques lors des fêtes de Loumet avec les cussous.
Un peu plus haut, et connue aussi, l’épicerie Jany auparavant épicerie Daraud.
En plus de son commerce, elle avait mis en place un service régulier de voyageurs «le rapide de Loumet»
Il proposait les mardis, jeudis et samedis des liaisons vers Tarascon et les lundis, mercredis et vendredis vers Toulouse.
Le quartier du centre avait aussi ses figures: Théophile Deguilhem, un marginal, qui passait dans la rue avec sa brebis, il la faisait danser, il habitait près de la mairie.
C’était un bon électricien. Il est vrai aussi qu’il faisait peur aux enfants.
Non loin, du côté du castella, on pouvait rencontrer «Mimile le roi des Maquisards» qui dormait dans une cahute perchée sur les rives.
Pauline habitait là où est installé aujourd’hui le commissariat, boulevard Delcassé.
Elle était imposante et impressionnait facilement surtout lorsqu'elle se défendait des farces que lui faisaient les enfants qui se régalaient d'être aussitôt effrayés.
Elle déambulait sur la place Ste Hélène, chaussée de grosses «tatanes», en poussant une brouette chargée de linge qu’elle allait laver au bord du canal.
C'était une autre époque certainement, celle où les gens prenaient le temps de regarder les autres gens.
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