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Pamiers d'hier et d'aujourd'hui: une femme à la direction de l'usine
08/01/2013 | 18:16

Gabrielle Abat aura été la seule femme à diriger l’usine de Pamiers. C’était en… 1848.

En 1847, de nouveaux ateliers sont construits, mais l’un des associés, Théogène Abat décède à l’âge de 47 ans.

C’est sa fille unique, seule héritière, Gabrielle Abat, qui reprend le flambeau en 1848.

Propriétaire de l’usine, elle lance un important programme de modernisation. En 1850, l’usine compte 61 ouvriers, dont 10 hommes célibataires, 47 mariés, 4 veufs, aucune femme, aucun enfant de moins de 12 ans.

Elle épouse le 6 octobre 1856 Ernest Anduze-Faris, banquier et fils du maire de Chalabre.

En 1857, elle restructure les ateliers. Ils sont composés d’un fourneau de cémentation, 7 feux, 7 martinets et une machine soufflante à caisse mobile, une forge à la catalane et un marteau.

Elle fait construire deux hauts fourneaux, les premiers en Ariège, de 15 m3 marchant au charbon de bois. Ils seront transférés plus tard à Tarascon, deux fours à puddler, deux fours d’affinage, deux trains de laminoirs, un four à réchauffer, une cisaille, une machine soufflante à trois cylindres, 4 martinets, un marteau à cingler, 2 turbines (l’une de 50 chevaux, l’autre de 14 chevaux).

Cette nouvelle usine produit 20 000 quintaux métriques de fonte (partie charbon de bois et partie houille).

Les 40 000 quintaux de fer à traiter sont tirés des mines de Rancié, dans la vallée du Vicdessos. Le charbon de bois provient des forêts familiales de l’Ariège, de l’Aude, des Basses Pyrénées et des Landes. Les 30 000 quintaux de combustible minéral proviennent des mines de Carmaux dans le Tarn et de Graissessac dans l’Hérault.

Les mines de Rancié alimentent à l’époque les 57 feux de l’Ariège, mais aussi 4 forges dans la Haute Garonne, 3 dans les Hautes Pyrénées, 4 dans l’Aude et 4 dans le Tarn.

Pour la petite historie, elles seront encore exploitées au début du XXème siècle par la Société Métallurgique de l’Ariège, et seront abandonnées en 1929, puis reprises par la Société Commentry Fourchambault Decazeville jusqu’en 1931.

Mais les bons filons sont épuisés et les travaux pour en rechercher d’autres s’avèrent être coûteux et dangereux. Les mines seront finalement abandonnées.

L’usine à «l’anglaise» utilisant la houille va concurrencer les forges catalanes, grandes consommatrices de charbon de bois.

Les bâtiments devenant  trop petits, le matériel moins performant, la puissance du Moulin des Carmes étant limitée, l’usine Sainte Marie ne peut plus faire face aux commandes de la clientèle.

Elle sera rachetée en 1862 par E. Jacques Palotte, ingénieur de l’école centrale, sénateur de la Creuse, fils de l’un des lointains fondateurs de la Compagnie de Châtillon Commentry où il a fait ses débuts  de chef d’industrie comme directeur des forges de Commentry.

Le nouveau propriétaire crée la Société Métallurgique de l’Ariège, compagnie anonyme au capital de 5 000 000 F en 1867. Elle regroupe les établissements de Pamiers et de Tarascon.

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auteur: PR | publié le: 08/01/2013 | 18:16 | Lu: 4749 fois