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Pamiers d'hier et d'aujourd'hui: l'usine en 1824
21/12/2012 | 18:59

A cette époque là, l’usine est en plein développement.

Les trois associés, les sieurs Abat, Morlière et Sans, relatent l’activité de l’établissement dans la statistique industrielle. Elle est des plus élogieuses.

Elle fabrique de l’acier et des limes. Une partie de cet acier est livré en barres au commerce et l’autre partie est employée à la fabrication des limes.

Six marteaux servent à la fabrication de l’acier et trente ouvriers y sont employés: quatorze ouvriers au travail des limes, trois forgerons travaillent à l’entretien des outils, forges et rouets de l’usine, huit ou dix sont occupés toute l’année soit à chauffer le fourneau de cémentation, soit aux transports des aciers et fers.

Les six marteaux pour fabriquer l’acier sont en fer mol provenant des forges de l’Ariège et pèsent de 160 à 190 kilos chacun. Un soufflet à piston «donne le vent» à dix fourneaux.

Les ouvriers sont en grande partie logés dans l’établissement.

Le salaire moyen des ouvriers maîtres qui travaillent l’acier est de cent quinze francs par mois tandis que leurs aides ont un salaire moyen de 35 francs.

Les ouvriers employés à la fabrication des limes travaillent aux pièces avec un salaire moyen de 80 à 160 francs par mois. Ils ont souvent un ou deux apprentis élèves chacun.

Le prix moyen des aciers est de cinquante six francs les cinquante kilos. Les qualités varient, sur huit à dix espèces différentes. Le prix aussi: de quarante huit francs à cent trente francs les 50 kilos.

Le prix moyen des limes est de trente à quarante francs le paquet pesant dix quarts ou sept quarts.

«La vente de la moitié de nos produits est faite par notre voyageur; l’autre moitié nous est demandée directement par lettre par les consommateurs; nous devons ce débouché économique à la supériorité de nos aciers; nous ne nous sommes servis de commerçants intermédiaires que pour traiter avec le gouvernement; c’est une seule maison qui agit en notre nom; elle a le mois dernier encore soumissionné pour nous à la fourniture du port de Lorient où nos aciers ont été trouvés si beaux que les ingénieurs de la commission déléguée tout en s’empressant d’accepter notre soumission n’ont pu s’empêcher de marquer leur surprise à ce point qu’ils ont cru et croient encore qu’une partie de nos aciers présentés par nous, était de l’acier fondu; nos aciers le remplacent pour les outils qui servent à tourner les métaux; ils ont même sur l’acier fondu l’avantage de se laisser souder»

A cette époque là, déjà, les aciers de l’usine de Pamiers se vendent dans toute la France.

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auteur: PR | publié le: 21/12/2012 | 18:59 | Lu: 7637 fois