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Pamiers d'hier et d'aujourd'hui: les duels

Duel au bois de Boulogne - Durand 1874

«L'étoile de l'Ariège» avait publié en son temps, en 1897 exactement, deux procès verbaux sur deux duels qui s'étaient déroulés à Pamiers.

L'un des protagonistes était dans les deux affaires, il s'agissait du journaliste Honoré Bouché.

A la suite d'un article paru dans le quotidien «La Dépêche» du 25 mars 1897, Alcide Bejot, correspondant du «Télégramme de Pamiers», se jugeant offensé par cet article, chargea M. Néraud, capitaine, et Gaston Bouteiller, rédacteur au «Télégramme» de demander à Honoré Bouché, correspondant de «La Dépêche» à Pamiers et auteur dudit article, une réparation par les armes.

M. Bouché mit les envoyés de M. Bejot en rapport avec Joseph Vidal, adjoint au maire à Pamiers, et Célestin Abadie, conseiller municipal.

D'un commun accord, les quatre témoins se réunirent et après examen de ladite affaire, toute entente ayant été impossible, décidèrent d'un duel.

MM. Néraud et Bouteillier avaient réclamé pour leur client, M. Bejot, la qualité d'offensé, reconnue sans difficulté.

L'arme choisie par lui fut le pistolet de combat. Ainsi, il avait été décidé une rencontre au pistolet «aux environs de la ville» dans les conditions suivantes: échange de deux balles à vingt-cinq pas et au commandement.

La rencontre eu lieu à la prairie du Bariol, le matin du 26 mars, à 9 heures et demie. Deux balles furent échangées sans résultat. Les adversaires se serrèrent la main sur le terrain.

A la suite de lettres parues dans «L'Avenir de l'Ariège» du 9 mai et dans «La Dépêche» du 15 mai 1897, portant la signature de M. Delpech Sénateur de l'Ariège, M. Bouché, rédacteur de «La Dépêche», s'étant jugé offensé par les termes injurieux qu'elles contenaient, chargea MM. Blazy, avocat à Foix et Bonnaves, publiciste à Foix, de demander à M. Delpech une rétractation formelle ou une réparation par les armes.

M. Delpech, se trouvant lui aussi offensé par les termes des articles d'Honoré Bouché, chargea MM. Cathala et Barbe de Pamiers, de demander au journaliste rétraction ou réparation par les armes.

Les quatre témoins se réunirent et après échanges infructueux convinrent d'une rencontre.

La qualité d'offensé ayant été reconnue à M. Bouché, il choisit l'épée de combat selon les conditions suivantes: épée de combat avec gants de ville à volonté, interdiction formelle de l'usage de la main gauche et des corps-à-corps. Les reprises ne devaient pas durer plus de deux minutes.

Le combat devait cesser lorsque l'un des deux adversaires atteint d'une blessure était reconnu par deux médecins en état d'infériorité manifeste.

La rencontre eu lieu le 18 mai, à 6 heures «dans les environs de Pamiers», au champ de tir.

A la troisième reprise, M. Delpech fut atteint au bras droit d'une légère éraflure qui lui permis de continuer le combat.

A la neuvième reprise, M. Delpech reçut à la face dorsale de la main droite une blessure qui de l'avis des médecins, l'avait mis en état d'infériorité pour la continuation du combat. Le combat avait duré vingt minutes.

30/01/2013 - 18:24 | Lu: 16670 fois