Pamiers d'hier et d'aujourd'hui: l'histoire de la Tito
Le couvert de l’église du camp, démoli dans les années 1920, abritait les commerçants non sédentaires de l’époque les jours de marché.
Il est un personnage dont les très anciens pourraient se souvenir, sinon les anciens dans les mémoires de leurs aïeuls, c’est «la Tito» surnommée ainsi, de son vrai nom Mademoiselle Amiel.
Elle n’avait pas son pareil pour vanter ses fruits et légumes qu’elle vendait «pour un sou» et pour interpeller les enfants qui passaient chiper quelques fruits.
Connue et appréciée de tous, elle a tenu son étal durant plus de soixante ans. Elle est partie dans sa quatre vingt neuvième année, en avril 1908.
A sa disparition l’étoile de l’Ariège lui avait rendu un vibrant hommage: «bien que tempêtant, gesticulant, criant sans répit contre le gent écolière, la Tito n’en était pas moins heureuse de servir toute cette jeunesse qu’elle aimait en dépit de toutes les petites misères qu’elle subissait de sa part. Les enfants lui rendaient en retour et plus tard devenus hommes, ils aimaient s’arrêter devant l’étalage de la Place du camp pour se remémorer les bonnes espiègleries de jadis.
C’est ainsi que notre compatriote, le général Pedoya, à ses retours à Pamiers, rendait visite à la Tito qu’il embrassait même sans façon, ce dont elle se montrait très fière.
Notre député, Albert Tournier, qui avait lui aussi dû voleter souvent autour de l’étalage de la "vieille" alors qu’il était enfant, ne manquait jamais de passer sous le couvert de la Place du camp pour faire un brin de causette avec Melle Amiel.
La Tito avait plaisir à raconter que lors de la première élection du député de Pamiers, comme elle le félicitait, celui-ci lui promit de lui envoyer un souvenir de Paris. Albert Tournier ne manqua pas sa promesse et il fit tenir à la Tito un superbe chapelet contenu dans un étui élégant portant ces mots: "souvenir du Sacré Cœur de Montmartre"
Melle Amiel était fière de montrer "lé Chappélet del Députat", surtout à ceux qui prétendaient que le député de Pamiers était le pire des sectaires. La Tito était alors la doyenne des vieilles "jeunes filles". Elle allait atteindre ses 90 ans au mois d’août prochain»
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