Le conseil municipal avait émis le souhait d’ériger une statue du philosophe Pierre Bayle lors de sa séance du 14 juin 1886.
Le choix de son emplacement à l’époque avait fait couler beaucoup d’encre dans les comptes rendus des délibérations municipales.
Quatre propositions avaient été faites: celle de Monsieur Clanet qui souhaitait la voir installer sur la Place de la République, Monsieur Barbe sur le Plateau du Castella, Monsieur Pacot sur l’allée montante du Castella et Monsieur Abescat sur l’esplanade de Milliane.
M. Pacot retira sa proposition et se rallia à celle de M. Barbe concernant le plateau du Castella.
M. Clanet développa de nombreux arguments pour affirmer la sienne: «je suis depuis longtemps déjà partisan d’ériger le monument Pierre Bayle sur la place de la République.
La visite des emplacements pouvant être affectée à cet usage faite en compagnie de MM. Tournié, Paul Pujol et quelques uns de mes collègues du Conseil Municipal au lieu de modifier ma manière de voir, n’a fait que l’affermir.
Nous avons vu successivement le parc, la place de l’Hôtel de ville, de l’église, du collège, du tribunal, de l’Evêché, du Mercadal, le Castella et enfin la place de la République.
En principe nous a dit Paul Pujol qui est une autorité en la matière, on érige les monuments et les statues au cœur même de la ville ou dans des endroits les plus fréquentés qui s’y prêtent le mieux»
La partie du parc qui se trouvait près de la mairie lui paraissait convenir mais l’endroit restait écarté et le monument n’aurait été «qu’un embellissement pour le parc et non pour la ville»
Les autres emplacements cités ne furent pas retenus: «les murs furent trouvés trop exigus et les autres trop écartés ou trop fréquentés»
Le square de l’évêché fut également écarté, d’un commun accord: «il pouvait paraître constituer par le voisinage une provocation»
La proposition en haut de l’allée montante du Castella fut rejetée parce que le monument aurait été tourné vers le nord: «il est universellement admis que les monuments et les statues doivent être tournées soit vers le midi soit vers l’ouest»
Sur le plateau du Castella, l’emplacement occupé par le kiosque avait retenu un moment l’attention: «toutefois pour y édifier le monument il faudrait déplacer le kiosque et l’installer au fond de l’allée centrale dans la partie qui regarde la rue du pont neuf et l’usine, d’où un surcroît de dépenses non prévues.
M. Paul Pujol s’extasiant devant l’admirable panorama qui se déroulait sous nos yeux, constatait avec regret que l’endroit était bien écarté du cœur de la ville.
C’est aussi le défaut capital que je lui trouve, il est également trop peu fréquenté. En dehors des heures où la musique y joue, qui voyons-nous au Castella? Presque personne...
Je propose donc d’ériger le monument à l’endroit occupé par la fontaine qui serait enlevée sans recevoir une nouvelle affectation pour éviter toute nouvelle dépense»
Même si Monsieur Barbe fut contre, la proposition fut adoptée et la statue installée et inaugurée le mardi 4 septembre 1905.
Elle fut déboulonnée durant la seconde guerre mondiale par l’occupant.
- Pamiers d'hier et d'aujourd'hui: une évasion rocambolesque
- Pamiers d'hier et d'aujourd'hui: les voyageurs expédiés et reçus
- Pamiers d'hier et d'aujourd'hui: faits divers
- Depuis deux siècles, la chapelle Notre-Dame de Montgauzy veille sur les Fuxéens
- Pamiers d'hier et d'aujourd'hui: les duels
- Camp de concentration du Vernet d'Ariège: la demande d'inscription aux monuments historiques...
- Pamiers d'hier et d'aujourd'hui: les lotions miraculeuses
- 100 ans après, conserver la mémoire de tous les «Poilus» ariégeois
- Pamiers d'hier et d'aujourd'hui: une femme à la direction de l'usine
- Pamiers d'hier et d'aujourd'hui: dès 1825, l'usine s'agrandit
- Mémoire de montagnards, le partage d'un trésor unique
- Pyrénées Cathares: des panneaux pour mettre en avant l'histoire et le patrimoine des communes

fermer les commentaires
ajouter un commentaire
Les commentaires sont libres d'accès.





