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Le Pyrène: le couteau 100% ariégeois au salon de l'Agriculture
13/02/2012 | 20:10
© MidiNews 2012

Issu d’une longue lignée de forgerons (il représente la 6e génération), Eric Boisset a choisi de s’orienter il y a près de trente ans vers la coutellerie car la forge n’avait plus d’avenir:

«Les agriculteurs ne réparent plus, ils préfèrent changer les pièces métalliques de leurs machines !» explique ce colosse à l’opulente chevelure qui après sept ans d’apprentissage, exercera son activité d’abord dans l’Hérault avant de s’installer en Ariège, à Bélesta puis dans la vallée de la Barguillère où il est en train d’aménager son nouvel atelier non loin de Serres/Arget.

Des machines improbables qui viennent pour certaines d’une autre époque (le XIXe siècle) mais qui sont toutes en parfait état de fonctionnement!

«Il m’arrive de refaire des pièces, engrenages, transmissions ou courroies mais rien de très grave» précise l’artisan qui prépare en ce moment les séries de couteaux qu’il va pouvoir emporter dans quelques jours au salon de l’Agriculture à Paris.

Entre ses animations aux Forges de Pyrène à Montgailhard où il explique aux visiteurs les principales étapes pour réaliser un couteau, l’aménagement du nouvel atelier et la diffusion de ses produits, il n’est pas rare qu’il travaille la nuit à la conception et la réalisation de ses pièces uniques: des couteaux de cuisine avec le traditionnel «bec d’oiseau» ancêtre de l’économe, aux couteaux d’office ou de cuisine, de toutes les tailles, en passant par le «Pyrène», un couteau pliant doté en guise de sécurité, d’une «virgule» sur le manche qui libère la lame...

Eric est intarissable sur ses créations: «ce couteau pliant avec système de déverrouillage de sécurité est une de mes dernières inventions […]

Il faut pas moins de 17 étapes pour réaliser la lame de mes couteaux, une lame en acier avec une teneur de 0,75% de carbone […] Mais il faut aussi accepter que cette lame noircisse un peu.

Contrairement aux couteaux en inox que l’on trouve dans le commerce, c’est un couteau qui coupe tout le temps
»

Les manches sont en bois de genévrier, en buis, en chêne, des essences locales à forte densité pour une meilleure qualité et pour les plus beaux spécimens, la corne traditionnellement travaillée en Ariège: «ce sont des couteaux 100% fabriqués en Ariège, de petite séries (quand la journée est bonne je sors trois unités) que je commercialise sur les salons (celui de l’agriculture ou le salon bio de Vincennes)»

Mais pour Eric Boisset, c’est surtout la passion d’un savoir-faire qu’il partage depuis peu avec Virginie, sa nièce, en apprentissage à ses côtés et le plaisir du travail bien fait: «le couteau c’est avant tout un objet de partage, celui d’un bon repas […]
Une bonne viande mérite un bon couteau, cela permet de prolonger le plaisir de la dégustation !
»

Eric Boisset est à retrouver sur son stand Hall 4, allée D, stand 119 au salon international de l’Agriculture 2012 du 25 février au 4 mars, de 9h à 19h Porte de Versailles (nocturne le 2 mars jusqu’à 23h).

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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 13/02/2012 | 20:10 | Lu: 27065 fois