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Les sapeurs pompiers ariégeois en panne de volontaires
06/03/2012 | 20:17
© MidiNews 2012
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Comme beaucoup de départements en France, l’Ariège n’est pas épargnée par la crise du volontariat chez les sapeurs pompiers.

Bien que le dispositif de sécurité civile repose sur la complémentarité entre sapeurs-pompiers professionnels et volontaires, ces derniers représentent 80% des effectifs au niveau national et dans le seul département de l’Ariège, sur 644 sapeurs pompiers on dénombre 48 pompiers professionnels et 560 volontaires.

Par contre la part budgétaire qui leur est consacrée est relativement modeste, de l’ordre de 20%.

Cependant, sans ces volontaires qui ont la passion de servir, les coûts deviendraient impossibles à assumer pour les Services d’Incendie et de Secours (SDIS) dont la plupart sont aujourd’hui départementalisés.

Marie-Laure Soucarre, chef du pôle du développement du Volontariat au SDIS de l’Ariège, tire la sonnette d’alarme: «on n’avait jamais été aussi bas […] outre le manque de motivation des jeunes, tous les ans des dizaines de SPV font valoir leurs droits à la retraite et les recrutements actuels ne permettent pas de combler ces départs»

Ces volontaires qui partent à la retraitent accusent pour la plupart 15 années de service et les nouvelles recrues ne restent guère plus de 3 ans («une année pour se former, une pour exercer et une dernière pour être déçus»).

D’aucuns voient dans cette baisse d’effectif au sein du corps des sapeurs pompiers volontaires, un signe des temps: montée de l’individualisme (le volontariat implique du long terme), mouvement démographique (on est obligé de suivre le travail), renforcement des contraintes professionnelles… dans ce contexte bien peu de centres arrivent à fonctionner dans de bonnes conditions.

Pour corriger ce mouvement inexorable, les SDIS lancent de grandes campagnes de communication auprès des populations pour promouvoir le volontariat (souvent à peine perdue) et signent des conventions avec entreprises et collectivités afin de négocier du temps de disponibilité auprès des employeurs.

C’est le cas à Saverdun, 5e ville d’Ariège, qui grâce à de telles dispositions semble sortir son épingle du jeu au niveau de l’organisation des secours.

En effet le maire, Philippe Calléja, lui-même médecin volontaire chez les sapeurs pompiers, n’a pas hésité à conventionner avec le SDIS de l’Ariège mais surtout avec le centre de secours local pour établir un partenariat avec les collectivités, les structures publiques (mairie, communauté des communes, régie électrique, maison de retraite) afin de libérer son personnel plus facilement et d’assurer ainsi les premiers départs plus aisément.

«Tant et si bien qu’aujourd’hui nous sommes capables d’assurer des départs en compensation ou en renfort sur les communes environnantes» se félicite le premier magistrat de la ville pour qui la mission des sapeurs pompiers est une mission indispensable, souvent périlleuse mais toujours très encadrée.

«Ici nous pratiquons le volontariat accompagné, il faut avoir conscience que les indemnités sont faibles pour les volontaires, c’est à nous de les aider pour les encourager: à la mairie de Saverdun nous participons avec une subvention à l’association de l’amicale des SP et nous prenons en charge leur mutuelle, ce qui est un avantage notoire pour nos pompiers»

En contre partie, les salariés de ces collectivités font suivre sur leur lieu de travail le fameux «biper» qui permet à tout moment de donner l’alerte.

Dès que le signal retentit ils laissent tomber leur travail pour se précipiter au centre de secours et vaquer à leurs devoirs.

«Il est de plus en plus difficile de trouver des personnes qui sont prêtes à donner de leur temps pour les autres», regrette Marie-Laure pour qui l’engagement en tant que pompier volontaire est un acte citoyen et altruiste (il faut dire que c’est de famille puisque son époux employé aux Talcs de Luzenac est lui aussi SPV).

Pour autant, elle ne baisse pas la garde surtout en ce moment où tous les centres de secours du département ont besoin de volontaires.

Patrick Léonardelli, chef de centre à Saverdun, compte dans sa caserne 31 SPV et pour motiver les vocations, il organise dans quelques semaines une importante manifestation pour les 80 ans du corps de Saverdun: «une occasion de faire venir les gens, de les recruter et peut être aussi de les conserver !»

En France on dénombre 249 000 sapeurs pompiers dont 16% de professionnels.


Devenir Sapeur Pompiers

Il suffit d’être âgé de 17 à 55 ans, jouir de droits civiques, être en bonne forme physique.

Toute personne intéressée peut se renseigner auprès du centre de secours le plus proche ou auprès de Marie-Laure Soucarre chef du Pôle du développement du Volontariat au 05 61 05 48 32.
actualites Ariege
auteur: Laurence Cabrol | publié le: 06/03/2012 | 20:17 | Lu: 23068 fois