«C’est une technique universelle, très certainement utilisée depuis la nuit des temps par les hommes qui devaient faire, composer dirons nous, de façon rationnelle avec les matériaux bruts qu’ils trouvaient sur place»
Une technique artisanale par essence, dont les savoirs faire se perdaient jusqu’alors.
Artisan et formateur gardois au sein de l’Association des Bâtisseurs en Pierre Sèche, une association cévenole, Didier Rieux est donc venu sur les hauteurs de Seix, à Esbintz, non loin du sentier d’interprétation du COS, prêter main forte à un groupe d’adultes, salariés pour la plupart, dont une jeune femme qui s’initiaient là durant une semaine, aux techniques de la Pierre sèche.
Au-delà de leur grande valeur patrimoniale, les murs de soutènement en pierre sèche présentent de nombreux intérêts.
Non seulement la technique de construction «à sec» contribue à la préservation du patrimoine (c’est beau) et de l’environnement (c’est durable), mais elle peut s’avérer un choix pertinent tant au plan technique (c’est solide et souvent plus efficace que d’autres solutions «béton») qu’économique (ça n’est pas cher).
Cependant cette technique nécessite une rigueur de mise en oeuvre bien spécifique.
C’est d’abord une partie théorique avec visionnage de films et photos, avec «explications des bonnes pratiques, de ce qu’il faut faire et de ce qu’il faut éviter» qui attend les stagiaires.
Puis, sur le terrain pour la mise en œuvre grandeur nature sous les conseils et le regard expert de Didier.
«Gonfle plus le fruit, attention à la boutisse», l’entend on dire.
Sous les regards de Jean-Claude, venu d’Alsace et installé comme maraîcher, propriétaire du terrain sur lequel se trouve le mur de pierres, c’est un patient travail de chainage et d’assemblage de pierres judicieusement choisies pour leurs qualités qui se déroule.
Une alchimie savante entre la disposition des pierres et la poussée du sol, fonction de leurs qualités respectives, qui doit tenir compte pour mieux l’anticiper des coulées d’eau de pluie ou de boue.
«Je fais partie d’un groupement pastoral», explique Jean-Claude.
«De fil en aiguille c’est avec le concours de la Fédération Pastorale de l’Ariège, que j’ai accepté l’idée de ce stage», heureux de constater que le parement originel de son mur est petit à petit reconstitué.
Cette opération se situe dans le droit fil du programme des «1001 terrasses d’Ariège» porté par la fédération pastorale de l’Ariège.
D’autres sont menées, par la fédération seule, ou en collaboration avec le PNR ou d’autres partenaires.
La chambre des Métiers aussi s’intéresse à cette technique qui envisage la mise en place d’une formation qualifiante, un certificat de qualification professionnelle – CQP, première pierre d’une filière professionnelle structurée.
«C’est (re)devenu un métier, confirme Didier, un marché se développe, cette technique a fait ses preuves»
Parmi les personnes en stage on trouve deux agents de la municipalité de Pamiers, qui espèrent recourir à cette technique traditionnelle selon les besoins.
Ou encore, cette jeune femme, venue s’initier aux rudiments de la pierre sèche motivée par l’optique de restaurer une propriété familiale de montagne.
Petit à petit la technique essaime et se diffuse.
Les paysages de l’Ariège ont tout à y gagner.
Plus d’infos,
Fédération Pastorale de l’Ariège – François Regnault
Hôtel du Département – 09000 Foix
Tel: 05.61.02.09.66 – courriel: [email protected]
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