Elle pourrait s’appeler «Valentine» comme la mascotte du dernier salon de l’Agriculture de Paris… même regard mutin derrière ses longs cils ourlés de noir, à la seule différence que cette beauté rustique pèse près de 400kg de ferraille.
Et pas n’importe laquelle il s’agit d’outils provenant du monde rural: vieilles faux, bêches, faucilles, sièges de tracteurs antiques, gouges, etc… assemblés par l’artiste d’origine moscovite, Ioulia Palai installée depuis plus de six ans à Prat-Bonrepaux.
Habituée à travailler sur de petits formats avec des matériaux de récupération, elle n’a pas hésité à se lancer dans du «lourd» avec cette commande un peu particulière.
En effet, Philippe Lacube, éleveur en haute Ariège, lui a demandé de réaliser cette vache gasconne pour son nouvel établissement: «A la Montanha- Maison Philippe Lacube», une éco-maison du pastoralisme avec bar à vin, tapas fermières et un restaurant dont la carte sera élaborée à partir des produits issus de sa ferme, la ferme du Quié.
Un beau projet qui devrait voir le jour dans quelques mois aux Cabannes et s’inscrire dans la dynamique de cet Ariégeois qui a eu l’idée de parler des produits mais aussi du territoire et des hommes.
La création de Ioulia trônera sur la place des Cabannes, un clin d’œil à la ruralité à travers l’art contemporain.
Ce matin Philippe Lacube et Magalie Bouguerba, coordinatrice de ce projet, ont découvert la sculpture dans l’atelier de la plasticienne… la surprise fut totale: «c’est un bel hommage au monde rural !» Une belle réussite.
Les outils de récupération proviennent des exploitations du département, chacun pourra y retrouver sa contribution: la palette d’abreuvoir Rico de Christian, l’anneau de contention d’André, ou essayer de reconnaître certains matériaux savamment détournés par l’artiste pour réaliser cette sculpture, malgré son poids elle est aussi aérienne qu’une dentelle:
«A l’origine j’étais créatrice de décors et costumes avant de me lancer dans la soudure» explique Ioulia, une véritable citadine qui avant cette commande ne savait pas ce qu’était une vache gasconne.
«Après un tel chantier je suis devenue incollable !»ajoute-t-elle dans un sourire.
Mais comment faire pour transporter une œuvre de cette nature: c’est à la force des bras que «Valentine» a quitté l’atelier avant d’être prise en charge par un transpalette qui l’a délicatement déposée sur cales dans une remorque où elle a été sanglée avec précaution.
Près de cent kilomètres, cornes au vent, la bête a suscité bien des curiosités avant d’arriver aux Cabannes où elle a été mise à l’abri des regards jusqu’à la fin des travaux.
L’aventure n’est pas terminée pour cette belle gasconne traitée au vernis polyuréthane pour éviter la rouille… elle ne fait que commencer.
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