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Pierre Rivière, un art de lumière
03/04/2012 | 19:34
© MidiNews 2012
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Dans le cadre de la semaine européenne des métiers d’arts, nous avons rencontré un des maîtres dans l’art du vitrail, Pierre Rivière, maître verrier installé depuis la fin des années 70 en Ariège.

Originaire du Pays d’Olmes, il décide de se former dans l’un des meilleurs ateliers de la capitale, chez Flamand et Ropion, rue Lamarck à Montmartre.

C’est là qu’il apprend les techniques des maîtres verriers, s’inspirant des bâtisseurs de cathédrale, il redonne éclat et couleurs aux verrières ternies par le temps, refait les assemblages au plomb, consolide par imprégnation les verres fragilisés…

Sa passion le dirige naturellement vers la restauration des vitraux anciens, il travaille en étroite relation avec les monuments historiques mais il est également capable de créer des œuvres contemporaines pour des commandes de particuliers.

Tout au long de ces trente cinq ans de travail, au terme de réalisations ou de restaurations sur plus de 800 édifices, c’est une magnifique aventure professionnelle que nous raconte Pierre Rivière lors de chacune de nos rencontres dans son atelier.

Après les verrières de la cathédrale St-Just de Narbonne, le dôme de la basilique du rosaire de Lourdes, St Bertrand de Comminges, la cathédrale de Rodez, de Perpignan, ou de Montauban, il s’est aussi confronté aux vitraux de la cathédrale de Mirepoix, de Pamiers ou la verrière orthogonale de Manses.

Il vient de procéder à la repose des vitraux de la cathédrale St Etienne de Toulouse et travaille actuellement sur des créations de Richard Burgsthal en 1910 pour l’abbaye de Fontfroide dans l’Aude.

Des vitraux qui présentaient de nombreuses pathologies et de multiples fissures, une œuvre unique qu’il était urgent de restaurer.

C’est une œuvre tout à fait atypique de par l’ornementation, les couleurs et par la réalisation car Richard Burgstahl créait son verre à la verrerie des Sablons: «il présente un problème de fabrication et plus précisément de re-cuisson du verre qui devient très sensible à la corrosion de l’eau.

Si bien que les techniques habituelles de restauration sont inopérantes. Il a fallu improviser une technique encore jamais utilisée dans le vitrail
»

Un véritable voyage dans le temps et des techniques utilisées depuis le Moyen Age jusqu’à nos jours: «le fait de travailler en relation avec les Monuments historiques nous impose un cahier des charges strict, nous réalisons des dossiers documentaires avec photos et relevés de calques à l’appui de toutes les étapes de notre intervention et nous sommes amenés à travailler en étroite relation avec des historiens de l’Art pour une restauration au plus près de la réalité»

Couteau, marteau, clou de montage, roulette pour retailler le verre, pince à gruger, fer à souder… un travail qui ne laisse pas de place à l’improvisation, chaque geste a son importance pour un métier exigeant qui demande beaucoup de modestie, surtout quand on passe après des maîtres tels qu’Arnaud de Moles connu pour la richesse et la profondeur de ses couleurs, François Vergès ou encore plus près de nous l’atelier de Louis-Victor Gesta à Toulouse.

Pierre Rivière voyage dans le temps mais il lui arrive aussi de créer des œuvres contemporaines comme ce projet de verrière japonisante ou cette porte de séparation qui joue sur les transparences.

Son rêve: terminer sa carrière professionnelle avec les grandes verrières de la cathédrale d’Albi pour laquelle il vient de candidater… on croise les doigts.

Pour en savoir plus sur Pierre Rivière et son art: http://atelier-pierreriviere.com

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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 03/04/2012 | 19:34 | Lu: 13142 fois