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Lavelanet: «Design» moi un mouton
29/08/2012 | 18:15
© MidiNews 2012

Installer une petite entreprise de design «au fin fond de l’Ariège» est à coup sûr une gageure.

Un défi que Myriam Baudeigne a pourtant relevé en s’installant dans un petit hameau du côté de Lavelanet.

Après une période d’inactivité ou elle enchainait les petits boulots du côté de Toulouse c’est grâce aux encouragements de son compagnon qu’elle réalise son rêve: créer sa propre entreprise dans le design.

Après un premier accompagnement par les boutiques de gestion Créer à Delta Sud, elle est orientée vers l’Adie qui l’assiste dans sa phase de démarrage en janvier 2012.

Aujourd’hui, 8 mois après, elle réalise un bilan de suivi avec Diane Llau-Richard, conseillère Adie, lors de la permanence qu’elle tient, une fois par semaine dans les locaux de la MCEF à Foix.

Toutes deux reviennent sur un parcours, parfois semé d’embuches, mais dont une étape d’importance est en train de s’écrire: le site Internet est en cours de lancement.

Bientôt, sur «Mon Beau Design» on pourra commander sur mesure, du mobilier, du textile (linge de maison etc.), vêtements adultes et enfants.

Après une école d’architecture et une maîtrise de design à Toulouse, Myriam Baudeigne avait un peu remisé au placard sa soif de créativité et d’imaginaire, pour s’occuper de ses enfants.

Le retour sur le marché de l’emploi des années plus tard, en pleine période de crise, aura été laborieux, surtout des emplois précaires dans le domaine sanitaire et social.

C’est son compagnon, vantant «ses doigts en or, ses idées de génie», qui lui donne la confiance nécessaire pour s’installer designer à Lavelanet où il réside et dispose d’un espace suffisant pour y aménager un atelier.

Créer puis l’Adie l’assistent dans son étude de marché et de faisabilité, la confortent dans le plan d’affaires de son projet et elle finit par obtenir le coup de pouce qui lui permettra de décoller.

Public cible de l’Adie, ceux dont les banquiers «ne veulent pas», le dossier déposé par Myriam lui ouvre droit à la prime régionale (1.500euros tout de même) auquel s’adosse un micro-prêt professionnel correspondant aux besoins identifiés.

En février, banco! Myriam se lance grâce aux aides débloquées et ouvre «sa petite entreprise»: «Mon beau design»

Travaux d’aménagement de l’atelier, mise au point du site internet, pierre angulaire de sa relation avec le client, définition du régime juridique et fiscal (micro-bic)… «heureusement que j’ai été aidée, soupire Myriam. Sur Internet on trouve pas mal d’infos mais on peut vite s’y perdre et on n’a pas toujours les compétences pour savoir ce qu’il nous faut. Il faut être accompagné»

Des doigts de fées et des idées de génie… c’est déjà bien encore faut-il maintenant trouver un bon créneau puis se faire connaitre et vendre afin de pouvoir vivre de son activité.

C’est l’étape -délicate aussi- à venir pour Myriam Baudeigne. Pleine d’énergie et de talents, elle ne manque pas d’optimisme.

«Mes produits sont 100% de fabrication française et écolos. Je ne travaille qu’avec des producteurs de Midi-Pyrénées (la plupart des essences de bois viennent des Landes par exemple), même l’encre que j’utilise pour les sérigraphies (sur les vêtements et linges de maison) est bio et non toxique»

Pour l’usinage de ses meubles c’est pareil elle fait appel à une entreprise toulousaine.

«J’ai du mal à trouver des artisans locaux pour réaliser ce travail ou également pour assurer le transport mais je continue de rechercher un vrai partenaire»

Et puis, le nec plus ultra, ce qui n’est pas un vain mot lorsqu’on se targue de faire dans le design est que chaque pièce ou objet est unique.

«C’est le client qui via internet choisit ce qu’il veut. Je ne lance la fabrication qu’une fois la commande conclue»

Alors, en 4 semaines (c’est le temps qu’il faut compter en moyenne pour obtenir son produit) le client à au bout du compte un objet ou vêtement totalement personnalisé, écologique, fabriqué localement et toujours original.

Si elle a déjà ses premières commandes, Myriam attend avec impatience de voir quel sera l’impact du site internet qu’elle peaufine.

D’ici là, avec le soutien de l’Adie, régulièrement, elle fait le point, tire le bilan des opérations passées, échafaude de nouvelles stratégies pour demain.

Pour Diane, conseillère Adie, c’est déjà la plus importante des étapes qui s’est réalisée. Remettre sur les rails et donner envie d’entreprendre.

Par les temps qui courent, cette relation qui repose beaucoup sur une histoire de confiance est effectivement des plus fondamentales.

Plus d’infos:
Myriam Baudeigne – designer
www.monbeaudesign.fr
06.52.19.44.67

actualites Ariege
auteur: Py.M | publié le: 29/08/2012 | 18:15 | Lu: 10970 fois