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Un Team ariégeois en route pour le Dakar en Amérique du Sud
26/11/2012 | 17:00
© MidiNews 2012 - Crédit photos: Marc Mesplié

Bernard Chaubet, mécanicien textile en Pays d’Olmes, vit son rêve:

Le 5 janvier 2013 il sera sur la ligne de départ à Lima au Pérou pour la 34e édition du Paris-Dakar en Amérique du Sud, au volant de son Mitsubishi Pajero qui le conduira après 8000 km et 12 étapes, des interminables dunes du littoral Pacifique à la traversée de l’emblématique désert minéral d’Atacama au Chili sans oublier un passage dans la périlleuse Cordillère des Andes avant de redescendre vers Santiago du Chili.

Un véhicule repensé par ce mécano de génie sur lequel il a réalisé un tas d’aménagements techniques révolutionnaires.

Une passion pour le sport mécanique qu’il distille depuis une trentaine d’années, d’abord avec la moto puis la course auto en rentrant dans le monde très fermé du rallye automobile par la petite porte, celle des préparateurs de rallye.

Aujourd’hui «l’Ariégeois» s’est fait un nom dans la mécanique auto, ses prouesses l’ont conduit sur de nombreux rallye-raids (deux fois sur le Dakar en tant qu’assistant, la Tunisie, le Maroc, la Mauritanie, le Sénégal, l’Argentine, la Russie ou le Kazakhstan n’ont plus de secrets pour lui) en tant que mécanicien et copilote, avec un don dans les mains, reconnu par tous.

Il y a 35 ans que Bernard rêve au Dakar en tant que pilote mais ce rêve aurait pu tourner au cauchemar.

En effet au départ ce projet ne devait se réaliser qu’en 2014, avec à sa tête, Jean-Luc Roy, pilote, journaliste, fondateur de Motors TV et Christian Jansen, coordinateur, entrepreneur (d’où le nom du team: BJLC).

Mais concours de circonstances, ses deux complices sont obligés de déclarer forfait, l’Ariégeois se retrouve seul dans l’aventure avec 75 000 euros en moins.

Précisons que le rallye est un sport qui demande de gros moyens financiers et le Dakar une aventure onéreuse (il faut compter un budget global de 195 000 €).

Pourtant la voiture, après des centaines d’heures de travail, est prête et Bernard ne se voit pas renoncer si près du but.

Aussi, il décide d’aller à la pêche aux sponsors: Bruno Gilles, directeur de Leclerc Limoux est le premier à répondre favorablement, et les autres suivent, de Foix à Lavelanet, les dons affluent pour soutenir ce projet 100% ariégeois car entre temps, il a fallu trouver un autre co-pilote, c’est Thierry Latorre mécanicien à Cadarcet qui s’est piqué par l’aventure et les grands espaces:

«Malgré la crise que traverse le Pays d’Olmes, la solidarité s’est organisée et l’entre-aide a remarquablement fonctionné, entre les dons en nature (Olmes Auto nous a permis de partir avec 6000 € de pièces), l’argent des sponsors et l’emprunt de 20 000 € consenti par ma banque, nous avons presque réussi à boucler le budget.

Il faut cependant faire jouer la débrouille; ainsi nous avons lancé sur notre page Facebook la vente d’une ligne de T-shirts et de casquettes.

Nous n’avons pas le choix, il faut économiser; aussi nous n’aurons pas de mécano de substitution, nous ferons nous-mêmes après l’étape du soir les révisions et la mécanique, afin d’économiser sur les billets, nous partons le 31 décembre, le transport des pièces est effectué par le Team Nissan Dessoude, des copains, et ce sont les transports Barbe de Lavelanet qui ont acheminé la voiture au Havre la semaine dernière pour l’enregistrement.

Elle prend ensuite le bateau pendant un mois et une semaine, le transport du véhicule entre le Havre et Santiago revient à 25 000 €.

Il faut savoir que deux jours après le départ de la course, 35% des participants jettent l’éponge et qu’il faut compter 300 euros de gasoil par jour, là-bas tout est démesuré, il faut être passionné et avoir la foi
»

Et la foi, Bernard l’a. Avec cette aventure il place la barre très haut: «je veux savoir si j’en suis capable»

Mais au-delà de la performance, du dépassement et de l’aventure humaine qui le conduira du Pérou au Chili en passant par l’Argentine, c’est aussi une croisade personnelle.

Sur le toit  de la Mitsubishi il y a deux portraits, celui de Thierry un ami d’enfance qu’il vient de perdre, emporté par le cancer, et surtout celui de son fils, Stéphane tué dans un accident de la route en moto en 2003.

Un fils unique avec qui il partageait sa passion pour les sports mécaniques et pour qui il n’a pas encore vraiment fait son deuil: «c’est pour lui que je prends la route, il aurait rêvé de me voir partir»

Derrière ce Team ariégeois c’est tout un pays qui se mobilise, en espérant les retrouver à l’arrivée le 20 janvier à Santiago du Chili.


Pour aider le Team ariégeois:

Association Latitude09

Mail: [email protected]

Page Facebook: http://www.facebook.com/teambjlc
actualites Ariege
auteur: Laurence Cabrol | publié le: 26/11/2012 | 17:00 | Lu: 33717 fois