En créant leur entreprise de bâtiment durable, les jeunes du Lycée Bergès de Saint-Girons donnent du sens à leur orientation scolaire
Ils sont 46 élèves pour un total de 60 adhérents à avoir créé leur petite entreprise. En l’occurrence c’est sous la forme d’une structure associative qu’a vu le jour en fin d’année dernière Ariège Bâtiment Durable, à l’initiative des jeunes du Lycée des Métiers du Bâtiment et de l’Habitat dans le développement durable Aristide Bergès, et de leurs professeurs.
Une convention historique pour une opération exceptionnelle
«C’est une initiative formidable et une toute jeune entreprise qui a déjà un parcours intéressant» s’enflamme le proviseur de ce Lycée de Saint-Girons, Samir Ziane.
C’est dans le cadre d’un dispositif du ministère de l’Education Nationale «Schola Ingeniosa» mis en place pour développer l’esprit d’entreprendre, que s’est montée cette entreprise avec des élèves qui n’étaient alors qu’en fin de troisième.
Et assurément un esprit d’entreprendre communicatif puisque entre temps cette association a reçu dans le cadre du concours organisé en parallèle à ce dispositif, le premier prix à l’échelle de l’académie, soit des 8 départements pyrénéens.
Une démarche qui va valoir aux représentants de la toute jeune entreprise un voyage d’étude à Paris et une présentation officielle de l’expérience au Sénat.
Dans un contexte qui reste particulièrement morose pour le secteur du bâtiment, c’est donc avec la plus grande joie que Gérard Centenero, président de la Fédération Départementale du Bâtiment Ariégeois, est venu signer, en amont de l’assemblée générale prévue sur place, une convention officielle de partenariat qui va désormais lier l’organisation départementale avec le Lycée des Métiers Aristide Bergès représenté par le proviseur Samir Ziane.
«C’est la 1ère convention de partenariat de ce type signée entre un lycée et la Fédération, une convention historique pour une opération exceptionnelle» souligne le président de la fédération qui se dit «heureux de soutenir ainsi des jeunes en formation qui demain seront peut-être chez nous»
Donner du sens à un projet scolaire d’orientation professionnelle
Et le proviseur de soutenir que «cette opération permet de donner du sens car on oriente l’ensemble des enseignements généraux autour d’un projet professionnel, concret et pratique auquel adhèrent les jeunes et dans lequel ils s’investissent.
C’est un véritable chantier école dans lequel pendant toute la durée de leur scolarité, soit trois ans, ces jeunes qui sont maintenant en seconde vont faire évoluer leur entreprise.
Une entreprise structurée autour de présidents et vice-présidents, d’une direction et de différents services qu’il va falloir, gérer, développer, organiser pour planifier les chantiers et qu’il faudra ensuite transmettre lorsqu’ils auront fini leur cursus»
Déjà, il a fallu ouvrir un compte bancaire pour l’entreprise, émettre les premières factures tandis que les références de chantiers accomplis s’accumulent (à la papeterie de la Moulasse, au Lycée lui-même etc.).
Autour de leurs professeurs, quelques-uns des élèves emmenés par leur jeune directeur Pedro Mbengui ont présenté leur entreprise, devant leurs pairs et sous les oreilles attentives de leur parrain Didier Rouaix à la tête de la Scop Construction du Couserans.
«Nous avons été très attentifs à ne pas déstabiliser le marché et en imaginant une clause de non concurrence, explique Samir Ziane. Il s’agit avant tout d’une œuvre pédagogique»
Pour le professionnel, Didier Rouaix, «il s’agit au contraire d’une ouverture au monde de l’entreprise, une approche terrain concrète qui permet dans le cadre de ce qui reste un chantier-école d’entrevoir la vie de l’entreprise»
Ainsi, à l’occasion de chantiers qui restent à définir et planifier dans une semaine de cours déjà chargée, les jeunes de l’entreprise comptent apporter tous conseils, services et aide à la réalisation dans les domaines de la construction durable (économies d’énergie, éco-matériaux,
installation énergétique et climatique), vers les particuliers et les entreprises ou collectivités, de l’établissement de devis à l’utilisation de logiciels de modélisation en 3D jusqu’à la réalisation de gros œuvre, les finitions… ou la gestion et les démarches commerciales de prospection.
Une expérience concrète, inédite pour ces jeunes constructeurs de demain saluée par tous, fédération et Education Nationale, les élèves et leurs parents mais aussi les enseignants.
«Les élèves ont gagné en maturité, une réelle relation de confiance s’est établie, ils gèrent leur travail et s’impliquent assidument dans cette initiative. On remarque aussi que cela permet d’intéresser et mobiliser les nouveaux entrants dans nos domaines d’études, y compris ceux qui n’ont pas forcément choisi volontairement le secteur. Les retours sont spectaculaires»
En somme, une opération qui rapproche concrètement le monde de l’école de celui des entreprises, dans un secteur qui justement peine aussi à recruter, donc former, la main d’œuvre, qualifiée, de demain tandis que les techniques et les réglementations se complexifient en permanence.
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