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Oust: à l'approche d'un des seuls facteurs d'arcs de l'Ariège

© midinews 2013

«J’ai toujours aimé le tir à l’arc même si je ne le pratiquais pas forcément»

Puis à l’occasion d’un de ses virages dont la vie a le secret, voilà que Jean-Louis Rogalle, ébéniste depuis plus de vingt ans (après, déjà, une première reconversion, lui, qui fut employé dans les mines de Salau) s’est adonné plus avant dans sa passion jusqu’à ce que l’inévitable question se pose «pourquoi ne pas assouvir sa passion du bois avec celle du tir à l’arc»

Nouvel exemple de ce concept de formation tout au long de la vie, que lui, aura poussé un peu plus loin.

Jusqu’au Québec en l’occurrence où il part effectuer un stage longue durée chez un spécialiste, René Wright, maitre incontesté et reconnu de la facture d’arc qui lui enseigne sa pratique et lui transmet ses petits secrets comme les valeurs indissociables de la discipline. 

«Au Canada, comme au Québec, le tir à l’arc se pratique beaucoup et avec la chasse à l’arc notamment ce sont des disciplines d’excellence. Je suis tombé amoureux de cette pratique et de l’esprit qui va avec»

Alors, de retour en France il murit son projet encore quelques années, tout en s’adonnant à sa pratique puis en créant une association «Chasse à l’arc du Couserans» avec quelques amis passionnés, comme lui par le tir à l’arc, pour le loisir ou pour la chasse. Et depuis octobre de cette année, il s’est lancé, comme facteur d’arc, inscrit à la chambre des métiers, et réalise ses premières commandes dans son atelier spécialement aménagé chez lui à Oust.
Une patience toute artisanale pour la fabrique, ponctuée de 6 heures au four avant toutes les finitions et la personnalisation«Je travaille essentiellement avec des bois du pays, qui ont de bonnes propriétés et reviennent moins cher, comme l’if, le frêne, l’ormeau, ou encore l’acacia, explique le facteur d’arc. Je travaille essentiellement à la commande et réalise tout ici moi-même»

Des flèches jusqu’à leur empennage, aux cordes et bien sur l’arc proprement dit y compris ses accessoires comme le carquois, il réalise tout sur mesure en tenant compte du client, sa morphologie, sa force, le type de tir envisagé etc. qui sont autant d’éléments nécessaires pour fabriquer l’arc parfait (dans ses dimensions, l’allonge, la tension etc), sans compter les souhaits esthétiques.

«Je privilégie cette relation de proximité et ce contact car je pense qu’il est important pour un archer qu’il s’imprègne de son arc. Une vraie relation doit s’installer»

Lui qui explique garder de son passé d’ébéniste un gout pour «les lignes sobres et épurées, synonyme d’élégance»

Avec des formes standards soit environ 1,50 mètres pour une allonge de 28’’ (le fait de bander l’arc), le travail des différentes laminations de bois, complétées au besoin de fibre de carbone ou de verre, sans compter la fabrication des flèches adaptées vont déterminer la précision, l’efficacité et la puissance de l’arc, juste alchimie entre «la nervosité et la stabilité. Des arcs avec des bois exotiques, venus d’ailleurs, se commercialisent entre 700 et 1.400 euros. Je vends les miens entre 450 et 700 euros», confie Jean-Louis Rogalle
Un parcours 3D en projet
«La chasse à l’arc est autorisée depuis 1995 en France. Il convient d’avoir le permis puis de passer une journée de formation obligatoire pour chasser à l’arc, précise Jean-Louis Rogalle. Tous types de gibiers autorisés, selon certaines conditions peuvent être chassés à l’arc, explique encore ce dernier, mais dans cette chasse le but premier n’est pas de prélever un gibier à tout prix. La satisfaction réside avant tout dans le plaisir du prédateur à l’approche du gibier, décrit Jean-Louis Rogalle, sentir le vent, adopter la bonne technique d’approche, savoir se camoufler et passer inaperçu dans le décor.

Cela repose aussi sur une bonne connaissance des différents gibiers et des milieux naturels. De toute façon dans la chasse à l’arc, il ne faut tirer qu’à coup sûr, d’où l’importance de s’approcher à moins de dix mètres de sa proie, afin qu’elle n’ait ni stress ni montée d’adrénaline, bref qu’elle ne se doute de rien. Il y a un vrai respect du gibier dans cette forme de chasse ainsi qu’une communion avec les éléments naturels
»

En dehors de la chasse l’amateur ou le spécialiste aura aussi tout loisir de tirer sur des cibles en mousse voire de s’essayer à l’arc trap sur le principe du ball trap. Cependant pour Jean-Louis, le développement de son activité passe aussi à terme par l’offre de stage de fabrication d’arc sur une semaine dans des conditions qui restent à définir. Il souhaite aussi dans le cadre de son association proposer des stages de tir instinctif. Enfin, il a le projet avec les autres membres de l’association d’aménager un parcours en 3D avec des cibles d’animaux en mousse, si possible sur la commune d’Oust où il réside.

Maintes occasions de partager un état d’esprit propre à cette discipline toute particulière qui repose aussi beaucoup sur la concentration, voire même une certaine forme de méditation au milieu des éléments, dans la nature.

Archerie des Brumes à Oust
Jean-Louis Rogalle – Facteur d’Arc
06.32.54.41.57 – www.archeriedesbrumes.com

24/12/2013 - 16:24 | Lu: 28441 fois