Natura Mundi: la recette du succès d'une entreprise ariégeoise militante
Ce sont plusieurs tonnes de plantes en tout genre (120 variétés) qui transitent par le laboratoire installé depuis 2005 dans les jardins de Loubières, non loin de Foix.
Pourtant c'est sur les marchés de la région Midi-Pyrénées dans les années 90 que l'aventure a débuté pour Jean-François Astier, aujourd'hui directeur de Natura Mundi, une entreprise ariégeoise qui emploie près d'une quinzaine de salariés pour un chiffre d'affaire annuel de 1,5M€.
Ce biologiste de formation (naturopathe et passionné de plantes) y vend alors des produits naturels issus de l'herboristerie traditionnelle. Cette passion des plantes médicinales qu'il préfère d'ailleurs qualifier de «plantes de santé» le mène dans les Pyrénées où il découvre dans leur milieu naturel des espèces végétales curatives.
Il crée en 2005 Natura Mundi, une entreprise militante qui inscrit son action dans le sens du respect de l'environnement: en 2011 elle fut l'entreprise de vente à distance à utiliser des colis 100% écologiques (réalisés avec des produits recyclables bios ou naturels), la première a utiliser des voitures hybrides (en attendant de renouveler son parc avec de nouveaux modèles électriques) et une électricité garantie 100% renouvelable:
«Notre bilan économique est stable et notre bilan carbone s'améliore au fil des années, il représentait 130 tonnes équivalent carbone pour l'ensemble de notre activité en 2012, ce qui est relativement peu», précise le responsable de Natura Mundi qui base le développement de son entreprise sur trois piliers: l'économique, l'environnement et le social.Entre tradition et innovationsPionnier en matière de e-commerce, la société de Jean-François Astier compte aujourd'hui plus de 25 000 clients dans l'hexagone: «C'est pour répondre aux attentes de notre clientèle que nous avons développé la vente par correspondance dans les années 1990 avant de mettre en ligne un véritable catalogue. En 2005 avec la réglementation sur les compléments alimentaires j'ai saisi l'opportunité en créant Natura Mundi mais l'herboristerie et moi c'est une longue histoire»
Une histoire qui remonte à sa petite enfance où atteint d'une grave coqueluche, il est sauvé par des tisanes à bases de plantes. C'est à l'âge de 19 ans qu'il rentre pour la première fois dans une herboristerie et que nait cette passion qu'il cultive depuis plus de vingt-cinq ans.
Paradoxalement c'est une passion un peu compliquée à vivre en France car depuis 1941 (en plein régime de Vichy) la profession d'herboriste a été abolie et son diplôme supprimé. Ce sont les pharmaciens qui détiennent désormais le monopole de la vente et du conseil en matière médicale (un monopole géré par l'autorité européenne de sécurité des aliments, L'EFSA):
«C'est par souci de protection qu'à été créé ce monopole argumente Jean-François Astier. Chez Natura Mundi nous sommes sur des compléments alimentaires et pas sur des médicaments à base de plantes, en fait nous sommes dans le domaine du conseil hygiénique et alimentaire»Une entreprise militanteC’est dans les laboratoires de Loubières que les mélanges sont minutieusement réalisés: «Nous ne cultivons pas les plantes mais nos fournisseurs ainsi que la qualité de leurs productions sont soigneusement contrôlés. Après la récolte elles sont séchées, puis arrivent ici en vrac, coupées à la bonne taille (coupe CPM) avant d’élaborer les mélanges pour faire les tisanes.
Les huiles essentielles sont également assemblées en laboratoire et contrôlées, les cosmétiques et les gélules végétales sont fabriqués à l’extérieur. Notre objectif c’est de maîtriser les filières et d’avoir une relation privilégiée avec les producteurs tout en cherchant à réduire l’impact environnemental des produits que nous commercialisons»
Ainsi la rhodiola, une plante adaptogène aux vertus révolutionnaires (certains scientifiques l’ont appelée la révolution du XXIème siècle) cultivée dans les steppes de Sibérie.
Jean-François Astier localise en 2002 la première station de rhodiola dans les Pyrénées et la voyant menacée par le pâturage décide de tenter des essais de germination des graines. Après plusieurs années de tâtonnement il réussit à mettre en culture quelques plants en plein champ en nouant des partenariats avec des agriculteurs français. «Notre santé est importante et celle de la planète plus encore… nous militons pour un monde naturel»Transmission du savoir-faire de l’herboristerie traditionnelleL’herboristerie, un domaine où il est souvent difficile de suivre un cursus. Pourtant chaque année des centaines de personnes entament des formations non reconnues comme à l'école lyonnaise des plantes médicinale où l’on assiste à des cours de diététique, d'aromathérapie, de physiologie ou encore de botanique car il faut être en mesure de maîtriser toute la chaîne.
Jean-François Astier a créé l'Ecole Française d'Herboristerie basée à Loubières. L'enseignement proposé repose sur les méthodes FOAD (formation ouverte à distance): «C'est une école professionnelle ouverte aux gens qui ont une réelle motivation et un projet professionnel à la clé, la sélection se fait sur dossiers. En deux ans les candidats peuvent acquérir la maturité et les connaissances de base requises»
Jean-François Astier croit dur comme fer au retour de l'herboristerie, il a d’ailleurs lancé en avril 2013 le premier congrès des herboristes avec l’IPSN (Institut pour la protection de la santé naturelle) pour une reconnaissance du métier et pour aller au bout de ses convictions, il vient d’ouvrir avant Noël une herboristerie à Toulouse.Une boutique pilote au cœur de la ville roseAprès 56 ans d'absence c'est place Esquirol que Natura Mundi a implanté Le Nouvel Herbier, sa première herboristerie.
Parmi les 300 références que l'on peut trouver dans cette boutique (dont la plupart sont labélisées bio ou naturels), seulement des plantes de santé pour l'amélioration du bien-être des consommateurs: des tisanes calmantes, drainantes, antistress… des huiles essentielles, des cosmétiques ou des fleurs de Bach.
Ici on ne soigne pas de maladies, on participe à l’entretien du corps et on donne des conseils sur l’alimentation. Deux salariées sont formées dans le domaine de la nutrition et de la naturopathie, elles connaissent les plantes et leur usage physiologique. «J’utilise les plantes depuis cinquante ans, explique cette retraitée originaire de St-Gaudens. Quand j’ai appris l’ouverture de ce commerce j’ai applaudie des deux mains. Ici c’est très accueillant, il y a un choix de produits extraordinaire et on est très bien reçu»
Enfin fidèle à la philosophie de l’ensemble de ses activités, Jean-François Astier a souhaité que le Nouvel Herbier se distingue avec une éthique environnementale forte: mobilier labellisé PEFC et éclairage à LED à très basse consommation.
«Dans cette boutique l’électricité est garantie énergie renouvelable par Enercoop. Nous avons fait le choix pour des raisons de bon sens d’utiliser l’éclairage à LED, il chauffe peu et qui dit un éclairage qui chauffe peu, dit en été une climatisation légère et une faible consommation électrique… nous n’avons pas besoin de faire appel à des ressources qui peuvent servir à autre chose»
A l’entrée de la boutique, en guise d’hommage à tous les herboristes qui depuis le Moyen-âge transmettent leur savoir des plantes, une reproduction du «Grand Herbier» le premier livre en français du XVIe siècle qui décrit précisément 150 plantes et leurs vertus, est posée sur un lutrin. L’original est conservé dans la bibliothèque de Natura Mundi auprès des plus de quatre mille ouvrages de référence sur cette thématique.
«C’est une boutique pilote, si elle nous donne pleine satisfaction, nous pourrons dupliquer ce modèle dans d’autres ville de France» précise ce chef d’entreprise visionnaire.
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