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Retour de l'Ironman sur ses terres ariégeoises
31/10/2012 | 19:19
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triathlon Olivier est désormais un «Ironman»

Après avoir décroché la lune à Hawaï, arrivant au terme de l'épreuve de chamionnat du monde de triathlon, Olivier Silvestre est de retour en terre ariégeoise.

Il nous raconte cette belle aventure:

«Quinze jours se sont déjà passés depuis notre périple au bout du monde.

Je ne vous cache que c'est avec un peu de nostalgie que nous avons quitté les terres volcaniques hawaiiennes.

Mais tout de même très heureux de retrouver notre pays et plus particulièrement l'Ariège où il fait bon vivre et manger.

Je vais revenir sur cette semaine qui précéda ce samedi 13 octobre 2012.Une semaine qui restera graver dans ma mémoire comme un moment fort de sport mais aussi une tranche de vie dans une carrière d'un triathlète amateur.

Hawaii... Archipel de 8 îles, perdu au beau milieu du pacifique, à environ 4000 kms de la côte ouest de l’Amérique du nord et 6000 kms du continent asiatique, Big Island la bien nommée est le lieu de rendez-vous des triathlètes professionnels et amateurs qui se sont qualifiés sur la trentaine d'épreuves de part le monde que compte le circuit Ironman.

Avant tout un peu d’histoire, ce triathlon longue distance est organisé sous l’égide de la ligue WTC (world triathlon corporation), il est considéré comme le championnat du monde sur ce type de distance.

Il se déroule chaque année dans la ville de Kona située au sud-ouest de l'île. Aussi populaire et médiatisé que le basket, le baseball ou encore le football américain, cette épreuve est le grand rendez-vous sportif de ce mois d'octobre aux Etats Unis.

Pendant la quinzaine de jours qui précède la compétition, chaque magasin de souvenirs, de vêtements ou encore restaurants se mettent au diapason de l'évènement.

Les affiches, banderoles, casquettes, tee-shirts aux couleurs «Ironman» ou bannières des partenaires vous rappellent à chaque instant que vous allez participer à une manifestation hors du commun.

Pour ceux qui me connaissent, je suis plutôt d'un naturel discret et objectif; croyez-moi, c'est un truc de fou!

Au-delà du sport, je retiendrai que le triathlon, c'est aussi l'opportunité de voir des lieux et des paysages insoupçonnés, de découvrir une culture ou une gastronomie différente (pas la meilleure à mon goût), mais aussi de rencontrer des personnes venant d’horizons divers.

C’est avec beaucoup d’interrogation que j’ai posé le pied sur cette terre. Je savais que ce petit coin de paradis pourrait tout aussi bien se transformer en enfer en cours de route...

Quelle serait l’incidence de la blessure contractée quatre semaines auparavant sur le déroulement de la course? Cette question m’a obsédé toute la semaine jusqu’au départ; plombant par là même l’ambiance au sein de notre petit groupe.

Toute la stratégie que j’avais imaginée depuis de long mois était à revoir. Je devais reprogrammer les séquences de mon cerveau pour réaliser une course sage et éliminer toute perspective de performance chronométrique.

Jour J, levé à 3h30 du matin, la journée débute par un petit déjeuner frugal comme d’habitude dans ce genre d’épreuve.

La première navette qui nous emmène sur la zone de départ est prévue à 4h30.

Notre petite équipe est enfin prête, nous descendons par l’ascenseur les 4 étages de l’immeuble; quand celui-ci décide de mettre en sécurité entre le 2ème et le 3ème étage, alors panique à bord...

Décidément, je me dis que la malchance me poursuit! Après 1 minute de réflexion, nous décidons de débloquer les portes manuellement et sautons sur le palier du 2ème étage…

Ouf, la navette n’est pas partie… Nous arrivons au «pier», dernier encouragement, dernier bisou…

Je me dirige vers le marquage, les bénévoles ont le sourire, l’ambiance est bonne enfant.

Je finis de préparer mon vélo, mise en place des bidons et des barres énergétiques, contrôle de la pression des pneus comme les 2100 triathlètes présents.

Avant que le jour se lève, je profite de l’instant, j’aperçois Laurent Jalabert à une dizaine de mètres à ma gauche; je me rapproche des Triathlètes professionnels.

Certains ont le visage fermé, d’autres plaisantent; à chacun sa méthode pour oublier que nous allons prendre part à une course importante dans le microcosme tri athlétique.

Le départ approche, les hauts parleurs donnent de la voix, des milliers de personnes se sont amassées sur la jetée du bord de mer.

Les Pros sont déjà dans l’eau, le coup de canon est donné à 6h30 et une demi-heure plus tard, il retentira pour les groupes d’âge.

Je me mets à l’eau pour prendre la température (24°C) que du bonheur. Avant de partir, j’ai une petite pensée pour les personnes présentes mais aussi pour les autres absents…

7h00, c’est parti, je suis plutôt à l’aise sans combinaison néoprène. Mais sans m’en apercevoir j’y laisse un peu d’énergie et je marque le pas dans les 800 derniers mètres.

La tente de transition natation vélo est un peu exiguë, je dois m’assoir sur le sol pour me changer et comme à mon habitude elle est un peu lente 5 minutes.

Les spectateurs et les bénévoles sont omni présents et encouragent tous les concurrents.

Dès les premiers tours de pédales, je sais d’ores et déjà que la journée va être longue. Cela se confirme au fur et à mesure que les longues lignes droites de bitumes surchauffées par un soleil de plomb se déroulent sous mes roues.

Bienvenue aux portes de l’enfer! Si ce n’est pas le cas, cela y ressemble, le vent qui avait été modéré tout au long de la semaine, a décidé d’être de la partie mais pas pour nous aider…

Vu qu’il est de face à l’aller, il sera favorable au retour. Que nenni, il décide lui aussi de faire demi-tour; je dois réviser mes cours d’aérologie…

Enfin de retour sur le «Pier» à Kona vers 14 heures, la transition se déroule normalement.

Les premiers kilomètres du marathon et la remontée sur «Alii Drive Avenue» sont très difficiles, le doute s’installe.

Les idées noires commencent à se manifester dans ma tête. Il faut réagir et prendre des décisions: assurer les ravitaillements et marcher dans les parties montantes.

Le but final est de franchir la ligne d’arrivée quelles que soient les difficultés. Même avec un rythme moyen, je me surprends à dépasser des triathlètes en «perditions»

La mi-course arrive, la portion où la course peut se jouer en bien ou en mal. Un aller-retour de 20 kms sur une route large et droite sans ombre.

«Energie Lab» partie mythique où des précédents triathlons d’Hawaii se sont gagnés mais aussi perdus.

Pour ma part, ce n’est qu’une question de survie, mon but est de venir à bout de cette ligne droite interminable.

Le soleil est bas sur l’horizon, il me reste que quelques miles à parcourir. Je savoure déjà mon retour dans la ville de Kona, les spectateurs vous encouragent: «Good job, Congratulations» me crient ils au détour des rues qui nous ramènent sur Alii Drive.

La Ligne droite m’apparait éclairée par les projecteurs, je cherche du regard Claire, Véro et Alain. Etant donné la ferveur et le nombre de gens, je ne les vois pas mais je les entends…

Je prends le temps de m’arrêter un bref instant pour les prendre dans mes bras.

Je franchis le portique: «You are an Ironman» lance au micro pour la 1000ème fois le commentateur.

Et voilà, je suis «finisher» du légendaire Triathlon d’Hawaii… mais aussi pour la 6ème fois ce type d’épreuve.

Je voudrais remercier pour leurs confiances, Patrice et son équipe de Cycles Passion à Pamiers, Robert, Nicole et Alain(mon compère et ami) de Running Toulouse Pamiers, Franck de Audi Scala Pamiers et les membres du bureau de mon club Ariège Pyrénées Triathlon. Véro (épouse d’Alain), mon amie, traductrice et organisatrice de voyage «hors pair»!

Mais aussi Manu de ED Sport pour ces conseils avisés et ces plans d’entrainements «aux petits oignons»

Sans oublier ma famille, Zoé, les Kiné Ostéopathes Lionel, Claude et Jean-Michel ainsi que mes amis sportifs ou pas qui m’ont témoigné leurs soutiens par les divers messages reçu sur les réseaux sociaux.

Mais «la palme» revient toutefois à mon épouse Claire et à mon fils Yann (malheureusement resté en France… pour cette fois!) qui ont toujours été à mes côtés dans les bons mais également dans les mauvais moments
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publié le: 31/10/2012 | 19:19 | Lu: 9471 fois