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Une saison de rugby derrière les poteaux: le syndrome du match à l'extérieur

© midinews 2013

Un match à l’extérieur est dans l’inconscient du sportif, parfois, une défaite annoncée. Le fameux match en déplacement...

Autant l’équipe qui reçoit va pouvoir se transcender devant son public, parce que dans son jardin, autant l’équipe adverse va sans le vouloir, hésiter, se sentir fragile, sans ses repères habituels.

Alors, si par un concours de circonstances exceptionnel, les visiteurs arrivent à gagner la partie, le fameux match à l’extérieur est qualifié d’exploit.

Dans tous les cas de figure, le mental y est pour beaucoup. Il est vrai que préparer le match dans son stade, se changer dans ses vestiaires, jouer sur son terrain, devant son public, s’avère être un rituel rassurant.

A l’inverse arriver en terre adverse, sans réel repère et devant un public quelque peu hostile peut être déstabilisant...

La vieille blessure qui se réveille au mauvais moment, la maladie subite, la grand-mère pas trop en forme, le mal des transports sont autant d’excuses, prétextes et autres arguments invoqués pour éviter quelques voyages à risques...

Prades, Thuir, Banyuls, pour ne citer que celles-là sont des destinations prisées en juillet et août. Le folklore catalan, la mer, le soleil...

Le folklore est tout autre en novembre ou décembre, surtout lorsqu’il faut s’en aller défier les autochtones du coin, un ballon ovale à la main...

C’est le genre de date à cocher pour par exemple aller rendre visite à un vieil oncle mourant dans le Nord de la France...

A l’autre bout des Pyrénées, c’est du même tonneau. Nos amis basques nous enchantent à longueur d’année.  Leurs chants sont repris lors de troisièmes mi-temps. Par contre quand il faut aller y jouer, la musique n’est pas la même...

Lulu et Léo ont joué de nombreux matchs y compris en déplacement. «A la maison la consigne était simple. Interdit de perdre... Et comme nos adversaires devaient avoir exactement la même, tu comprends mieux la difficulté d’aller gagner à l’extérieur»

«Surtout qu’à la maison nous n’étions pas très faciles à manœuvrer... Je me souviens d’un derby remporté par Tarascon au Moulin Neuf... L’adversaire nous avait promis un retour d’enfer. Le jour J nous présentons une équipe amoindrie et nos hôtes, un terrain en partie gelé.

J’étais capitaine,
se souvient Lulu. Persuadé de prendre une rouste, j’ai réussi à convaincre l’arbitre de déclarer le terrain impraticable au grand dam de nos adversaires du jour... le match a été remis, ce qui nous a permis de revenir un peu plus tard et un peu plus équipés»

«Une autre fois, à la maison, nous avions fait des misères à une équipe des Hautes-Pyrénées... le retour s’annonçait particulièrement difficile. Effectivement nous en avions pris 60... Dans un regroupement, le capitaine adverse me lance: "Oh Robin des Bois, t’es pas venu avec tes copains aujourd’hui ?"»

«Dans le Couserans c’est pareil. Un vieux proverbe couserannais dit que le Sporting perd une grande partie de ses moyens sitôt la barrière de St Lizier passée...»

D’ailleurs, le train n’arrive plus à la gare de la capitale couserannaise depuis belle lurette... En fait chaque club a, à l’instar de St Girons, sa «barrière de St Lizier»

Samedi, nos cadets et juniors sont partis jouer à Rabastens. Il y avait pas mal de sièges vides dans le bus. Ils ont certainement perdu une partie de leurs moyens non loin de Bompas.

Après deux bons débuts de matchs, nos jeunes à effectif très tendu ont lâché peu à peu l’emprise et ont perdu leurs deux rencontres sur des scores assez lourds.

Comme chaque fois, la faute ne revient pas complètement à ceux qui ont fait le déplacement...

Ils s’appellent Sacha, Benjamin, Dylan, Jordan, Romu, Théo... ils ont entre 15 et 19 ans. Ils ont un point commun, ils jouent tous au rugby, en cadets et juniors à l’US Tarascon XV.
Nous avons choisi de les suivre tout au long de la saison en partageant avec eux leurs passions, leurs joies, leurs émotions et peut-être leurs peines aussi. Nous les retrouverons donc chaque semaine en compagnie de leur staff pour vivre de l’intérieur leur saison de rugby à eux, avec évidemment toutes les anecdotes qui vont jalonner leur quotidien, leurs entraînements, leurs matchs... Bref nous dévoilerons un peu de leur vie dans cette chronique hebdomadaire.

04/12/2013 - 18:25 | Lu: 12165 fois