Tribunal correctionnel de Foix: à 19 ans, il fonce sur un policier et prend la fuite

© midinews (archives)
Vingt-six personnes, hommes et femmes, tous âges confondus, ont comparu cet après-midi devant le tribunal correctionnel de Foix pour répondre de délits routiers (alcool, stups, permis, assurance...).
Pour quelques-uns, une première expérience de la justice ; pour d’autres, des conducteurs en récidive, une comparution à plus haut risque... Extraits:
Claude Cozar: Alcool, stups, sans permis... il faut pallier à ces errements
P., 64 ans a comparu pour «récidive de conduite sous l’empire d’un état alcoolique».
Sous curatelle renforcée, l’Appaméen a provoqué un accident matériel à Foix le 19 octobre 2014 alors que son permis de conduire était suspendu, suite à une décision administrative et qu’apparemment il roulait bien trop vite.
Son avocate, Me Nicole Dumas, a demandé un report afin que le Dr Lazzaro puisse procéder à une expertise psychiatrique du prévenu.
Demande accordée, car «de droit», par la présidente, Isabelle de Combette de Caumon. Le procès a été ajourné au 26 mai prochain.
R., était poursuivi pour «conduite d’un véhicule malgré une interdiction administrative ou judiciaire».
Le 13 juillet 2014, R., était interpellé dans l’Aude après un déjeuner arrosé en famille. Son permis lui était retiré.
Le 15 octobre 2014, alors qu’il conduisait un camion-benne, un conducteur ivre venait le percuter, route de Toulouse à Pamiers. Durant les constatations, les policiers s’apercevaient que le prévenu roulait sans permis. R., était artisan terrassier.
Suite à cet accident, il perdait son job (n’ayant toujours pas touché de dommages de son assureur), peu après sa compagne. Un double coup dur pour cet homme qui se retrouvait à la rue du jour au lendemain. Peu de temps néanmoins, car un oncle le prenait alors sous son aile.
Depuis, il travaille à Toulouse comme commercial et dit regretter avoir conduit sans permis. «Une mauvaise décision», contre laquelle (et pour l’autre fait aussi — les deux affaires ayant été jointes) le vice-procureur a requis 3 mois avec sursis, 4 mois de suspension de permis et une contravention de 100 €, rappelant que les «morts dus aux délits routiers sont en augmentation et qu’il fallait palier à ces errements».
En défense, Me Plais-Thomas a plaidé la clémence, rappelant que son client avait tout perdu lors de l’accident.
Quant au premier délit, l’alcool, l’avocate a indiqué que R., n’était pas alcolo dépendant. Le prévenu a été condamné à 1 mois avec sursis, 4 mois suspension de permis et 30 € pour la contravention connexe (contrôle technique).
S., et son cousin ont été interpellés le 1er octobre 2014 à l’Hospitalet. Le cousin, conducteur du véhicule était conduit au poste d’Ax, car il circulait sous l’empire d’un état alcoolique. Sa voiture était immobilisée.
Une heure plus tard, S., qui était toujours dans la voiture de son cousin, décide de gagner Ax-les-Thermes pour s’enquérir de ce dernier, après avoir bu beaucoup d’eau pour tenter d’éliminer l’alcool...
Mal lui en a pris, car la jeune femme dont l’état d’ivresse (0,80 g) avait été constaté par les gendarmes se fait également arrêter. Mauvais choix, car la prévenue est désormais en récidive légale ayant été condamnée pour les mêmes faits en juin 2012 à Toulouse.
Après avoir requis 3 mois avec sursis, 100 € amende pour le véhicule immobilisé, le vice-procureur lui a indiqué que l’alcool mettait beaucoup de temps à s’éliminer, «en matière de stups c’est encore pire, il faut plusieurs jours» a-t-il glissé.
Me Stéphane Fabbri a plaidé pour «une erreur d’appréciation, pour une femme honnête et sincère ne pensant pas avoir un taux aussi élevé», avant de rajouter «quant à l’immobilisation de la voiture elle n’était pas au courant, les gendarmes ont prévenu son cousin alors que ce dernier était déjà dans le fourgon».
Dont acte. S., a été condamnée à 3 mois avec sursis, 100 € d’amende et interdiction de repasser son permis avant un mois.
À 19 ans, il fonce sur un policier et prend la fuite
Pamiers, avenue de Foix, le 23 septembre 2014 à 0 h 45. Lors d’un banal contrôle routier mis en place par les fonctionnaires de police, le conducteur d’un véhicule fait semblant de ralentir, avant de prendre la voie de gauche et d’accélérer, obligeant un des policiers a sauté sur le bas-côté pour éviter un choc.
Dans la voiture trois individus. Une course poursuite s’engage en direction de Varilhes. Un peu plus loin, le fuyard perd le contrôle de sa voiture qui atterrit dans le fossé.
Un des passagers sort de l’automobile avec un couteau à la main en menaçant les fonctionnaires de police. Il était gazé avant d’être interpellé et menotté. Nos trois lascars étaient ensuite conduits au commissariat et placés en garde à vue.
Au sortir de leurs auditions, ils étaient remis en liberté. Le détenteur du couteau était convoqué devant l’éducateur de protection judiciaire. Le conducteur était donc jugé aujourd’hui.
A., tout juste 19 ans, avait fumé quelques joints ce soir-là. Se disant fumeur occasionnel, il a expliqué «avoir eu peur. Il ne sait pas ce qui lui a pris», et regrette profondément son geste.
«Un geste, des faits qui auraient pu être bien plus graves», lui glisse la présidente, lui rappelant que le policier a eu juste le temps de sauter pour ne pas être percuté... Ce policier s’est constitué partie civile «pour préjudice moral». Il a «craint pour sa vie», souligne Me de Meyer, demandant 500 € de dommages et intérêts, plus 500 € pour les frais de justice.
Au Parquet, Claude Cozar a martelé: «les policiers ne sont pas des cibles».
«On se demande jeune homme ce qui a pu vous passer par la tête pour foncer sur deux fonctionnaires... ça dépasse mon imagination». Du fait du casier judiciaire vierge du prévenu, Claude Cozar a requis 6 mois avec sursis et mise à l’épreuve durant deux ans, obligation de travailler et de soins.
Et confirmation de l’annulation par la Préfecture du permis de conduire (annulation qui court jusqu’en mars).
En défense Me Fabbri a parlé «de l’archétype d’une erreur de jeunesse». Plaidant pour «un repentir sincère», l’avocat a poursuivi: «il avait fumé ce soir-là, et il a pris la mauvaise décision sans mesurer la gravité de ses actes et leurs conséquences».
A. a été condamné à 4 mois avec sursis, obligation d’accomplir dans un délai de 18 mois, un travail d’intérêt général de 100 h ; il devra de plus verser 400 € de dommages et intérêts au policier, plus 400 € pour ses frais de justice.
dans la même rubrique
- Pamiers: disparition inquiétante de Sylvie Tournier
- Une semaine de faits divers en Ariège
- Foix: saoul il est interpellé en train de taguer des poubelles
- Tribunal correctionnel: le procès du banquier reporté à l'automne
- Évasion de la prison de Foix: Tarik El Mansouri a été placé en détention provisoire à Seysses, Alim Salim est toujours en cavale
- Tribunal correctionnel: le père reconnu coupable d'agression sexuelle
- Tribunal correctionnel de Foix: huit jeunes Saverdunois condamnés après «une nuit de violence sur fond de racisme»
- Une semaine de faits divers en Ariège
- Evasion à la prison de Foix: la police lance un appel à témoins
- Évasion à la maison d'arrêt de Foix: l'un des détenus court toujours, l'autre a été placé en garde à vue
- Basse-Ariège: les soldats du feu sur tous les fronts
- Une semaine de faits divers en Ariège
- Port de Lers: des clous jetés sur la chaussée avant le passage du Tour de France
- Varilhes: un incendie ravage 5 hectares de broussailles
- Pamiers: il se disait agressé, il a été interpellé pour violences conjugales
- Lézat-sur-Lèze: un Lézatois placé en détention pour des faits d'agressions sexuelles




