La 2EI: un leader de la transition énergétique avec des concepts intégrés nouvelle génération

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La COP21 vient de se refermer. Beaucoup de battage médiatique et de belles intentions fixées dans le marbre de «l’accord de Paris pour le climat».

Le tapis vert est roulé, mais à Tarascon/Ariège dans les ateliers de l’entreprise 2EI (un satellite du groupe CEM) créée par la famille Estèbe, spécialisée dans les métiers de l’électricité ainsi qu’en mécanique et chaudronnerie industrielle, les techniciens s’activent à assembler une turbine dernière génération.

Un savoir-faire qui s’exporte au-delà des frontières du département et qui prouve que le territoire a encore un tissu industriel performant pour relever le défi énergétique de la planète.

La 2EI dont l’énergie hydroélectrique constitue 60% de son activité réalise une centrale neuve chaque année si bien que l’entreprise ariégeoise revendique son statut atypique d’intégrateur de solutions techniques complètes.

Aujourd’hui elle emploie près de 80 salariés dans quatre activités différentes (à la fois les métiers de l’électricité, la tôlerie, la chaudronnerie en Ariège et le bobinage à Toulouse) pour un chiffre d’affaires de 11 M€.

Une croissance liée au développement des énergies renouvelables et à 50 ans d’expérience en électricité industrielle, notamment dans le secteur hydroélectrique. Sur le site chaudronnerie de Tarascon l’ingénierie et l’expertise de ces ingénieurs et techniciens, est sollicitée d’abord en 4D sur les écrans des ordinateurs avant de prendre forme dans l’acier.

«Nous sommes ici sur un cas concret, puisqu’il s’agit de la rénovation de la centrale hydroélectrique de Saverdun, explique Thierry Sauvaitre, ingénieur à la 2EI.

En répondant à cette consultation, nous avons dû relever deux défis. Tout d’abord la continuité écologique du barrage à restaurer sur l´Ariège, ensuite l’évolution de puissance de la centrale en place.

De la conception sur ordinateur à la réalisation en atelier jusqu’à l’installation et la maintenance et l’entretien, nous maîtrisons toute la chaîne
».

Qui dit continuité écologique dit passage des poissons qui peuplent le cours d’eau: espacement des grilles, installation d’exutoire et de goulottes permettant aux poissons de passer d’amont en aval et vice-versa.

«L’installation d’une turbine Dive constitue une bonne réponse pour une petite centrale en zone urbaine, car étant immergée elle est intégrée au paysage tout en assurant les meilleurs rendements du marché».
La haute technologie au service de l’environnement
Les travaux ont débuté le mois dernier et ce chantier représente 5 000 heures de travail. Dans les ateliers de vastes pièces en acier sont assemblées et peintes.

«Il s’agit de haute technologie, précise l’ingénieur. L’évolution technique est importante, on transforme l’énergie en électricité en utilisant les dernières innovations.

L’électronique de puissance, plus fiable et plus rentable remplace les solutions mécaniques. Au final ce sont des solutions plus performantes, des coûts d’exploitation et d’intendance plus faibles pour une énergie plus compétitive
».

Les pièces mécaniques de la Dive (grilles, panneaux, vannes et clapet, turbine, générateur) pèsent plusieurs tonnes «les pièces sont réalisées ici et nous procèderons à l’installation des modules à partir de janvier 2016, précise Thierry Parrot, responsable du site chaudronnerie. Il faudra un gros travail de génie civil pour fixer tous ces éléments en acier peint».

 

Cette installation permet de produire 1 MW soit 3 000 MWh pour un investissement de 1,9 M€.

Et c’est à Saverdun que l’on touche du doigt la réalité de ce chantier de titans. Une grue de 100 tonnes et une vingtaine d’ouvriers s’activent en bordure de rivière. Sur place Philippe Ruffat, directeur de la régie électrique municipale suit de près les nouveaux aménagements.

«Nous avons créé une continuité migratoire piscicole avec une passe à poissons installée côté berge permettant une montée sur l’aval puis la dévalaison. Nous travaillons en relation avec le SPEMA et l’ONEMA, c’est eux qui ont validé ce projet».

Un projet qui vise à remplacer l’ancienne centrale à deux turbines Francis installée dans les années 1920 et qui a très bien fonctionné jusqu’au mois d’octobre, date du début des travaux, par cette centrale intégrée attendue dans une fosse de 10 m.

«Dans le cadre de cette opération globale, la régie a voulu optimiser le débit de l’Ariège, 30m3/seconde d’eau seront captés et dans le cadre de la restriction du débit réservé nous aurons un débit de 0,7m3/s.

Côté technique la capacité de production est accrue ainsi que la puissance des machines installées (800Kw)... Nous avons doublé la capacité de puissance permettant de desservir de 1 000 à 1 500 clients qui seront desservis par cette centrale
».

Elle devrait après huit mois de travaux, être opérationnelle au printemps 2016. Cette opération est estimée à 3 M€.

Laurence Cabrol | 15/12/2015 - 19:04 | Lu: 28982 fois