Des citoyens assesseurs jugent une affaire d'agression sexuelle au tribunal correctionnel de Foix
10/01/2012 | 19:40
© MidiNews 2012

R.L s’est présenté libre à la barre du tribunal correctionnel de Foix où il comparaissait pour «agression sexuelle sur un mineur de plus de quinze ans par une personne ayant autorité sur la victime»

Des faits commis le 1er juillet 1998 à Seix.

Voici 12 ans, R.L ramenait d’Alsace en Couserans (où il habite une partie de l’année), le demi-frère de son ex compagne. Le prévenu fatigué par son trajet proposait alors à X de dormir chez lui.

12 ans après l’agression, X se rendait à la gendarmerie.

Après une tentative de suicide aux médicaments, le jeune homme avouait son agression à sa demi-sœur qui lui conseillait alors de déposer plainte.

X livrera un témoignage haché, «je me souviens m’être assis dans le lit, il s’est assis à côté de moi, nu avec le sexe en érection; j’avais jamais embrassé de filles»

A l’époque l’enfant avait 13-14 ans. «J’ai senti une main qui a commencé à me toucher; je me souviens qu’il avait de grandes mains.

Il a dû faire 1 ou 2 va et vient; je me souviens m’être défendu, je ne savais pas ce qui m’arrivait
»

Suite à cette déposition, R.L est interpellé, placé en garde à vue. Il déclarait aux gendarmes: «avoir eu une pulsion mal contrôlée, un geste que je n’aurai pas dû avoir»

La personnalité de R.L sera passée au crible au travers des diverses auditions des témoins.


D’abord la demi-sœur de X. Cette dernière rencontre le prévenu à l’âge de 14 ans, lui en à 30.

La jeune femme avoue des relations sexuelles avec lui et, alors âgée de 16 ans, s’installe à son domicile .

Elle raconte: «j’ai rompu avec lui quand j’ai appris qu’il avait eu des relations avec ma sœur jumelle de 19 ans»

Selon la jeune femme «il aurait eu des relations avec des hommes à notre domicile»

Dans son rapport, le psychiatre décrit «une personnalité plutôt rigide; il dit reconnaître les faits et avoir dérapé»

Le médecin parle d’une «personne souffrant de névrose narcissique, éprouvant des difficultés à vivre auprès de ses différentes compagnes.

Le suspect présente des attitudes dominatrices, mais n’a pas de pathologie de type pédophile
»

R.L déclarait lors de son interpellation «être hétéro et ne pas être attiré par les mineurs; mais avouait des relations homosexuelles épisodiques»

A la barre, R.L n’a pas grand-chose à ajouter. Il nie avoir drogué le jeune garçon qui se souvient d’un mal au dos persistant.

«Je ne suis pas d’accord avec le terme de masturbation; j’ai tenté une approche sexuelle; je me rappelle une caresse, mais voila, je suis redescendu sur terre rapidement»

Pas de confrontation dans ce dossier, pas d’examen psychologique de la victime.

Au ministère public, Marilyn Blanc brossera le portrait de X et de «cet événement qui l’a traumatisé. Cet enfant a gardé le secret durant des années.

Il éprouve des réticences à parler, a beaucoup de mal a restituer le détail de cette agression.

Il a été confronté à un état de stress, de sidération par cet adulte qui l’a considérablement effrayé.

Il a eu peur de ce sexe en érection, de cet homme qui l’a masturbé […] ensuite c’est le trou noir
»

Le substitut parlera ensuite du prévenu: «nous avons dans cette affaire un homme lisse et adapté.

Néanmoins, une personne qui a connu une certaine instabilité, une personne caractérielle avec volonté de domination.

Si on considère qu’il n’est pas pédophile, il a peut-être recherché dans cette agression sexuelle cette domination qu’il affectionne dans ses rapports aux autres
»

Le Ministère public demandera à ce que R.L soit reconnu coupable et requerra 18 mois d’emprisonnement avec sursis, mise à l’épreuve et suivi de soins.

L’avocat soulignera «la difficulté de tels dossiers à quelques encablures d’une prescription. Il faut se garder de dire que la victime dit la vérité; R.L a admis un geste déplacé, il ne minimise pas les faits»

Maître Dedieu conclura: «ce qu'il s’est passé ce jour là c’est une altération du discernement»

Après environ une demi-heure de délibérés, juges professionnels et citoyens assesseurs reconnaîtront R.L coupable des faits reprochés et le condamneront à 8 mois de prison avec sursis assortis d’une obligation de soins durant 18 mois.

Interdiction lui étant faite de rentrer en relation avec sa victime.

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auteur: NR | publié le: 10/01/2012 | 19:40 | Lu: 7562 fois