Pamiers: un an de prison ferme pour deux poubelles incendiées
12/01/2012 | 20:08
© MidiNews (archives)

Un an de prison ferme, c'est la peine prononcée mardi par les juges du tribunal correctionnel de Foix pour l'incendie de deux containers-poubelles, durant la nuit du 5 au 6 janvier dernier en centre ville de Pamiers.

Cette seconde affaire voyait comparaitre un détenu encadré de deux gendarmes. F.V bientôt 25 ans, originaire de l'Essonne, était jugé pour «destruction de biens d'autrui par un moyen dangereux pour les personnes en récidive»

Rapidement interpellé puis placé en garde à vue, le jeune homme reconnaissait les faits, à savoir l'incendie de deux containers-poubelles appartenant au SMECTOM qui s'est porté partie civile et sollicite 1800€ de dommages et intérêts.

Devant le tribunal, F.V n'a pas nié les faits, les justifiant par un mal-être personnel: «J'en ai assez» a-t-il expliqué, disant: «j'en veux à la société, depuis ma dernière incarcération j'ai fait tout ce que j'ai pu... mais je n'y arrive pas»

Deuxième d'une fratrie de sept enfants, le jeune homme a été placé dès l'âge de 8 ans, jusqu'à sa majorité, en famille d'accueil ou foyers.

«J'ai mal supporté les fêtes. Je n'ai pas de travail, pas de logement, pas d'aide. Je n'ai même pas droit au RSA à cause de mon âge»

Carreleur, F.V ne trouve pas d'emploi, pour le dernier il n'aurait pas été payé.

«Depuis mes 18 ans, on ne m'a que rarement tendu la main. Quand je suis sorti de la Dass, j'ai du me débrouiller»


«La justice vous a tendu la main, vous avez mis en échec deux peines alternatives» souligne la présidente du tribunal, Isabelle de Combettes de Caumon.

Au ministère public, Marilyne Blanc décrit «un jeune en voie de marginalisation qui a des troubles de la personnalité, rejetant la responsabilité de ses malheurs sur la société qui ne lui vient pas en aide»

Elle requerra une peine plancher, une peine minimale de 4 ans dont 30 mois avec sursis (dans les faits 18 mois de prison ferme), mise à l'épreuve et suivi du service de probation avec obligation de formation.

Me Marie-Claude Guitard, avocate, parle pour sa part «d'un appel au secours», expliquant que la «prison dans son cas n'est pas une réponse adaptée; je suis persuadée qu'il s'agit d'un appel au secours»

Elle reviendra sur «l'enfance chaotique du jeune homme, sa famille c'est la rue, sa vie c'est la rue. Il fait sa route tout seul mais a besoin de soins. Il préférerait être interné, soigné et recevoir une formation»

L'avocate ne sera pas entendue.

Le tribunal déclarait F.V coupable de deux incendies et le condamnait à un an de prison ferme assorti d'une mise à l'épreuve de 24 mois, obligation de soins, de suivi et de formation ainsi que 1.200€ de dommages et intérêts.

Dans la salle une jeune fille enceinte pleure. C'est la compagne de F.V.

Elle aussi vit dans la rue, seule, sans aucun soutien.

A l'heure actuelle une amie l'héberge. Pour combien de temps?

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auteur: NR | publié le: 12/01/2012 | 20:08 | Lu: 8525 fois