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Aéronautique: les entreprises de la métallurgie s'organisent pour former les salariés
07/03/2012 | 19:29
© MidiNews 2012
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Difficile à croire, quand on voir les chiffres du chômage en Ariège, que certains secteurs peinent à recruter. Il y a pourtant de nombreux métiers dits «en tension»

Et c’est cette réalité qui a poussé les entreprises de la métallurgie (issues de la sous-traitance aéronautique) à prendre le problème à bras le corps.

Face à la pénurie d’ouvriers qualifiés, dès 2007, la société Recaero (spécialisée dans la fabrication de pièces de rechange pour l’aéronautique) a crée son propre centre de formation.

La première formation «inter-entreprise

En ce moment (et c’est une première), l’entreprise ariégeoise forme aussi sur son site à Verniolle de futurs salariés pour d’autres sous-traitants aéronautiques du département.

Parmi eux, Maz’Air, Aubert et Duval, AEB ou encore CMA. La formation (financée par l’Adefim et Pôle Emploi) s’étend de février à mai, et concerne 28 personnes sur des métiers de «chaudronniers», «ajusteurs-monteurs» et «opérateurs machine à commande numérique» (7 d’entre eux resteront chez Recaero).

Un des avantages non négligeable pour les entreprises: le fait d’être sur de la qualité de la formation.

Un des formateurs Lionel Florence, est chaudronnier aéronautique depuis 25 ans. Même expérience pour Jean Domaignié, tourneur-fraiseur depuis 1969.

Et ce dernier décrit son métier comme «un travail de très haute précision. On travaille au centième près...»

Dépasser les stéréotypes autour de la métallurgie

«Pendant des années, on a dénigré ces métiers là, c’était un peu la voie de garage. Donc on trouve peu de diplômés» constate au quotidien Christelle Pobeau (DRH chez Recaero).

Pas question donc, de recruter les participants en fonction des diplômes ou du CV. C’est la méthode de recrutement par simulation qui a été utilisée, «en prenant compte les aptitudes et la motivation, on a aujourd’hui de très bons résultats»

Sur 93 personnes à la base, les 27 ont été sélectionnés de cette manière. Après la formation, ils suivront un stage d’une semaine, puis un contrat de professionnalisation d’un an.

Pâtisserie, commerce, restauration, gendarmerie...Ils viennent de tous les horizons et ont parfois du mettre au placard un certain nombre d’idées reçues.

Selon Christelle Pobeau, «on essaie d’expliquer qu’il ne s’agit pas de mines pleines de charbon noir! Les industries aujourd’hui sont des lieux de travail attrayants et agréables»

Pour Karim (un ancien commercial qui participe à la formation) «quand on dit métallurgie, on imagine de suite la forge, des métiers anciens. En fait, c’est très moderne, avec beaucoup de notions de calculs, de précision. Ca rend les choses beaucoup plus intéressantes»

Enfin, les besoins sont bien là et les entreprises recrutent.

Selon le syndicat de la métallurgie, on estime que dans les deux ans à venir, 9000 emplois pourraient être crées dans les secteurs liés à l’aéronautique en Midi-Pyrénées.

De quoi ouvrir de belles perspectives aux salariés formés dans ce domaine.

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auteur: Anne-Sophie Terral | publié le: 07/03/2012 | 19:29 | Lu: 11435 fois