Il y avait du monde jeudi matin au Parc des expositions de Saint-Girons et pas seulement sur le parking (voir notre article du 16/03/2012) pour cette nouvelle édition des «Rencontres Emploi-Formation en Couserans», la troisième en quatre années, celle de 2010 n’ayant pas eu lieu pour raisons techniques.
Initiée par la Maison Commune Emploi Formation (MCEF), cette action menée par Pôle Emploi se veut pour la MCEF, «un moyen de conforter sa logique de maillage du territoire (avec des opérations similaires menées à Foix et Pamiers), et vise à redynamiser les demandeurs d’emploi ou de formation sur l'ensemble du territoire départemental» explique Laurent Bonnefont.
2.400 demandeurs d’emploi en Couserans, disponibles immédiatement, des problématiques aiguës avec le chômage des jeunes et des séniors et l’élévation du nombre de chômeurs longue durée (supérieur ou égal à 2 ans), tel est le constat de départ.
Ces rencontres visent donc à mettre directement en contact employeurs et candidats (et supprimer ainsi tous les obstacles au recrutement comme celui du CV et de la lettre de motivation).
C’est donc un public jeune mais pas seulement «on aura vu beaucoup de séniors et de femmes» qui s’est pressé ce matin là pour proposer directement ses services aux employeurs présents.
«Ce genre d’opération est un vrai booster pour la collecte d’offres» précise Abdelaziz Saibi, directeur de l’antenne Pôle Emploi de Saint-Girons et du Couserans.
«Depuis l’annonce de cette action, nous avons doublé la collecte d’offres et sommes à près de 150 depuis le début de l’année.
Nous en avions totalisé 1.000 en 2011 pour le Couserans. Nous sommes bien partis. Il y a une vraie mobilisation des entreprises malgré un contexte difficile et de morosité dont on nous assène les oreilles.
Parallèlement nous croulons sous les réponses aux annonces que nous proposons. Il n’y a pas de refus de travailler»
30 entreprises (et institutions publiques et para-publiques) ont répondu physiquement présent à ces rencontres, bien d’autres ayant confié leurs offres aux services de Pôle Emploi pour en assurer la diffusion.
«Ces rencontres sont emblématiques des secteurs qui recrutent dans le Couserans, poursuit Abdelaziz Saibi.
Tous les secteurs sont représentés mais les plus gros pourvoyeurs d’emplois restent traditionnellement l’hôtellerie-restauration, le commerce, le sanitaire et social voire la grande distribution»
Les offres proposées sont aussi le reflet de la structure de l’emploi en Couserans.
1/3 d’entre elles concernent des offres en CDI, le reste, donc l’écrasante majorité, se répartit en CDD, CAE voire missions intérimaires.
Parallèlement, 10% des offres ne trouvent pas preneur, les entreprises ont du mal à recruter.
Un vrai décalage, «une situation très spécifique du Couserans», que tente d’expliquer Christine Pescayre, directrice territoriale sud de Pôle Emploi.
Car la seule inadéquation des profils n’explique pas tout.
Ainsi le Couserans dispose du seul Lycée Professionnel de l’Ariège dans l’hôtellerie-restauration et pourtant il manque de la main d’œuvre dans ce secteur.
Cette inadéquation s’appuie également selon elle sur la méconnaissance du territoire, «de son cadre de vie» qui souffre d’un manque d’attractivité, le problème de la mobilité géographique qu’accroissent des transports publics déficients: «on ne sait pas assez que tout un chacun peut emprunter les lignes de bus scolaires pour se déplacer» rappelle-t-elle.
«Les dispositifs de Pôle Emploi pour encourager la reprise d’un travail sont encore trop méconnus, plaide-t-elle, nous disposons d’enveloppes pour la prise en charge des frais de transport, d’hébergement de formation et même de gardes d’enfants»
La taille des entreprises, un tissu économique surtout composé de TPE/PME (on relève près de 70% d’auto entrepreneurs) explique aussi la faible croissance des offres d’emploi proposées; et pose aussi le problème de la transmission-reprise de ces entreprises.
Il n’y a pas de recettes miracle «on ne peut dupliquer d’un territoire à l’autre», citant par exemple les reconversions réussies en Pays d’Olmes, «c’est du cousu main»
Cependant des solutions innovantes voire expérimentales restent à imaginer et mettre en œuvre.
Des pistes sont à étudier comme la mise en relation de ces nombreux auto-entrepreneurs avec les chefs de TPE/PME qui approchent l’âge de la retraite.
Des initiatives qui pourraient être mises en place dans le cadre du PRR par exemple.
La méthode de recrutement par simulation en est une autre également qui consiste à identifier puis transférer des compétences acquises d’un poste vers un autre même si dans un métier totalement différent.
La GPEC est également évoquée. Conduite dans le cadre du SPEL et qui comme son nom l’indique doit améliorer à terme la gestion des emplois et compétences en s’efforçant d’adapter l’employabilité des personnes au niveau d’un bassin d’emploi en anticipant les besoins des entreprises et en mettant en place les parcours de formation initiale et continue les mieux adaptés pour y faire face.
La formation reste donc au cœur de la problématique de l’emploi.
Elle est l’un des facteurs clés qui doit permettre de faire coïncider localement les besoins des entreprises avec les capacités et compétences de la main d’œuvre locale susceptible d’y répondre.
A ce titre une dizaine d’organismes privés et publics de formation étaient présents dans l’enceinte du Parc des expositions.
A ce niveau le partenariat est indispensable. La Région et Pôle Emploi sont les deux plus gros financeurs au titre de la formation professionnelle.
«Nous avons une offre complémentaire qui s’efforce de répondre au mieux aux besoins des territoires» avance Christine Pescayre.
Pour l’heure, d’autres opérations sont dans les tuyaux de Pôle Emploi, la MCEF et leurs partenaires qui font du l'accession à l'emploi des jeunes et des séniors leur priorité pour 2011.
En Couserans, au-delà de 45 ans, les barrages sont nombreux. Un plan de mobilisation pour l’emploi des demandeurs d’emploi de très longue durée, soit supérieur à deux ans, dont plus de 60% concerne les plus de 50 ans, va être mise en place avec les consulaires et les unions professionnelles.
D‘ici avril grâce à une collaboration forte avec le Lycée professionnel Camel, une opération similaire à ces rencontres sera organisée pour mettre en relation directe les jeunes, futurs diplômés, avec les chefs d’entreprises.
Sur le front de l’emploi toutes les initiatives sont bonnes à prendre, car conclura Rolande Sassano, présente lors de ces rencontres: «en Couserans (comme ailleurs, ndlr), ces opérations sont pour les populations locales et dans l’intérêt des entreprises locales»
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