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Lacoste Mécanique investit pour l'avenir
19/04/2012 | 18:34
© MidiNews 2012

Hervé Lacoste, est un patron atypique…

Il lui arrive de passer un bleu de travail à 5h du matin et d’aller «bricoler» sur une machine.

Passionné par la mécanique depuis toujours, il a fait des études de chaudronnerie puis de mécanique qui le conduisent à la fin des années quatre-vingt dix à commencer une activité de sous-traitance sur des pièces d’entretien avec un tour conventionnel dans son garage à Verniolle.

Puis il saisit l’opportunité de louer pendant deux ans un petit atelier relais mis à disposition par la ville de Pamiers avant de se lancer en l’an 2000 dans la construction de son local en ZI de Pic (d’abord 300 puis 1100m²).

«J’ai commencé seul et aujourd’hui nous sommes quinze personnes, à raison d’un salarié par an»

Spécialisé en travaux d’usinage et de traitement thermique, essentiellement pour Aubert&Duval mais également pour Maestria, Préfabay ou la SETI, cette entreprise ariégeoise s’est taillée une belle réputation dans l’univers des sous-traitants aéronautiques: savoir-faire, sérieux, service sur mesure et compétences humaines cultivées grâce aux formations dispensées en interne.

Les salariés sont capables de «pianoter sur toute la gamme»: réaliser les réglages les plus pointus sur des tours conventionnels, travailler sur des prélèvements d’essai, piloter les commandes numériques des aléseuses ou des tours numériques.

Les superalliages (nickel et cobalt essentiellement) utilisés pour leur résistance à haute température et pour leurs propriétés spécifiques, produisent des copeaux qui sont récupérés par les donneurs d’ordre: «nous devons restituer 100% des copeaux qui sont ensuite reconditionnés par nos clients» indique Hervé Lacoste.

Les pièces qui sortent des ateliers sont souvent des pièces dites de structure c'est-à-dire des attaches de réacteurs pour la gamme Airbus 320, 340, 350 ou 380: «la préparation se fait ici, elles repartent ensuite chez le client»

Des pièces contraintes, avec un cahier des charges pointu, un process préétabli et figé… à chaque fois un challenge pour cette équipe, habituée à mettre la barre toujours plus haut.

Les impératifs de compétitivité demandent de produire les pièces avec des performances accrues de productivité et de qualité.

Dans ce but, toutes les améliorations potentielles des procédés d’usinage conventionnels et non conventionnels doivent être considérées et évaluées par le cabinet d’étude installé dans les bureaux de la société appaméenne.

«Nous essayons d’être réactifs et autonomes: quand une machine casse il faut , autant faire ce peut, être capable de réparer. Et quand un problème d’usinage se pose, il faut être en mesure de le solutionner»

Actuellement en démarche certification ISO 9100, l’entreprise vient de faire entrer une aléseuse-fraiseuse dernière génération (5 axes avec système d’arrosage haute pression, un «joujou» à 500 000 euros) pour traiter des pièces de grosse capacité, faire des forages très profonds dans des pièces toujours plus résistantes.

Des investissements pour l’avenir qui permettront de pérenniser cette activité et le savoir-faire de cette entreprise familiale… le seul souhait d’Hervé Lacoste, un patron qui a su rester humble.


Conjoncture

Avec 2200 salariés, une vingtaine d’entreprises, 800 millions de chiffre d’affaires en 2009, la sous-traitance aéronautique et spatiale est devenue au fil des ans le premier secteur industriel du département.

Aujourd’hui l’Ariège contribue à 8% de l’aéronautique de Midi-Pyrénées.

Historiquement l’activité s’est structurée en 2000 autour d’Air Forge et de la presse de 40 000 tonnes d’Aubert&Duval.

L’entreprise produit des structures aéronautiques et des moteurs d’avions en relation directe avec l’Aerospace Valley et ses prestigieuses figures de proues: Airbus, Dassault, ATR ou le canadien Bombardier.

Une récente étude a placé la région Midi-Pyrénées dans le trio de tête des régions les plus créatrices d’emplois.

Une performance due en grande partie à l’industrie aéronautique qui a elle seule comptabilise pour l’ensemble de la filière la création de plus de 5000 emplois nets entre 2009 et 2011, en y incluant la sous-traitance et les bureaux d’ingénierie.
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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 19/04/2012 | 18:34 | Lu: 11300 fois