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La collecte des déchets à cheval, une expérience qui ne demande qu'à être confirmée
02/08/2013 | 17:56
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développement durable L'Hippomobile développée par le Sictom pour la collecte des cartons, «c'est pas du folklore»!L'Hippomobile développée par le Sictom pour la collecte des cartons, «c'est pas du folklore»!

Jusqu’au 17 août encore, le ramassage des cartons dans le centre-ville de Saint-Girons se fera au moyen d’une remorque spécialement adaptée, tractée par un cheval, de race Castillonnaise.

Une expérimentation de collecte hippomobile, telle qu’elle se pratique dans soixante autres villes françaises, pratiquée grandeur nature sur la commune de Saint-Girons.

Depuis le mois de juillet, Véronique, Fabrice et Oyez (sans oublier son comparse équidé) effectuent la tournée de ramassage des cartons, en provenance essentiellement des commerçants, par ce mode.

Le Syndicat mixte du Parc naturel régional des Pyrénées Ariégeoises, en partenariat avec le SICTOM du Couserans, la ville de Saint-Girons et l’Association Nationale du Cheval Castillonnais d’Ariège Pyrénées, tous associés sur cette opération largement soutenue voire encouragée par l’Ademe, organisait récemment un point étape sur cette collecte à cheval.

«Extraordinaire, fabuleux…» parmi les premiers retours rapportés
«C’est une démarche qui ne demande qu’à être confirmée par les élus» présente André Rouch, président du PNR, qui a confié à Amandine le soin d’en étudier la faisabilité (à tous points de vue) lors du stage qu’elle effectue.

S’il rappelle que cela reste une expérimentation, Raymond Coumes président du Sictom du Couserans déjà fermement engagé dans des démarches de tri sélectif et de développement durable, constate: «sur un mois, on voit que ça se passe bien, non seulement le tonnage des cartons collectés augmente, mais en plus cela s’accompagne de plus de civisme, les cartons sont mieux triés, il y a moins de cartons sur les trottoirs. Il y a davantage de coopération des commerçants et des autres utilisateurs du service»

Même son de cloche à la mairie de Saint-Girons où Gérald Rovira qui a suivi quelques tournées rapporte les commentaires entendus: «extraordinaire, fabuleux… les retours sont très bons» complète-t-il, faisant état lui aussi de cartons mieux sélectionnées et triés, rangés proprement.

«On a quasiment réglé le problème des cartons non réutilisables» constate-t-il, tout en qualifiant de positive «une collecte qui se situe entre 200 et 300 kg par jour»

Véronique, la ripeuse du Sictom affectée à cette tâche, relève la même satisfaction générale: «il y a très peu de râleurs»

L’hippomobile, une solution alternative crédible appelée à s’étendre?
Avec Saint-Girons, seule commune à être passée directement en phase de test sur le terrain, 3 autres communes ont souhaité expérimenter ce dispositif: Campagne-sur-Arize, Sabarat, et Saint-Lizier.

De fait, précise Julien Viaud du SMPNR, «chaque cas est particulier et doit s’étudier finement»

Ainsi, les communes situées sur le Smectom, réfléchissent à une collecte des emballages par ce moyen, tandis que sur Saint-Lizier ce mode de collecte semble plus approprié pour les sacs noirs, ceux des ordures ménagères classiques et essentiellement dans le centre-bourg.

D’autres communes s’intéressent au système, comme Lorp-Sentaraille et Castillon en Couserans, pour les ordures ménagères. Saint-Girons y songe également pour la collecte des déchets verts du centre-ville.

Si cette expérimentation poursuit le double objectif de concourir à préserver une race de cheval local, tout en apportant un service sans contraintes ni consignes supplémentaires, réversible à 100% au profit du camion benne, «ce n’est pas du folklore, affirment les techniciennes du Sictom et du Conseil général.

Cette forme de collecte exige une approche technique complexe qui sera également jugée à l’aune de son coût pour la collectivité… tout en respectant d’évidentes questions de sécurité comme de droit du travail. Ça reste un service de collecte professionnel et moderne»

Cette expérimentation sur l’été doit permettre aux décideurs locaux d’avoir une bonne vision de la faisabilité et du coût de ce type de ramassage.

Avec à terme pour les communes partenaires qui le souhaitent la possibilité de décider de prolonger voire pérenniser cette collecte toute l’année et d’étendre le dispositif à d’autres.

«A Vendargues (petit village de l’Hérault NDLR), ils font tout à cheval, ils amènent même les enfants à l’école» plaisante André Rouch, indiquant la voie à suivre.

Pour Oyez, vaillant représentant d’une race locale dont il ne reste que 467 spécimens dans toute la France, la cause est entendue… il confirme qu’il est prêt à repartir, dès septembre.

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auteur: Sylvain Sastre | publié le: 02/08/2013 | 17:56 | Lu: 3940 fois