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Face aux menaces de suppressions de postes chez Airbus la CGT de l'Ariège agite le chiffon rouge

© midinews 2014

«L’aéronautique est l’un des seuls secteurs qui tire son épingle du jeu si on la met en parallèle avec le textile, le papier-carton ou la chimie, qui périclitent», admet Christophe Couderc, secrétaire départemental du syndicat CGT.

Pourtant, entourés de représentants syndicaux des unités ariégeoises et de Philippe Martinez, secrétaire général de la fédération de la métallurgie, l’ambiance est à la désolation voire à l’incompréhension face aux récentes décisions concernant l’avionneur européen.

«EADS a annoncé son intention de procéder à une vaste restructuration qui va impacter l’ingénierie et le réseau de sous-traitant, évoque Philippe Martinez. Ce sont au total 5800 postes qui sont menacés, décision qui touche directement la branche aviation civile d’Airbus»

Ce sont les logiques des décideurs que réfutent les syndicalistes «On demande à Airbus, essentiellement pour faire plaisir aux actionnaires, de doubler son taux de marge, d’environ 6% à 11%, sa rentabilité, afin qu’il soit comparable à ceux des banques et du secteur financier»

Un objectif qui se traduit très concrètement par des suppressions de postes tandis que les carnets de commande sont pleins. Et une situation qui provoque «beaucoup d’inquiétudes surtout parmi les entreprises du territoire ariégeois qui gravitent autour de l’aéronautique. Alors on souhaite alerter,» poursuit Philippe Martinez.

«On veut d’autres relations entre donneurs d’ordre et sous-traitants. On a neuf années quasiment de carnets de commande et on nous gère par la peur au lieu de tisser un rapport de confiance», dénonce Xavier Petrachi délégué syndical CGT à la centrale Airbus.Un comité stratégique contestéMi-décembre s’est tenu le dernier comité stratégique du groupe dont le DRH aurait, selon Xavier Petrachi, confirmé la suppression de 3.000 postes dans les trois ans chez Airbus aviation civile.

C’est une pause dans les investissements et dans les embauches qui a été décidée à la tête de l’avionneur «pour satisfaire l’objectif de rentabilité fixé alors que depuis 10 ans nous avons fait des efforts de productivité énormes, on a doublé les livraisons»

Une situation que dénoncent les uns après les autres les syndicalistes. «Il faut aller vers de nouveaux projets, réfléchir aux avions du futur. On se bat pour faire sortir des tiroirs des projets nouveaux, comme celui de l’ATR 90. Il faut innover alors qu’on nous propose une absence de nouveaux programmes pour les vingt années à venir»Une industrie sans projet est une industrie sans avenirTandis qu’en Midi-Pyrénées 80% de l’industrie est tournée vers l’aéronautique, «les nombreux sous-traitants ariègeois s’inquiètent»

Les représentants syndicaux des unités ariégeoises, Aubert et Duval, Maz’Air (qui appartient désormais à Gardner Group) ou encore Recaéro souhaitent eux aussi faire entendre leurs voix et s’opposer «à ce jeu de restructuration qui impacte les sous-traitants et auquel l’Ariège n’échappe pas»

«On va se battre pour éviter des suppressions de postes sans raisons», affirme Sébastien Pollaer, (représentant CGT chez Aubert et Duval), tandis que l’accord de compétitivité signé dans le cadre de l’ANI est vécu comme un «plan social larvé»

Même craintes exprimées par son homologue Denis Peter, délégué syndical CGT chez Maz’Air qui évoque «les difficultés financières, l’arrêt des recrutements d’intérimaires. On vit au jour le jour et on se méfie d’une restructuration larvée On restera vigilant sur le maintien de l’emploi»

Une vigilance que reprend en conclusion Christophe Couderc, «On reste vigilant à la CGT comme à l’interprofessionnelle, sur l’emploi. Un combat que l’on mène depuis des années»

Sylvain Sastre | 20/01/2014 - 18:55 | Lu: 14518 fois