Les interrogations du monde économique ariégeois face au pacte de responsabilité

Il l’avait annoncé lors de sa dernière conférence de presse.
Cette fois face au monde économique, François Hollande a formulé le vœu de voir le pacte de responsabilité qu’il lui propose de conclure d’ici le printemps prochain.
Ce pacte de responsabilité se veut un engagement de l’Etat envers une baisse, massive de charges, en vue notamment de réduire le coût du travail et redonner toute sa compétitivité à l’économie française afin de soutenir l’emploi.
Objectif affiché par le président, un allégement des charges d’environ trente milliards qui devrait s’échelonner d’ici 2017. Si l’on tient compte que le CICE (crédit d'impôt compétitivité emploi) doté de 20 milliards d’aides doit être englobé dans cette somme reste donc 10 milliards supplémentaires que souhaite consacrer l’état à cet allègement de charges, tandis que la fin des cotisations familiales pesant sur les entreprises a également été annoncée.
Il a même été avancé que des baisses de prélèvements pourraient être amorcées dès 2015. Toutefois si on attendait plus de détails sur les modalités pratiques un certain flou demeure, le président confiant la charge à son premier ministre de lancer des discussions dès la semaine prochaine.
Pour autant, parallèlement à ces mesures en faveur des entreprises, des contreparties «claires, précises, mesurables» sont demandées aux entreprises, sans toutefois que soient avancés de chiffres. Trois sont mises en avant: la création d'emplois prioritairement chez les seniors et les jeunes, la qualité des emplois (adossés à des formations etc.) et l’assurance d’investissements sur le territoire français voire des relocalisations.
Alors que déjà syndicats et patronat s’empoignent sur cette notion de chiffres, il a paru intéressant d’interroger les représentants du monde économique ariégeois.Nous demandons du concretA l’UPAP, tout d’abord. Une réunion vendredi prochain entre les DG des délégations nationales doit fixer la ligne de conduite, calée sur les positions du MEDEF.
Toutefois, citant le récent conventionnement entre l’organisation patronale ariégeoise, la Direccte et Pôle emploi ainsi que les principales OPCA concernées, dans le cadre d’Aerospace Vallée, la direction de l’UPAP insiste «ça c’est du concret. Cette action bénéficiant d’un budget total de 800 K€ va permettre de recruter et de former pendant 16 mois une soixantaine de personnes aux profils très différents qui seront ensuite assurées de trouver un emploi dans le secteur de l’aéronautique et plus largement de la métallurgie»
Un conventionnement pris pour illustrer cette considération «il faut partir des besoins concrets, appliqués au terrain, des entreprises locales» Derrière ce qui est considéré comme «des effets d’annonces avec des chiffres jetés en l’air comme ça», l’UPAP préfère pour l’immédiat se retrancher derrière ce partenariat tangible qui permet «de partir du concret, des besoins des entreprises et d’être créatrice d’emplois»
Ce sont également ces mêmes effets d’annonce qui sont soulignés à la Chambre de Commerce et d’Industrie de l’Ariège, où Paul-Louis Maurat, par ailleurs président de la CGPME, constate «on ne connaît pas les détails de ce pacte» mais s’interroge encore «devant la situation financière difficile du pays sur le niveau d’une hypothétique baisse des charges, qui reste pourtant indispensable»
Si un point positif devait être d’abord retenu selon le président «c’est qu’à chaque niveau territorial, on a compris conscience que l’économie est un fer de lance et passe obligatoirement par les chefs d’entreprises» Pour le reste, fidèle à son franc-parler, Paul-Louis Maurat s’insurge «nous ne sommes pas des gosses, on nous parle de responsabilité, mais tous les chefs d’entreprises ne sont pas des nantis.
Tous ceux qui ont investi et pris des risques pour créer leur entreprise de taille plus ou moins importante, ceux qui se lèvent le matin savent parfaitement où sont leurs responsabilités et qu’ils doivent dégager du chiffre d’affaires pour développer leur activité, payer leurs salariés et faire face aux charges. Qu’on nous baisse les charges et alors bien entendu que si les carnets de commande s’améliorent on investira et on créera des emplois automatiquement»
Pour lui désormais c’est aussi à l’Etat qui décide, «de trancher et de prendre ses responsabilités»
A l’image de la première réaction de l’UPAP, du côté de la chambre de commerce comme des petites et moyennes entreprises «on attend du concret, conclut-il, ça reste des effets d’annonce, je n’y crois pour l’instant qu’à moitié»
Peut-être en saurons-nous davantage sur les répercussions positives notamment en termes d’emplois, à l’issue de la première grande concertation que doit lancer sur ce thème Jean-Marc Ayrault.
Pour l’instant l’Ariège comme le pays entier, fait le dos rond et attend de voir quelle tournure va prendre la trajectoire souhaitée par le président.
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