Le PNR passé au crible des retombées économiques qu'il engendre
Stéphane Caprice est docteur en économie.
Résident à Foix ce chercheur pour le compte de l’INRA a mené durant près d’un an une mission portant sur les retombées des actions à caractère économique menées par le Parc Naturel Régional. Des travaux encore en cours qui ont fait l’objet d’une récente présentation lors des dernières rencontres scientifiques organisées par le Parc.
S’étant intéressé dans le cadre de ses recherches au secteur de la grande distribution alimentaire et plus particulièrement ses relations avec les fournisseurs, il a jeté son dévolu sur la démarche de marque Parc qui «s’avère particulièrement intéressante» dans la mesure où elle s’appuie essentiellement sur le développement des circuits courts.
A partir de données issues du dernier recensement agricole, ses travaux l’amènent ainsi à de premières remarques «lorsqu’on se positionne sur les circuits courts les données indiquent qu’on est plus créateur d’emplois en local que dans le cadre d’une filière longue, avec de multiples intermédiaires»
Ramené en équivalent temps plein, il ressort qu’une exploitation en circuit court crée trois fois plus d’emplois qu’une exploitation traditionnelle. «Il y a donc bien un impact réel sur le territoire induit par la marque Parc»
La démarche de marque parc présente aussi l’intérêt «d’être une démarche de certification participative qui associe outre les représentants du Parc un certain nombre d’acteurs tiers, autour des producteurs»
Outre la dynamique de réseau qui se structure elle rassemble «un ensemble de produits, miel, confiture, boissons etc., sous une marque ombrelle. Le consommateur identifie plus facilement cette marque qui lui propose un panier de biens et produits locaux dans lesquels il peut avoir confiance. Par ailleurs cette marque ombrelle limite ses temps et coûts de recherche»
Un impact marketing non négligeable censé faciliter l’acte d’achat et la reconnaissance de la part du consommateur auquel «une centaine de producteurs y compris désormais des prestataires de services comme les hébergements et accompagnateurs de montagne bénéficie, autre signe de l’attrait de cette marque»
Un indicateur significatif, la marque étant encore jeune, environ trois ans, pour «avoir le recul suffisant pour en mesurer toutes les retombées économiques. Cependant, l’emploi en local au travers du développement des circuits courts ainsi que la structuration autour de la marque Parc sont deux idées forces à retenir»Outre la marque Parc, c’est aussi l’effet de levier généré par les actions sectorielles du parcLe chercheur s’est aussi appuyé sur les politiques soutenues par le PNR des Pyrénées ariégeoises sur la période récente pour mesurer les retombées induites sur le territoire, voire au-delà.
Ainsi, le balayage des actions soutenues entre 2007-2012 en matière de petit patrimoine bâti non protégé, de restauration de toitures en ardoises et lauzes traditionnelles ou encore de résorption des points noirs paysagers, illustre le propos du chercheur.
«Globalement, si on compare le montant des subventions octroyées au montant des travaux engagés on obtient un effet démultiplicateur de 2,3 ce qui correspond environ à la création de 3,4 ETP (équivalent temps plein) annuel donc une quinzaine d’emplois sur l’ensemble de la période. L’idée ici est de démontrer, affine Stéphane Caprice, que l’ensemble ne repose pas uniquement sur des subventions mais qu’à la sortie on obtient un volume d’activité supérieur. Un effet de levier engendré par cette impulsion à l’effet démultiplicateur avéré, qui bénéficie au territoire»
Au-delà de cet aspect emploi, «c’est aussi dans le cas de l’exemple des toitures un savoir-faire quasiment en voie de disparition qui revit chez les entreprises et une trentaine de personnes qui maitrise désormais ce savoir-faire», respectueux qui plus est d’une réelle intégration paysagère.
«Il n’est pas sûr, poursuit le chercheur, que ces actions auraient été lancées sans le soutien du PNR, et du coup les retombées notamment en termes d’emplois n’auraient pas été les mêmes»
Pour Stéphane Caprice, ces données d’études méritent bien sûr d’être affinées avec le temps. D’ores et déjà elles permettent «de mesurer au moins à un instant «t» les retombées induites»
Elles sont aussi des outils d’aide à la décision pour les élus et techniciens de la structure Parc qui oriente le pilotage des missions de ce dernier pour optimiser encore les retombées de ses actions en termes d’activités économiques et de création d’emploi. Enfin, généralement «ce sont des démarches qui associent et impliquent une multitude d’acteurs autour du Parc. Un processus de concertation plus large s’enclenche que s’il émanait d’une structure publique unique de type conseil régional ou général»
Cette démonstration reste parcellaire et n’englobe pas toutes les missions portées par le Parc, comme il peut manquer le recul suffisant pour en mesurer plus finement encore toutes les retombées sur le territoire.
Elle contribue toutefois à battre en brèche l’idée de «parc réserve» et démontre aussi que les retombées générées par l’action du parc ne se mesure pas seulement en termes de préservation des patrimoines bâti et paysager, mais aussi en termes d’activités, donc d’emplois, induits.
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